Le catalogue des livres 2019, 2020, 2021

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Ouvrages 2021

A rude épreuve / La saga des Cazalet (Volume 2) de Elizabeth Jane Howard

Roman 2020 traduit de l’anglais – 571 pages

Septembre 1939. La famille Cazalet, réunie à Home Place, apprend l’entrée en guerre de l’Angleterre à la suite de l’invasion de la Pologne. On ferme les demeures londoniennes les unes après les autres pour se mettre à l’abri dans le Sussex, où les préoccupations de chacun – parent, enfant ou domestique – sont régulièrement interrompues par les raids allemands. Polly, dont les parents s’enfoncent dans un insupportable mutisme, se tourne vers les discours pacifistes de Christopher et l’oreille attentive de Miss Milliment. Clary, sa meilleure amie, renseigne chaque parcelle de sa vie dans des carnets et élabore mille scénarios pour expliquer le silence de son père Rupert, porté disparu sur les côtes françaises. Serait-il devenu espion aux côtés du général de Gaulle ? Zoë, sa femme, vient de donner naissance à Juliet, qui ne connaîtra peut-être jamais son père. Fascinées, les deux adolescentes observent aussi leur cousine Louise : à dix-huit ans, alors qu’elle fait ses débuts dans un sinistre théâtre de province, elle fume et porte des pantalons, au grand dam de sa famille.
Deuxième tome de la saga des Cazalet, À rude épreuve reprend le fil de l’existence de personnages dont Elizabeth Jane Howard continue d’explorer les secrets les plus enfouis, alors que l’Angleterre subit de plein fouet le conflit mondial tant redouté.

Confusion / La saga des Cazalet (Volume 3) de Elizabeth Jane Howard

Roman 2021 traduit de l’anglais – 480 pages

Mars 1942. Polly et Clary, les deux cousines encore enfants dans Étés anglais et qui, adolescentes, avaient la part belle dans À rude épreuve, ont aujourd’hui dix-sept ans et n’aspirent qu’à une chose : échapper à l’étau familial en quittant Home Place pour Londres.
Polly est encore sous le choc du décès de sa mère, Sybil, qui a succombé au cancer qui la rongeait. Clary, dont le père Rupert n’a plus donné signe de vie depuis le mot apporté par un soldat français, est sur le point de perdre espoir. Au chagrin des deux héroïnes s’ajoute la frustration face au silence borné du clan Cazalet : les adultes se refusent à parler des choses graves, et continuent de les considérer comme des enfants.
À quel modèle les deux jeunes filles peuvent-elles bien s’identifier ? Leur cousine Louise abandonne sa carrière d’actrice pour devenir mère de famille. Leur tante Rachel est à ce point dévouée à ses parents qu’elle laisse s’éloigner sa précieuse amie Sid. Et pendant que Zoë, la belle-mère de Clary, s’éprend d’un Américain, les infidélités d’Oncle Edward à l’égard de Tante Villy menacent de tout faire voler en éclats.
Malgré les sirènes et les bombardements, Londres est toujours plus attirante que Home Place, où règnent un froid glacial et une atmosphère de plomb.

S’adapter de Clara Dupont-Monod

Roman 2021 – 200 pages

C’est l’histoire d’un enfant aux yeux noirs qui flottent, et s’échappent dans le vague, un enfant toujours allongé, aux joues douces et rebondies, aux jambes translucides et veinées de bleu, au filet de voix haut, aux pieds recourbés et au palais creux, un bébé éternel, un enfant inadapté qui trace une frontière invisible entre sa famille et les autres. C’est l’histoire de sa place dans la maison cévenole où il naît, au milieu de la nature puissante et des montagnes protectrices ; de sa place dans la fratrie et dans les enfances bouleversées. Celle de l’aîné qui fusionne avec l’enfant, qui, joue contre joue, attentionné et presque siamois, s’y attache, s’y abandonne et s’y perd. Celle de la cadette, en qui s’implante le dégoût et la colère, le rejet de l’enfant qui aspire la joie de ses parents et l’énergie de l’aîné. Celle du petit dernier qui vit dans l’ombre des fantômes familiaux tout en portant la renaissance d’un présent hors de la mémoire.
Comme dans un conte, les pierres de la cour témoignent. Comme dans les contes, la force vient des enfants, de l’amour fou de l’aîné qui protège, de la cadette révoltée qui rejettera le chagrin pour sauver la famille à la dérive. Du dernier qui saura réconcilier les histoires.
La naissance d’un enfant handicapé racontée par sa fratrie.
Un livre magnifique et lumineux.

Le tourbillon de la vie de Aurélie Valognes

Roman 2021 – 283 pages

Le temps d’un été, Arthur et son petit-fils rattrapent les années perdues. Plus de 60 ans les séparent, mais ensemble ils vont partager les souvenirs de l’un et les rêves de l’autre. Le bonheur serait total si Arthur ne portait pas un lourd secret.
Un roman sur le temps qui passe, la transmission et les plaisirs simples qui font le sel de la vie.
Entre émotion, rire et nostalgie, Aurélie Valognes nous touche en plein cœur.

Les possibles de Virginie Grimaldi

Roman 2021 – 373 pages

Juliane n’aime pas les surprises. Quand son père fantasque vient s’installer chez elle, à la suite de l’incendie de sa maison, son quotidien parfaitement huilé connaît quelques turbulences.
Jean dépense sa retraite au téléachat, écoute du hard rock à fond, tapisse les murs de posters d’indiens, égare ses affaires, cherche son chemin.
Juliane veut croire que l’originalité de Jean s’est épanouie avec l’âge, mais elle doit se rendre à l’évidence : il déraille.
Face aux lendemains qui s’évaporent, elle va apprendre à découvrir l’homme sous le costume de père, ses valeurs, ses failles, et surtout ses rêves.
Tant que la partie n’est pas finie, il est encore l’heure de tous les possibles.
Avec un humour jubilatoire et une infinie tendresse, Virginie Grimaldi nous conte une magnifique histoire de transmission et de résilience.

L’éternel fiancé de Agnès Desarthe

Roman 2021 – 249 pages

À quoi ressemble une vie ?
Pour la narratrice, à une déclaration d’amour entre deux enfants de quatre ans, pendant un concert de Noël.
Ou à leur rencontre en plein hiver, trente ans plus tard, dans une rue de Paris.
On pourrait aussi évoquer un rock’n’roll acrobatique, la mort d’une mère, une exposition d’art contemporain, un mariage pour rire, une journée d’été à la campagne ou la vie secrète d’un gigolo. Ces scènes – et bien d’autres encore – sont les images où viennent s’inscrire les moments d’une existence qui, sans eux, serait irrévocablement vouée à l’oubli.
Car tout ce qui n’est pas écrit disparaît.
Conjurer l’oubli : tel nous apparaît l’un des sens de ce roman animé d’une extraordinaire vitalité, alternant chutes et rebonds, effondrements et triomphes, mélancolie et exaltation.
Œuvre majeure d’une romancière passionnée par l’invention des formes, L’Éternel Fiancé confirme son exceptionnel talent : celui d’une auteure qui a juré de nous émerveiller – et de nous inquiéter – en proposant à notre regard un monde en perpétuel désaccord.

Le bureau des affaires occultes de Eric Fouassier

Roman 2021 – 360 pages

Automne 1830, dans un Paris fiévreux encore sous le choc des Journées révolutionnaires de juillet, le gouvernement de Louis-Philippe, nouveau roi des Français, tente de juguler une opposition divisée mais virulente.
Valentin Verne, jeune inspecteur du service des moeurs, est muté à la brigade de Sûreté fondée quelques années plus tôt par le fameux Vidocq. Il doit élucider une série de morts étranges susceptible de déstabiliser le régime.
Car la science qui progresse, mêlée à l’ésotérisme alors en vogue, inspire un nouveau type de criminalité. Féru de chimie et de médecine, cultivant un goût pour le mystérieux et l’irrationnel, Valentin Verne sait en décrypter les codes. Nommé par le préfet à la tête du « bureau des affaires occultes », un service spécial chargé de traquer ces malfaiteurs modernes, il va donner la preuve de ses extraordinaires compétences.
Mais qui est vraiment ce policier solitaire, obsédé par la traque d’un criminel insaisissable connu sous le seul surnom du Vicaire ?
Qui se cache derrière ce visage angélique où perce parfois une férocité déroutante ?
Qui est le chasseur, qui est le gibier ?
Dans la lignée des grands détectives de l’Histoire, de Vidocq à Lecoq en passant par Nicolas le Floch, un nouveau héros est né : Valentin Verne.

Disparues de S.J. Watson

Roman 2021 traduit de l’anglais – 443 pages

Traumatisée par son passé, Alex Young souffre d’amnésie partielle. Pour mieux se reconstruire, elle se consacre corps et âme à sa nouvelle vie de réalisatrice. Après un documentaire sur les prostituées d’Amsterdam, elle est de retour en Angleterre avec un nouveau projet : montrer la vie quotidienne d’une petite ville durement frappée par la crise. Blackwood Bay, où elle a vécu quand elle était jeune, semble l’endroit idéal.
Hier cité touristique florissante de bord de mer, c’est aujourd’hui une ville fantôme, hantée par la disparition d’une adolescente dix ans plus tôt. Alors qu’elle essaye d’en savoir plus sur cette étrange histoire, Alex va se heurter à un mur de secrets et de non-dits. Elle va devoir raviver la mémoire collective, tout autant que ses souvenirs enfouis, pour enfin lever le voile sur une vérité qui laissera le lecteur sans voix.
Après Avant d’aller dormir et Une autre vie, S. J. Watson nous entraîne une nouvelle fois dans un formidable puzzle prenant pour sujet la mémoire de son héroïne. Déjouant toutes les attentes, il nous surprend sans cesse et nous captive jusqu’à la dernière page. Plus qu’un thriller, un véritable piège pour son lecteur.

Feu de Maria Pourchet

Roman 2021 – 357 pages

Laure, prof d’université, est mariée, mère de deux filles et propriétaire d’un pavillon. À 40 ans, elle a parfois l’impression d’être la somme, non pas de ses désirs, mais de l’effort et du compromis.
Clément, célibataire, 50 ans, s’ennuie dans la finance et dans un bureau vitré, lassé de la vue qu’il offre autant que de YouPorn. Laure envie, quand elle devrait s’en inquiéter, l’incandescence et la rage militante qui habitent sa fille aînée, Véra.
Clément n’envie personne, sinon son chien.
De la vie, elle attend la surprise. Il attend qu’elle finisse. Ils vont être l’un pour l’autre un choc nécessaire.
Saisis par la passion et ses menaces, ils tentent de se débarrasser l’un de l’autre en assouvissant le désir… Convaincus qu’il se dompte.
Dans une langue nerveuse et acérée, Maria Pourchet nous offre un roman vif, puissant et drôle sur l’amour, cette affaire effroyablement plus sérieuse et plus dangereuse qu’on ne le croit.

Les soeurs de Montmorts de Jérôme Loubry

Roman 2021 – 424 pages

Novembre 2021. Julien Perrault vient d’être nommé chef de la police de Montmorts, village isolé desservi par une unique route. Alors qu’il s’imaginait atterrir au bout du monde, il découvre un endroit cossu, aux rues d’une propreté immaculée, et équipé d’un système de surveillance dernier cri. Mais quelque chose détonne dans cette atmosphère trop calme. Est-ce la silhouette menaçante de la montagne des Morts qui surplombe le village ? Les voix et les superstitions qui hantent les habitants ? Les décès violents qui jalonnent l’histoire des lieux ?
Dans la lignée des Refuges, un thriller stupéfiant à la construction aussi originale qu’habile, qui vous fera douter de vos certitudes à chaque page. Un nouveau coup de maître !

La danse de l’eau de Ra-Nehisi Coates

Roman 2021 traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 477 pages

Le jeune Hiram Walker est né dans les fers. Le jour où sa mère a été vendue, Hiram s’est vu voler les souvenirs qu’il avait d’elle. Tout ce qui lui est resté, c’est un pouvoir mystérieux que sa mère lui a laissé en héritage. Des années plus tard, quand Hiram manque se noyer dans une rivière, c’est ce même pouvoir qui lui sauve la vie. Après avoir frôlé la mort, il décide de s’enfuir, loin du seul monde qu’il ait jamais connu.
Ainsi débute un périple plein de surprises, qui va entraîner Hiram de la splendeur décadente des fières plantations de Virginie aux bastions d’une guérilla acharnée au coeur des grands espaces américains, du cercueil esclavagiste du Sud profond aux mouvements dangereusement idéalistes du Nord. Alors même qu’il s’enrôle dans la guerre clandestine qui oppose les maîtres aux esclaves, Hiram demeure plus que jamais déterminé à sauver la famille qu’il a laissée derrière lui.
Dans son premier roman, Ta-Nehisi Coates livre un récit profondément habité, plein de fougue et d’exaltation, qui rend leur humanité à tous ceux dont l’existence fut confisquée, les familles brisées, et qui trouvèrent le courage de conquérir leur liberté.

Les samaritains du bayou de Lisa Sandlin

Roman policier 2021 traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 333 pages

Puisant dans l’atmosphère envoûtante du Vieux Sud, Usa Sandlin tisse un premier roman noir tendu, poétique, habité de personnages aussi complexes qu’émouvants. Une pépite récompensée par le Dashiell Hammett Prize et le Shamus Award, les plus hautes distinctions de la littérature à suspense américaine.
Après quatorze ans passés derrière les barreaux pour avoir mis en pièces l’un de ses deux violeurs, Delpha Wade retrouve enfin le chemin de la liberté. Mais rien ni personne n’attend une ex-taularde, a fortiori en 1973, dans une petite ville du fin fond du Texas.
Le bureau du privé Tom Phelan, un Cajun débonnaire en reconversion professionnelle, est un point de chute inespéré pour Delpha. Avec sa discrétion et son sérieux, la jeune femme devient vite une secrétaire indispensable au détective néophyte. Ensemble, ils parcourent le bayou pour traquer les fugueurs, les menteurs, les maris infidèles, réparer les âmes cabossées, soigner les laissés-pour-compte. Un duo de choc, détonnant et pourtant complémentaire.
Mais sous la carapace, un feu gronde en Delpha, le besoin dévorant de se venger de son second violeur qui court toujours. Un homme dont elle est convaincue qu’il est là, tout proche. Et qu’il la guette…

Le serpent majuscule de Pierre Lemaitre

Roman 2021 –   329 pages

« Avec Mathilde, jamais une balle plus haute que l’autre, du travail propre et sans bavures. Ce soir est une exception. Une fantaisie. Elle aurait pu agir de plus loin, faire moins de dégâts, et ne tirer qu’une seule balle, bien sûr. »
Dans ce réjouissant Jeu de massacre où l’on tue tous les affreux, Pierre Lemaitre joue en virtuose de sa plume caustique. Avec cette oeuvre de jeunesse inédite, il fait cadeau à ses lecteurs d’un roman noir et subversif qui marque ses adieux au genre. Dialogues cinglants, portraits saisissants, scénario impitoyable : du pur Pierre Lemaitre.

Climax de Thomas B. Reverdy

Roman 2021 – 333 pages

C’est une sorte de village de pêcheurs aux maisons d’un étage, niché au creux d’un bras de mer qui s’enfonce comme une langue, à l’extrême nord de la Norvège. C’est là que tout a commencé : l’accident sur la plateforme pétrolière, de l’autre côté du chenal, la fissure qui menace dangereusement le glacier et ces poissons qu’on a retrouvés morts. Et si tout était lié ? C’est en tant qu’ingénieur géologue que Noah, enfant du pays, va revenir en mission et retrouver Anå, son amour de jeunesse, ainsi que les anciens amis qu’il avait initiés aux jeux de rôle. Il était alors Sigurd, du nom justement de cette maudite plateforme.
Avec Climax, Thomas B. Reverdy réveille le roman d’aventures en lui offrant une dimension crépusculaire et contemporaine puisque désormais les glaciers fondent, les ours meurent et l’homme a irrémédiablement tout abîmé. Au moins, il reste la fiction pour raconter cette dernière aventure, celle de la fin d’un monde.

1991 de Franck Thilliez

Roman policier 2021 – 499 pages

En décembre 1991, quand Franck Sharko, tout juste sorti de l’école des inspecteurs, débarque au 36 quai des Orfèvres, on le conduit aux archives où il est chargé de reprendre l’affaire des Disparues du Sud parisien, l’état des lieux est simple : entre 1986 et 1989, trois femmes ont été enlevées, puis retrouvées dans des champs, violées et frappées de multiples coups de couteau. Depuis, malgré des centaines de convocations, de nuits blanches, de procès-verbaux, le prédateur court toujours.
Sharko consacre tout son temps à ce dossier, jusqu’à ce soir où un homme paniqué frappe à la porte du 36. Il vient d’entrer en possession d’une photo figurant une femme couchée dans un lit, les mains attachées aux montants, la tête enfoncée dans un sac. Une photo derrière laquelle a été notée une adresse, et qui va entraîner le jeune inspecteur dans une enquête qui dépassera tout ce qu’il a pu imaginer…

Rien ne t’appartient de Nathacha Appanah

Roman 2021 – 158 pages

« Elle ne se contente plus d’habiter mes rêves, cette fille. Elle pousse en moi, contre mes flancs, elle veut sortir et je sens que, bientôt, je n’aurai plus la force de la retenir tant elle me hante, tant elle est puissante. C’est elle qui envoie le garçon, c’est elle qui me fait oublier les mots, les événements, c’est elle qui me fait danser nue. »
Il n’y a pas que le chagrin et la solitude qui viennent tourmenter Tara depuis la mort de son mari. En elle, quelque chose se lève et gronde comme une vague. C’est la résurgence d’une histoire qu’elle croyait étouffée, c’est la réapparition de celle qu’elle avait été, avant. Une fille avec un autre prénom, qui aimait rire et danser, qui croyait en l’éternelle enfance jusqu’à ce qu elle soit rattrapée par les démons de son pays.
À travers le destin de Tara, Nathacha Appanah nous offre une immersion sensuelle et implacable dans un monde où il faut aller au bout de soi-même pour préserver son intégrité.

Le cerf-volant de Laetitia Colombani

Roman 2021 – 204 pages

Laetitia Colombani reprend le fil de La Tresse dans un récit initiatique puissant et généreux.
Brisée par un drame personnel, Léna abandonne la France et son poste d’enseignante pour partir en Inde, au bord du golfe du Bengale. Un matin, alors qu’elle nage dans l’océan, elle manque de se noyer. Une petite fille qui jouait au cerf-volant court chercher de l’aide.
Comment la remercier ? Âgée de dix ans, la petite travaille dans un restaurant et ne sait ni lire ni écrire. Entourée d’un groupe de filles du village et de leur cheffe, la tumultueuse Preeti, Léna se lance dans un incroyable projet : fonder une école, pour tous les enfants du quartier qui en sont privés.
Au coeur d’une Inde tourmentée commence une aventure où se mêlent l’espoir et les désillusions, la volonté face aux traditions, et le rêve de changer la vie par l’éducation.

Canoës de Maylis de Kerangal

Récit 2021 – 167 pages

« J’ai conçu Canoës comme un roman en pièces détachées : une novella centrale, « Mustang », et autour, tels des satellites, sept récits. Tous sont connectés, tous se parlent entre eux, et partent d’un même désir : sonder la nature de la voix humaine, sa matérialité, ses pouvoirs, et composer une sorte de monde vocal, empli d’échos, de vibrations, de traces rémanentes. Chaque voix est saisie dans un moment de trouble, quand son timbre s’use ou mue, se distingue ou se confond, parfois se détraque ou se brise, quand une messagerie ou un micro vient filtrer ses paroles, les enregistrer ou les effacer. J’ai voulu intercepter une fréquence, capter un souffle, tenir une note tout au long d’un livre qui fait la part belle à une tribu de femmes – des femmes de tout âge, solitaires, rêveuses, volubiles, hantées ou marginales. Elles occupent tout l’espace. Surtout, j’ai eu envie d’aller chercher ma voix parmi les leurs, de la faire entendre au plus juste, de trouver un « je », au plus proche. »

Le pavillon des combattantes de Emma Donoghue

Roman 2021 traduit de l’anglais (Irlande) – 358 pages

En pleine pandémie de grippe espagnole, l’ancien monde est en train de s’effondrer. À la maternité, des femmes luttent pour qu’un autre voie le jour.
1998 – Trois jours à Dublin, ravagé par la guerre et une terrible épidémie. Trois jours aux côtés de Julia Power, infirmière dans un service réservé aux femmes enceintes touchées par la maladie.
Partout, la confusion règne, et le gouvernement semble impuissant à protéger sa population. À l’aube de ses 30 ans, alors qu’à l’hôpital on manque de tout, Julia se retrouve seule pour gérer ses patientes en quarantaine. Elle ne dispose que de l’aide d’une jeune orpheline bénévole, Bridie Sweeney, et des rares mais précieux conseils du Dr Kathleen Lynn – membre du Sinn Féin recherchée par la police.
Dans une salle exiguë où les âmes comme les corps sont mis à nu, toutes les trois s’acharnent dans leur défi à la mort, tandis que leurs patientes tentent de conserver les forces nécessaires pour donner la vie. Un huis clos intense et fiévreux dont Julia sortira transformée, ébranlée dans ses certitudes et ses repères.

Le fils de l’homme de Jean-Baptiste Del Amo

Roman 2021 – 240 pages

Après plusieurs années d’absence, un homme resurgit dans la vie de sa compagne et de leur jeune fils. Il les entraîne aux Roches, une vieille maison isolée dans la montagne où lui-même a grandi auprès d’un patriarche impitoyable. Entourés par une nature sauvage, la mère et le fils voient le père étendre son emprise sur eux et édicter les lois mystérieuses de leur nouvelle existence. Hanté par son passé, rongé par la jalousie, l’homme sombre lentement dans la folie. Bientôt, tout retour semble impossible.
Jean-Baptiste Del Amo explore le thème de la transmission de la violence d’une génération à une autre et de l’éternelle tragédie qui se noue entre les pères et les fils.

 

Poussière dans le vent de Leonardo Padura

Roman 2021 traduit del’espagnol (Cuba) – 640 pages

Ils ont vingt ans. Elle arrive de New York, il vient de Cuba, ils s’aiment. Il lui montre une photo de groupe prise en 1990 dans le jardin de sa mère. Intriguée, elle va chercher à en savoir plus sur ces jeunes gens.Ils étaient huit amis soudés depuis la fin du lycée. Les transformations du monde et leurs conséquences sur la vie à Cuba vont les affecter. Des grandes espérances jusqu’aux pénuries de la « Période spéciale » des années 90, après la chute du bloc soviétique, et à la dispersion dans l’exil à travers le monde. Certains vont disparaître, certains vont rester, certains vont partir.
Des personnages magnifiques, subtils et attachants, soumis au suspense permanent qu’est la vie à Cuba et aux péripéties universelles des amitiés, des amours et des trahisons.
Depuis son île, Leonardo Padura nous donne à voir le monde entier dans un roman universel. Son inventivité, sa maîtrise de l’intrigue et son sens aigu du suspense nous tiennent en haleine jusqu’au dernier chapitre.
Ce roman sur l’exil et la perte est aussi une affirmation de la force de l’amitié, de l’instinct de survie et des loyautés profondes.

Enfant de salaud de Sorj Chalandon

Roman 2021 – 336 pages

Depuis l’enfance, une question torture le narrateur :- Qu’as-tu fait sous l’occupation ?
Mais il n’a jamais osé la poser à son père. Parce qu’il est imprévisible, ce père. Violent, fantasque. Certains même, le disent fou. Longtemps, il a bercé son fils de ses exploits de Résistant, jusqu’au jour où le grand-père de l’enfant s’est emporté  : «Ton père portait l’uniforme allemand. Tu es un enfant de salaud !  » En mai 1987, alors que s’ouvre à Lyon le procès du criminel nazi Klaus Barbie, le fils apprend que le dossier judiciaire de son père sommeille aux archives départementales du Nord. Trois ans de la vie d’un «  collabo  », racontée par les procès-verbaux de police, les interrogatoires de justice, son procès et sa condamnation. Le narrateur croyait tomber sur la piteuse histoire d’un «  Lacombe Lucien  » mais il se retrouve face à l’épopée d’un Zelig. L’aventure rocambolesque d’un gamin de 18 ans, sans instruction ni conviction, menteur, faussaire et manipulateur, qui a traversé la guerre comme on joue au petit soldat. Un sale gosse, inconscient du danger, qui a porté cinq uniformes en quatre ans. Quatre fois déserteur de quatre armées différentes. Traître un jour, portant le brassard à croix gammée, puis patriote le lendemain, arborant fièrement la croix de Lorraine.
En décembre 1944, recherché par tous les camps, il a continué de berner la terre entière.
Mais aussi son propre fils, devenu journaliste.
Lorsque Klaus Barbie entre dans le box, ce fils est assis dans les rangs de la presse et son père, attentif au milieu du public.
Ce n’est pas un procès qui vient de s’ouvrir, mais deux. Barbie va devoir répondre de ses crimes. Le père va devoir s’expliquer sur ses mensonges.
Ce roman raconte ces guerres en parallèle. L’une rapportée par le journaliste, l’autre débusquée par l’enfant de salaud.

Le rire des déesses de Ananda Devi

Roman 2021 – 240 pages

Au Nord de l’Inde, dans une ville pauvre de l’Uttar Pradesh, se trouve La Ruelle où travaillent les prostituées. Y vivent Gowri, Kavita, Bholi, ainsi que Veena, et Chinti, sa fille de dix ans. Si Veena ne parvient pas à l’aimer, les femmes du quartier l’ont prise sous leur aile, surtout  Sadhana. Elle ne se prostitue pas et habite à l’écart, dans une maison qu’occupent les hijras, ces femmes que la société craint et rejette parce qu’elles sont nées dans des corps d’hommes. Ayant changé de sexe et devenue Guru dans sa communauté, Sadhana veille sur Chinti.
Leurs destins se renversent le jour où l’un des clients de Veena, Shivnath, un swami, un homme de Dieu qui dans son temple aime se faire aduler, tombe amoureux de Chinti et la kidnappe. Persuadé d’avoir trouvé la fille de Kali capable de le rendre divin, il l’emmène en pèlerinage à Bénarès. Comment se douterait-il que sur ses pas, deux représentantes des castes les plus basses, une pute et une hijra, Veena et Sadhana, sont parties pour retrouver Chinti, et le tuer ?
Des bas-fonds de l’Inde où les couleurs des saris trempent dans la misère à sa capitale spirituelle, Ananda Devi nous entraîne dans un roman haletant et riche pour fouiller, à sa manière, les questions brûlantes de notre époque : la place des femmes et des transsexuels, le règne des hommes et la sororité  ; les folies de la foi, la pédophilie  ; la religion, la colère et l’amour.

Klara et le soleil de Kazuo Ishiguro

Roman 2021 traduit de l’anglais (Royaume Uni)– 384 pages

Klara est une AA, une Amie Artificielle, un robot de pointe ultraperformant créé spécialement pour tenir compagnie aux enfants et aux adolescents. Klara est dotée d’un extraordinaire talent d’observation, et derrière la vitrine du magasin où elle se trouve, elle profite des rayons bienfaisants du Soleil et étudie le comportement des passants, ceux qui s’attardent pour jeter un coup d’œil depuis la rue ou qui poursuivent leur chemin sans s’arrêter. Elle nourrit l’espoir qu’un jour quelqu’un entre et vienne la choisir. Lorsque l’occasion se présente enfin, Klara est toutefois mise en garde : mieux vaut ne pas accorder trop de crédit aux promesses des humains…
Après l’obtention du prix Nobel de littérature, Kazuo Ishiguro met en scène la façon dont nous apprenons à aimer. Ce roman, qui nous parle d’amitié, d’éthique, d’altruisme et de ce qu’être humain signifie, pose une question à l’évidence troublante : à quel point sommes-nous irremplaçables ?

Premier sang de Amélie Nothomb

Roman 2021 – 180 pages

Sous la forme d’un conte, Amélie Nothomb raconte la vie de Patrick, son père, doux enfant angélique qui, jeune adulte, devra se confronter à la mort.
Un hommage à la figure paternelle mais aussi à un héros de l’ombre, diplomate à la carrière hors norme.
Sans doute le livre le plus intime qu’Amélie Nothomb ait écrit à ce jour. Très cinématographique, il nous plonge dans une époque charnière où l’ancien monde n’a plus sa place et devient bientôt désuet : les vieilles traditions sont oubliées et la décolonisation se profile. Au-delà des changements profonds de notre société, Amélie Nothomb dresse le portrait de ce père si attachant et sensible qui semble, à première vue, inadapté au monde mais dont la “rage de survivre” l’amènera à se dépasser et à vivre.

Revenir à toi de Leonor de Recondo

Roman 2021 – 180 pages

Lorsqu’elle reçoit un message lui annonçant qu’on a retrouvé sa mère, disparue trente ans plus tôt, Magdalena n’hésite pas. Elle prend la route pour le Sud-Ouest, vers la maison éclusière dont on lui a donné l’adresse, en bordure de canal.
Comédienne réputée, elle a vécu toutes ces années sans rien savoir d’Apollonia. Magdalena a incarné des personnages afin de ne pas sombrer, de survivre à l’absence. Dès lors que les retrouvailles avec sa mère approchent, elle est à nu, dépouillée, ouverte à tous les possibles.
Revenir à toi, c’est son voyage vers Apollonia. Un voyage intérieur aussi, vers son enfance, son père, ses grands-parents, ses amours. Un voyage charnel, parenthèse furtive et tendre avec un jeune homme de la région. Lentement se dévoile un secret ancien et douloureux, une omission tacitement transmise.
Revenir à toi, c’est aussi un hommage à Antigone et aux grands mythes littéraires qui nous façonnent. Magdalena a donné vie à des personnages, elle est devenue leur porte-voix. Devant Apollonia, si lointaine et si fragile, sa voix intérieure se fait enfin entendre, inquiète mais déterminée à percer l’énigme de son existence.
En l’espace de quelques jours, dans cette maison délaissée, Magdalena suit un magnifique chemin de réconciliation avec l’autre et avec elle-même. Vie rêvée et vie vécue ne font désormais qu’une.

La volonté de Marc Dugain

Roman 2021 – 288 pages

« J’ai failli le rater de peu. Au moment où je l’ai vraiment connu et compris, où je l’ai vraiment aimé, où enfin j’allais pouvoir profiter de lui et de son estime, on me l’a arraché, comme si ce que nous devions construire ensemble nous était interdit. Je me suis épuisé tout au long de mon adolescence à lui résister, tuer le père qu’il n’était pas et quand il s’est révélé être lui-même, il est mort pour de bon. Il est parti avec le sentiment d’avoir réussi tout ce qu’il avait entrepris, de n’avoir cédé à rien ni à personne. »
C’est le livre le plus personnel de Marc Dugain. Il retrace le destin de son père, cet homme du XXe siècle à qui il doit beaucoup, en dépit de la difficulté de trouver sa place de fils à ses côtés, mais dont l’inépuisable volonté n’a cessé de l’inspirer.

La définition du bonheur de Catherine Cusset

Roman 2021 – 362 pages

« Pour Clarisse, le bonheur n’existait pas dans la durée et la continuité (cela, c’était le mien), mais dans le fragment, sous forme de pépite qui brillait d’un éclat singulier, même si cet éclat précédait la chute. »
Deux femmes : Clarisse, ogre de vie, grande amoureuse et passionnée de l’Asie, porte en elle depuis l’origine une faille qui annonce le désastre ; Ève balance entre raison et déraison, tout en développant avec son mari une relation profonde et stable. L’une habite Paris, l’autre New York. À leur insu, un lien mystérieux les unit.
À travers l’entrelacement de leurs destinées, ce roman intense dresse la fresque d’une époque, des années quatre-vingt à nos jours, et interroge le rapport des femmes au corps et au désir, à l’amour, à la maternité, au vieillissement et au bonheur.

 

Quatre heures, vint-deux minutes et dix-huit secondes de Lionell Shriver

Roman 2021 teraduit de l’anglais (USA) – 384 pages

Avec une plume plus incisive que jamais et un humour ravageur, Lionel Shriver livre un roman explosif sur un couple de sexagénaires en crise, dressant au passage un portrait mordant de nos sociétés obsédées par la santé et le culte du corps. Une bombe de provocation qui prouve, s’il le fallait encore, que Lionel Shriver est une des plus fines observatrices de notre temps
Un beau matin, au petit-déjeuner, Remington fait une annonce tonitruante à son épouse Renata : cette année, il courra un marathon. Tiens donc ? Ce sexagénaire certes encore fringant mais pour qui l’exercice s’est longtemps résumé à faire les quelques pas qui le séparaient de sa voiture mettrait à profit sa retraite anticipée pour se mettre enfin au sport ? Belle ambition ! D’autant plus ironique que dans le couple, le plus sportif des deux a toujours été Renata jusqu’à ce que des problèmes de genoux ne l’obligent à la sédentarité. Qu’à cela ne tienne, c’est certainement juste une passade. Sauf que contre toute attente, Remington s’accroche. Mieux, Remington y prend goût. Les week-ends sont désormais consacrés à l’entraînement, sous la houlette de Bambi, la très sexy et très autoritaire coach. Et quand Remington commence à envisager très sérieusement de participer à un Iron Man, Renata réalise que son mari, jadis débonnaire et volontiers empoté, a laissé place à un être arrogant et impitoyable. Face à cette fuite en avant sportive, leur couple résistera-t-il ?

Seule en sa demeure de Cécile Coulon

Roman 2021 – 333 pages

Au cœur d’une forêt sombre au XIXe siècle, une riche demeure jurassienne abrite secrets et silences. Le lieu, si important dans les romans de Cécile Coulon, prend encore une fois ici la place même d’un personnage. Il est décrit dans ses moindres recoins, de sorte qu’il nous apparaît très distinctement, pour ne plus nous quitter jamais de toute notre lecture.
Aimée, jeune fille à l’innocence évidente, vient de quitter l’heureux foyer familial pour être mariée à Candre Marchère, un riche propriétaire dont elle ne sait rien, si ce n’est qu’il fut marié autrefois avec une jeune femme morte peu de temps après leurs noces d’une tuberculose terrassante. Le fantôme de la défunte flottant dans l’air, son pieux époux terré dans un silence mortifère, Aimée a bien du mal a trouver sa place dans cette grande maison qui ne lui inspire aucune confiance.
Elle ne trouve guère non plus de réconfort auprès d’Henria, servante historique de la famille qui semble connaître les lieux mieux que quiconque et qui y cacherait presque un fils dont on n’entend jamais la voix quand par hasard, son ombre se fait apercevoir dans le parc. Sa seule distraction, elle la trouve auprès de sa professeure de musique, Emeline, une femme libre qui ne laisse pas le corps d’Aimée indifférent, frémissant sous les doigts de l’enseignante. Elle lui inspire aussi la confiance suffisante pour lui confier ses craintes et ressentis à propos de sa nouvelle famille… Et si ce qu’elle ressentait était vrai ? Pourtant, la victime dans l’affaire n’est pas toujours celle que l’on pourrait croire.

 

Elma de Eva Björg Aegisdottir

Roman policier 2021 traduit de l’islandais – 400 pages

Elma ne pensait pas revenir un jour habiter sa ville natale, Akranes, ce petit bourg islandais à l’atmosphère oppressante, où les amitiés d’enfance portent les stigmates de terribles secrets… Affectée au poste de police local, cette ancienne inspectrice de la brigade criminelle de Reykjavík n’a pourtant pas le choix. Elle fuit une histoire d’amour qui l’a laissée en miettes. L’épaule de son nouveau collègue Sævar semble bien réconfortante.
Quand le cadavre d’une femme est retrouvé gisant au pied d’un phare… Une femme qui avait quitté Akranes – comme Elma. Une femme dont le passé murmure aux oreilles de toute la ville, ronge le cœur des habitants les moins soupçonnables…
Ce premier roman de Eva Björg Aegisdottir est devenu un best-seller en Islande. Il a été récompensé du Blackbird Award, un prix créé par Yrsa Sigurdardóttir et Ragnar Jónasson pour promouvoir les meilleurs espoirs du polar islandais.

 

Où vivaient les gens heureux de Joyce Maynard

Roman 2021 traduit de l’anglais (USA)– 560 pages

Lorsque Eleanor, jeune artiste à succès, achète une maison dans la campagne du New Hampshire, elle cherche à oublier un passé difficile. Sa rencontre avec le séduisant Cam lui ouvre un nouvel univers, animé par la venue de trois enfants : la secrète Alison, l’optimiste Ursula, et le doux Toby.
Comblée, Eleanor vit l’accomplissement d’un rêve. Très tôt laissée à elle-même par des parents indifférents, elle semble prête à tous les sacrifices pour ses enfants. Cette vie au cœur de la nature, tissée de fantaisie et d’imagination, lui offre un bonheur inespéré. Et si entre Cam et Eleanor la passion n’est plus aussi vibrante, ils possèdent quelque chose de plus important : leur famille. Jusqu’au jour où survient un terrible accident…
Joyce Maynard emporte le lecteur des années 1970 à nos jours, liant les évolutions de ses personnages à celles de la société américaine – libération sexuelle, avortement, émancipation des femmes jusqu’à l’émergence du mouvement MeToo… Chaque saison apporte son lot de doute ou de colère, mais aussi de pardon et de découverte de soi.
Joyce Maynard explore avec acuité ce lieu d’apprentissage sans pareil qu’est une famille, et interroge : jusqu’où une femme peut-elle aller par amour des siens ? Eleanor y répond par son élan de vie. En dépit de ses maladresses, son inlassable recherche du bonheur en fait une héroïne inoubliable, dans sa vérité et sa générosité.

La félicité du loup de Paolo Cognetti

Roman 2021 traduit de l’italien – 218 pages

Fausto a quarante ans, Silvia en a vingt-sept. Il est écrivain, elle est artiste-peintre. Tous deux sont à la recherche d’un ailleurs, où qu’il soit. Alors que l’hiver s’installe sur la petite station de ski de Fontana Fredda, au cœur du val d’Aoste, ils se rencontrent dans le restaurant d’altitude Le Festin de Babette. Fausto fait office de cuisinier, Silvia, de serveuse. Ils se rapprochent doucement, s’abandonnant petit à petit au corps de l’autre, sans rien se promettre pour autant. Alors qu’arrive le printemps et que la neige commence à fondre, Silvia quitte Fontana Fredda pour aller toujours plus haut, vers le glacier Felik, tandis que Fausto doit redescendre en ville rassembler les morceaux de sa vie antérieure.
Paolo Cognetti revient avec ce roman sur ses sommets bien-aimés avec un éblouissant roman d’amour, véritable ode à la montagne tour à tour apaisante, dangereuse, imprévisible et puissante.

 

Un tesson d’éternité de Valérie Tong Cuong

Roman 2021 – 272 pages

Anna Gauthier mène une existence à l’abri des tourments entre sa pharmacie, sa villa surplombant la mer et sa famille soudée.
Dans un climat social inflammable, un incident survient et son fils Léo, lycéen sans histoire, se retrouve aux prises avec la justice. Anna assiste impuissante à l’écroulement de son monde, bâti brique après brique, après avoir mesuré chacun de ses actes pour en garder le contrôle.
Qu’advient-il lorsqu’un grain de sable vient enrayer la machine et fait voler en éclats les apparences le temps d’un été ?
À travers un portrait de femme foudroyant d’intensité et d’émotion, Un tesson d’éternité remonte le fil de la vie d’Anna et interroge en un souffle la part emmurée d’une enfance sacrifiée qui ne devait jamais rejaillir.

 

Au printemps des monstres de Philippe Jaenada

Roman 2021 – 752 pages

Le 26 mai 1964, un enfant parisien sort de chez lui en courant. On retrouvera son corps le lendemain matin dans un bois de banlieue. Il s’appelait Luc. Il avait onze ans. L’affaire fait grand bruit car un corbeau qui se dit l’assassin et se fait appeler « l’Étrangleur » inonde les médias, les institutions et les parents de la victime de lettres odieuses où il donne des détails troublants sur la mort de l’enfant. Le 4 juillet, il est arrêté. C’est un jeune infirmier, Lucien Léger. Il avoue puis se rétracte un an plus tard. En 1966, il est condamné à la prison à perpétuité. Il restera incarcéré quarante et un ans, sans jamais cesser de clamer son innocence.
Avec son style inimitable, Philippe Jaenada reprend minutieusement les éléments du dossier et révèle que, par intérêt, lâcheté, indifférence ou bêtise, tout le monde a failli, ou menti. Alors il se penche sur Solange, la femme de l’Étrangleur, seule et vibrante lumière dans la noirceur. À travers ce fait divers extraordinaire, il fait le portrait de la société française des années 60, ravagée par la deuxième guerre mondiale mais renaissante et, légère seulement en apparence, printemps trompeur de celle qui deviendra la nôtre.

 

Satisfaction de Nina Bouraoui

Roman 2021 – 288 pages

« Je pense souvent à ce qu’il restera, à ce qu’Erwan gardera de moi, de son enfance, j’aimerais saisir, révéler ses sensations sur la pellicule photographique, graver nos instants, craignant que l’amour ne disparaisse avec les souvenirs, graver l’odeur du jasmin quand nous nous approchons de notre maison, odeur de la stabilité du lieu intérieur malgré les désordres de mon cœur, contre la violence extérieure, réelle ou imaginaire, de la mer, des hommes. »
À travers la voix incandescente de Madame Akli, Nina Bouraoui nous offre un roman brûlant, sensuel et poétique qui réunit toutes ses obsessions littéraires : l’enfance qui s’achève, l’amour qui s’égare, le désir qui fait perdre la raison.

 

 

La fille qu’on appelle de Tanguy Viel

Roman 2021 – 176 pages

Quand il n’est pas sur un ring à boxer, Max Le Corre est chauffeur pour le maire de la ville. Il est surtout le père de Laura qui, du haut de ses vingt ans, a décidé de revenir vivre avec lui. Alors Max se dit que ce serait une bonne idée si le maire pouvait l’aider à trouver un logement.

 

L’embuscade de Emilie Guillomin

Roman 2021 – 304 pages

Nuit d’août. Dans la chambre flotte le parfum de Cédric. Un mois et demi que ce soldat des forces spéciales est en mission. Un mois et demi que Clémence attend son retour avec leurs trois garçons.
Au petit matin, une délégation militaire sonne à la porte. L’adjudant Cédric Delmas est tombé dans une embuscade avec cinq de ses camarades.
Aux côtés d’autres femmes, épouses de soldats elles aussi, Clémence se retrouve malgré elle plongée dans la guerre secrète menée par la France au Levant. Avec ces questions lancinantes : que s’est-il réellement passé lors de l’attaque ? Et pourquoi l’armée garde-t-elle le mystère ?
L’Embuscade dessine avec justesse et émotion le combat d’une femme, mère et épouse puissante et courageuse, pour découvrir la vérité.

 

Deux petites bourgeoises de Colombe Schneck

Roman 2021 – 140 pages

Esther et Héloïse se sont rencontrées en sixième, à l’école Alsacienne. Filles à papa, gosses de riches, gamines nées avec une cuillère en argent dans la bouche : les surnoms sont nombreux pour désigner les deux élèves de cette école pour bourgeois libéraux.
Au fil des années et au fil des pages, Esther et Héloïse restent amies, et affrontent ensemble les épreuves de la vie. Elles empruntent un chemin similaire : elles se marient, ont des enfants, divorcent en même temps, ont des histoires d’amour semblables… jusqu’au jour où la mort frappe à la porte de l’une d’entre elles.
Pour le commun des mortels, les voilà enfin punies : ces riches qui ne font que geindre à longueur de journée alors qu’ils ont déjà tout ne peuvent pas être exempts de leur lot de souffrances. Il n’y a pas de raison que ces femmes y échappent, seulement pour être nées dans les bons quartiers.
En nous plongeant dans les existences d’Esther et d’Héloïse, Colombe Schneck déconstruit le regard stéréotypé que l’on peut poser sur la bourgeoisie. Le lecteur s’immerge, le temps d’un roman, au coeur d’une vie faite de richesses et conventions – qui peut se révéler, comme toute vie, hautement cruelle.

 

T. Singer de Dag Solstad

Roman 2021 traduit du norvégien – 304 pages

À trente-quatre ans, Singer, auteur sans succès ni inspiration, obtient son diplôme de bibliothécaire. Il décide de quitter Oslo pour prendre un nouveau départ dans une ville de province où personne ne le connaît. Il y tombe amoureux d’une céramiste, Merete Sæthre. Mais après plusieurs années, leur mariage se délite. Un jour, alors qu’ils sont sur le point de divorcer, la vie de Singer bascule.
L’œuvre de Dag Solstad se dresse contre la bêtise et la médiocrité du monde moderne. Avec humour et clairvoyance, T. Singer ne se borne pas à mettre en relief les problématiques de notre temps : il met à nu la solitude de l’homme contemporain face à une époque où tout est devenu marchandisation. Avec une lucidité ironique, Dag Solstad demande : comment peut-on, comme Singer, passer ainsi complètement à côté de sa vie ? Un roman brillant, à la fois drôle et déchirant.

L’ami de Tiffany Tavernier

Roman 2021 – 264 pages

Un samedi matin comme un autre, Thierry entend des bruits de moteur inhabituels tandis qu’il s’apprête à partir à la rivière. La scène qu’il découvre en sortant de chez lui est proprement impensable : des individus casqués, arme au poing, des voitures de police, une ambulance. Tout va très vite, et c’est en état de choc qu’il apprend l’arrestation de ses voisins, les seuls à la ronde. Quand il saisit la monstruosité des faits qui leur sont reprochés, il réalise, abasourdi, à quel point il s’est trompé sur Guy, dont il avait fini par se sentir si proche. Entre déni, culpabilité, colère et chagrin, commence alors une effarante plongée dans les ténèbres pour cet être taciturne, dont la vie se déroulait jusqu’ ici de sa maison à l’usine. Son environnement brutalement dévasté, il prend la mesure de sa solitude. C’est le début d’une longue et bouleversante quête, véritable objet de ce roman hypnotique. Au terme de ce parcours quasi initiatique, Thierry sera amené à répondre à la question qui le taraude : comment n’a-t-il pas vu que son unique ami était l’incarnation du mal ? Avec ce magnifique portrait d’homme, Tiffany Tavernier, subtile interprète des âmes tourmentées, interroge de manière puissante l’infinie faculté de l’être humain à renaître à soi et au monde.

Les lois de l’ascension de Céline Curiol

Roman 2021 – 837 pages

Quel est dans l’itinéraire de chacun le déclic qui remet en jeu une existence pourtant choisie ? S’agit-il aujourd’hui d’un basculement intime ou de l’onde de choc issue des ébranlements du monde, des soulèvements de certains de ses peuples ? Et comment ceux-ci entrent-ils en résonance pour devenir motif à résilience, à enrôlement ou à utopie ?
Ce livre se déploie sur quatre journées réparties sur les quatre saisons de l’année 2015. À Belleville, un quartier parisien emblématique de l’éclectisme urbain, six personnages se trouvent confrontés aux enjeux d’une révolution singulière. Journaliste, psychiatre, retraité, enseignant, chômeur, lycéen, ils vont se croiser selon une étrange partition du hasard, le déroulement d’un puissant jeu d’influences. Au fil de leurs interactions comme des malentendus qui les opposent, ils tenteront d’amorcer ce combat majeur sans lequel risque de leur échapper l’essence même de leur être.
Ce grand roman d’une décennie est celui de la quête grâce à laquelle chacun, résistant aux tremblements d’un système périmé, se relève plus vivant que jamais, pour réinvestir une existence où l’indépendance d’esprit se place désormais sous le signe de la solidarité.

Traverser la nuit de Hervé Le Corre

Roman policier 2021 – 317 pages

Louise a une trentaine d’années. Après la mort accidentelle de ses parents, elle a dérivé dans la drogue et l’alcool. Aujourd’hui elle vit seule avec son fils Sam, âgé de 8 ans, sa seule lumière. Elle est harcelée par son ancien compagnon qui, un jour, la brutalise au point de la laisser dans un état grave. Il blesse aussi grièvement la meilleure amie de Louise. L’enquête est confiée au groupe dirigé par le commandant Jourdan, qui ne reste pas insensible à Louise. Parallèlement un tueur de femmes sévit, pulsionnel et imprévisible, profondément perturbé.
Au cœur de ces ténèbres et de ces deux histoires, Jourdan, un flic, un homme triste et taiseux, qui tente de retrouver goût à la vie…

La familia grande de Camille Kouchner

Récit 2021 – 208 pages

« Souviens-toi, maman : nous étions tes enfants. » C.K.
C’est l’histoire d’une grande famille qui aime débattre, rire et danser, qui aime le soleil et l’été. C’est le récit incandescent d’une femme qui ose enfin raconter ce qui a longtemps fait taire la familia grande.

 

Autopsie pastorale de Frasse Mikardsson

Roman policier 2021 – 336 pages

Lillemor Bengtsdotter, pasteure à la retraite, est retrouvée sans vie dans le presbytère de la petite ville suédoise de Sigtuna. Elle était malade du cœur. La porte était fermée à clef. Mort tristement banale, un dossier apparemment simple. Et pourtant ? Le jeune interne français Pierre Desprez va réaliser une autopsie de routine, supervisé par le médecin légiste Antal B. L’enquête va se transformer en un véritable casse-tête au fur et à mesure de l’avancée des investigations. Il ne faudra pas moins que l’intervention d’une pomologue à la retraite, d’un vieux professeur de médecine environnementale et de la femme de ménage du pasteur pour révéler une vérité insoupçonnable… Dans ce roman noir à l’ambiance pleine de charme et aux personnages atypiques, ce sont les légistes qui mènent l’enquête.

Solitudes de Niko Tackian

Roman policier – 252 pages

Élie Martins est garde nature dans le massif du Vercors. Il y a douze ans, une blessure par balle l’a laissé totalement amnésique. Depuis, il s’est reconstruit une vie dans cette région aux hivers impitoyables, aux brumes si opaques qu’elles vous égarent en deux pas.
Alors qu’une tempête de neige s’abat sur le Vercors, des traces étranges mènent Élie jusqu’à « l’arbre taillé », un pin gigantesque dressé comme un phare au milieu de l’immensité blanche. Une femme nue est pendue à ses branches. Cette macabre découverte anime quelque chose sur la toile vierge des souvenirs d’Élie.
LA VICTIME EST UN MESSAGE À SON INTENTION,
IL EN EST CERTAIN. ET IL EST TERRIFIÉ.

La pierre du remords de Arnaldur Indridason

Roman policier 2021 traduit de l’Islandais – 352 pages

Valborg est assassinée chez elle. Elle venait de prendre sa retraite. Sur son bureau, il y a le numéro de téléphone de Konrad, un ex-policier. Elle avait contacté récemment l’enquêteur pour lui demander de retrouver l’enfant qu’elle avait mis au monde cinquante ans plus tôt, et qu’elle avait abandonné juste après sa naissance. Désolé de lui avoir refusé son aide, Konrad s’emploie à réparer son erreur. Il découvre l’existence d’un mouvement religieux contre l’avortement et reconstruit l’histoire d’une jeune fille violée dans le bar où elle travaillait. Il rencontre aussi un clochard, des trafiquants de drogue et recueille même par hasard des fragments de l’histoire de la mort violente de son propre père… Konrad se révèle un enquêteur intelligent et sensible à la souffrance des autres, d’une humanité touchante. Et l’auteur montre toute son empathie et son talent dans sa description de la cruauté du destin de la jeune Valborg. Avec une construction particulièrement habile et haletante, Indridason nous immerge magistralement dans un récit captivant et impitoyable sur la honte, le désespoir et l’intensité des remords qui reviennent nous hanter.

Le fabuleux voyage du carnet des silences de Clare Pooley

Roman 2021 traduit de l’anglais (Royaume-Uni) – 480 pages
Premier roman

Monica a abandonné sa carrière d’avocate pour réaliser son rêve : ouvrir un café sur Fulham Road. Le jour où un de ses clients oublie son carnet sur une table, elle ne peut s’empêcher de le lire. Les premières pages lui révèlent la confession de Julian Jessop, un artiste excentrique, âgé de soixante-dix-neuf ans qui exprime toute sa tristesse et sa solitude depuis la mort de sa femme. Touchée par cette idée de révéler des sentiments intimes à des inconnus, Monica décide de continuer le carnet avant de le déposer dans un bar à vin.

Séquences mortelles de Michael Connelly

Roman policier 2021 traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 486 pages

L’illustre Jack McEvoy, maintenant journaliste au Fair Warning, un site Web de défense des consommateurs, a eu raison de bien des assassins. Jusqu’au jour où il est accusé de meurtre par deux inspecteurs du LAPD. Et leurs arguments ont du poids : il aurait tué une certaine Tina Portrero avec laquelle il a effectivement passé une nuit, et qu’il aurait harcelée en ligne. Malgré les interdictions de la police et de son propre patron, il enquête et découvre que d’autres femmes sont mortes de la même et parfaitement horrible façon : le cou brisé. Le tueur, il le comprend aussi, choisit ses victimes à l’aide de leurs propres données génétiques. Trouver la séquence ADN qui le conduira à sa prochaine proie devient la priorité de Jack. Mais déjà, le monstre est de nouveau prêt à frapper.

Retrouve-moi de Lisa Gardner

Roman policier 2021 traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 480 pages

Découverte macabre à Boston : quatre membres d’une même famille sont retrouvés sauvagement assassinés chez eux. La mère, deux de ses enfants et son compagnon. Seule une personne semble avoir échappé au massacre : Roxanna, 16 ans, la fille aînée. Des témoins affirment l’avoir vue sortir promener les chiens avant les coups de feu. Heureux hasard ou aveu de culpabilité ?  En plongeant dans le passé de Juanita Baez, la mère des enfants, l’enquêtrice D. D. Warren découvre une histoire tourmentée, entre alcool, violences et familles d’accueil, qui pourrait laisser croire à une vengeance. Pourtant, plus elle avance dans l’enquête, plus la voix de Roxanna, victime ou suspecte, semble la supplier en silence : « Retrouve-moi »…

Toni tout court de Shane Haddad

Roman 2021 – 160 pages
Premier Roman

« Aujourd’hui, Toni a vingt ans. Elle se regarde dans la glace. J’ai vingt ans. Elle n’a pas l’impression d’avoir vingt ans. C’est son anniversaire et c’est jour de match. ».
C’est l’histoire de Toni. Elle se lève un matin, s’habille, déjeune, ferme la porte et s’en va pour la journée. La journée de son anniversaire et d’un match de foot. Le match de son équipe, la sienne, celle qu’elle aime, qu’elle suit, celle à laquelle elle pense à chaque moment de son errance quotidienne. Ce soir, c’est match et toute la journée est une attente. Toute la journée est une projection de son entrée dans le stade, son entrée dans la tribune où déjà les supporters chantent son arrivée. Le tambour, l’épaisseur des fumigènes, la foule de tous ces inconnus. C’est dans cette tribune remplie d’hommes qu’elle trouvera sinon une place, du moins un espace où vivre pour un temps. Parce que la tribune est à la fois un espace qui n’imagine pas une présence féminine et à la fois un espace hétérogène, multiple, indéfinissable. C’est pour cela que Toni est un personnage qui ne veut pas se définir. Elle est entre première personne et troisième personne du singulier, entre deux âges, entre deux temporalités, entre existence et disparition, entre marche décisive et errance sans fond, entre rêve et conscience, entre tumulte et silence, entre femme et homme. Cette narration, à l’apparence minimaliste, est tendue comme un drame. Shane Haddad invente une voix, dans une adresse directe presque sans interruption, pour faire apparaître le portrait d’une jeune femme insoumise et perdue, banale et porteuse d’une colère intime qui traverse le corps féminin.

De sable et de neige de Chantal Thomas

Roman 2021 – 208 pages

« L’insaisissable m’a donné la clef du monde ». De sable et de neige, ou l’art de vivre l’instant. Une splendide fresque pour célébrer la beauté des choses et la puissance de leur silence, de la Grande Dune d’Arcachon et la lumière du Cap Ferret jusqu’à la ville de Kyoto sous la neige, un 31 décembre. Les vagues venant rythmer le récit, comme si l’océan était le résumé de la vie, avec sa dimension tragique, inséparable du sentiment de joie et d’harmonie qu’il sait donner. Chantal Thomas poursuit ici son voyage dans l’intimité de la mémoire, à travers une langue d’élégance et de grâce, pour exprimer les sensations les plus fugitives et les plus essentielles dont nous sommes tissés. Et pour dire le lien d’amour entre une fille et son père : sa force d’absolu.

Et la peur continue de Mazarine Pingeot

Roman 2021 – 288 pages

Lucie a peur. De tout. Si le métro s’arrête entre deux stations, elle pense qu’elle va mourir. Elle craint, lorsqu’elle part travailler le matin, qu’une catastrophe ne survienne, la privant à jamais de revoir son mari et ses enfants. Pourtant, à quarante ans, elle est comblée par un métier qui la passionne et une vie de famille réussie. Mais la disparition brutale d’Héloïse, sa cousine sourde et muette qu’elle chérissait, et celle de Louis, son ami d’enfance, font affleurer un souvenir flou et pénible au goût d’essence et de boue. Pour se libérer de ce mal étrange, Lucie devra revenir à la source de l’angoisse qui la saisit et l’empêche de vivre. Parce que, oui, la peur est tapie dans l’enfance, enfermée dans la cabane du pêcheur. Dans ce roman envoûtant et d’une grande justesse, Mazarine Pingeot revient sur la fragilité des vies construites sur des marécages. Et « La peur continue » est un cri dans ce silence assourdissant.

Les oubliés de John Grisham

Roman policier traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 400 pages

À Seabrook, petite ville de Floride, le jeune avocat Keith Russo est tué à coups de fusil alors qu’il travaille un soir dans son bureau. L’assassin n’a laissé aucun indice. Aucun témoin, aucun mobile. Mais la police trouve bientôt un suspect, Quincy Miller, un homme noir et ancien client de Russo. Quincy est jugé et condamné à une peine de réclusion à perpétuité. Pendant vingt-deux ans, il se morfond en prison et ne cesse de clamer son innocence. Il n’a pas d’avocat, personne pour le défendre. De désespoir, il écrit une lettre aux Anges Gardiens, une fondation où travaille Cullen Post, avocat et ancien pasteur de l’Église épiscopale. Les Anges Gardiens n’acceptent que très peu d’affaires. Post sillonne le pays pour tenter de réparer les erreurs judiciaires et sauver des innocents. Le cas de Quincy Miller, toutefois, représente un défi d’une tout autre nature. Des gens puissants, violents et sans pitié ont assassiné Keith Russo, et ils ne veulent pas voir Quincy Miller disculpé. Ils ont tué un avocat il y a vingt-deux ans, ils en tueront un deuxième sans hésitation.

Division avenue de Goldie Goldbloom

Roman 2021 traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 360 pages

Il existe à New York une rue au nom évocateur : Division Avenue. Elle se situe dans une partie spécifique de Brooklyn, le quartier juif orthodoxe. C’est là que vit Surie Eckstein, qui peut s’enorgueillir d’avoir vécu une vie bien remplie : mère de dix enfants, elle passe des jours tranquilles avec sa famille. Alors qu’elle pensait être ménopausée, Surie découvre qu’elle est enceinte. C’est un choc. Une grossesse à son âge, et c’est l’ordre du monde qui semble être bouleversé. Surie décide de taire la nouvelle, quitte à mentir à sa famille et à sa communauté. Ce faisant, Surie doit affronter le souvenir de son fils Lipa, lequel avait – lui aussi – gardé le silence sur une part de sa vie. Un secret peut avoir de multiples répercussions : il permettra peut-être à Surie de se réconcilier avec certains pans de son passé. Avec Division Avenue, Goldie Goldbloom trace le portrait empathique, tendre et saisissant d’une femme à un moment charnière de son existence. Et nous livre un roman teinté d’humour où l’émancipation se fait discrète mais pas moins puissante.

Ce matin-là de Gaëlle Josse

Roman 2021 – 214 pages

Un matin, tout lâche pour Clara, jeune femme compétente, efficace, investie dans la société de crédit qui l’emploie. Elle ne retournera pas travailler. Amis, amours, famille, collègues, tout se délite. Des semaines, des mois de solitude, de vide, s’ouvrent devant elle. Pour relancer le cours de sa vie, il lui faudra des ruptures, de l’amitié, et aussi remonter à la source vive de l’enfance. Ce matin-là, c’est une mosaïque qui se dévoile, l’histoire simple d’une vie qui a perdu son unité, son allant, son élan, et qui cherche comment être enfin à sa juste place. Qui ne s’est senti, un jour, tenté d’abandonner la course ? Une histoire minuscule et universelle, qui interroge chacun de nous sur nos choix, nos désirs, et sur la façon dont il nous faut parfois réinventer nos vies pour pouvoir continuer. Gaëlle Josse saisit ici avec la plus grande acuité de fragiles instants sur le fil de l’existence, au plus près des sensations et des émotions d’une vie qui pourrait aussi être la nôtre.

Lunch-box de Emilie Turckheim

Roman 2021 – 256 pages

« La lunch-box est une bête pleine d’appétit. Elle grogne, elle n’en a jamais assez. Elle provoque chez la mère une pulsion de remplissage. Tout le vertige vient de la forme de la lunch-box : n’oublions pas que c’est une valise. C’est chaque matin la répétition du grand départ. La mère regarde son enfant s’éloigner de la maison et elle espère qu’il ne lui manquera rien. Ni pain ni amour ». Dans la ville rêvée de Zion Heights, sur la baie du détroit de Long Island, un petit monde gravite autour de l’école bilingue : les mères délurées organisent des garden-parties, les pères, souvent absents, suivent de loin les affaires de la vie courante, les couples se font et se défont tandis que les enfants préparent le spectacle de fin d’année. Tous ont pour coqueluche Sarah, la professeur de chant, célèbre pour ses comédies musicales extravagantes. Jusqu’au jour où, par accident, elle bouleversera leurs vies et la sienne, à jamais. Ce roman lumineux, où l’émotion affleure à chaque page, explore la manière dont chacun, témoin, victime ou coupable, surmonte l’irrémédiable.

Ces orages-là de Sandrine Collette

Roman 2021 – 300 pages

Clémence a trente ans lorsque, mue par l’énergie du désespoir, elle parvient à s’extraire d’une relation toxique. Trois ans pendant lesquels elle a couru après l’amour vrai, trois ans pendant lesquels elle n’a cessé de s’éteindre. Aujourd’hui, elle vit recluse, sans amis, sans famille, sans travail, dans une petite maison fissurée dont le jardin s’apparente à une jungle. Comment faire pour ne pas tomber et résister minute après minute à la tentation de faire marche arrière  ?
Sandrine Collette nous offre un roman viscéral sur l’obsession, servi par l’écriture brute et tendue qui la distingue.

 

 

L’enfant de la prochaine aurore de Louise ERDRICH

Roman 2021 – 416 p (traduit de l’anglo-américain)

Notre monde touche à sa fin. Dans le sillage d’une apocalypse biologique, l’évolution des espèces s’est brutalement arrêtée, et les États-Unis sont désormais sous la coupe d’un gouvernement religieux et totalitaire qui impose aux femmes enceintes de se signaler. C’est dans ce contexte que Cedar Hawk Songmaker, une jeune Indienne adoptée à la naissance par un couple de Blancs de Minneapolis, apprend qu’elle attend un enfant. Déterminée à protéger son bébé coûte que coûte, elle se lance dans une fuite éperdue, espérant trouver un lieu sûr où se réfugier. Se sachant menacée, elle se lance dans une fuite éperdue, déterminée à protéger son bébé coûte que coûte. Renouvelant de manière saisissante l’univers de l’auteure de LaRose et Dans le silence du vent, le nouveau roman de Louise Erdrich nous entraîne bien au-delà de la fiction, dans un futur effrayant où les notions de liberté et de procréation sont des armes politiques. En écho à La Servante écarlate de Margaret Atwood, ce récit aux allures de fable orwellienne nous rappelle la puissance de l’imagination, clé d’interprétation d’un réel qui nous dépasse.

 

Tout peut s’oublier de Olivier ADAM

Roman 2021 – 272 p

Un appartement vide : c’est ce que trouve Nathan quand il vient chercher son petit garçon chez son ex-femme. Très vite, il doit se rendre à l’évidence : Jun est rentrée au Japon, son pays natal, avec Léo. À l’incompréhension succède la panique : comment les y retrouver, quand tant d’ autres là-bas courent en vain après leurs disparus ? Et que faire de ces avertissements que lui adresse son entourage : même s’il retrouve leur trace, rien ne sera réglé pour autant ? Entre la Bretagne où il tente d’épauler Lise, elle aussi privée de son fils, et un Japon qu’il croyait connaître mais qu’il redécouvre sous son jour le plus cruel, Nathan se lance dans une quête effrénée. En retraçant l’itinéraire d’un père confronté à l’impensable, Olivier Adam explore la fragilité des liens qui unissent les parents et leurs enfants.

 

Le grand jeu de Graham SWIFT

Roman 2021 – 192 p.(traduit de l’anglais)

Un vent de magie souffle sur la jetée de Brighton au cœur de l’été 1959. C’est dans le théâtre de cette station balnéaire anglaise que se produisent chaque soir Jack Robbins, Ronnie Deane et Evie White. Cet époustouflant trio offre aux vacanciers du bord de mer un spectacle de variétés à nul autre pareil. Sur les planches, ils deviennent Jack Robinson, malicieux maître de cérémonie, Pablo le Magnifique, magicien hors pair, et Eve, sublime assistante au costume étincelant. Le succès ne se fait pas attendre et leur numéro se retrouve bientôt en haut de l’affiche. Le charme n’opère d’ailleurs pas uniquement sur scène : au fil de l’été, les deux amis succomberont l’un et l’autre à celui, irrésistible, d’Evie. Au risque de tout perdre. Avec délicatesse et maestria, Le grand jeu nous plonge dans les coulisses des spectacles de magie et redonne vie à une époque disparue. Graham Swift révèle une fois de plus son talent de conteur et livre une bouleversante histoire d’amour, de famille et de mystère.

 

Une saison douce de Milena AGUS

Roman 2021 – 176 p. (traduit de l’italien)

Dans un petit pays à l’intérieur des terres sardes, le Campidanese, rendu à la monoculture d’artichaut et aux mauvaises herbes, la vie des habitants se déroule sans trop de secousses, à l’abri des murs gris ciment des maisons rénovées. Un pays « perdu », sans plus aucune vocation, comme échoué, oublié du monde qui l’entoure. Jusqu’à ce qu’arrivent « les envahisseurs » : une poignée de migrants venus de loin et de volontaires qui les accompagnent, censés s’installer dans le Rudere, une maison abandonnée ouverte à tous les vents. Tout le monde est déconcerté, paysans et envahisseurs : « Ce n’est pas le bon endroit », répète-t-on dans les deux camps – l’un s’effraie d’une telle nouveauté tombée du ciel, l’autre se sent catapulté dans ce « coin perdu » où les trains ne s’arrêtent plus. Mais la vie, même quand elle semble glisser dans l’absurde, est toujours ouverte à l’avenir, dans un éternel « faire, défaire et refaire ». Et en cette saison imprévisiblement douce, grâce à cette étrange assemblée humaine, les potagers commencent à donner, le Rudere à se peupler et les émotions à se partager.

 

Cent ans de Laurelfield de Rebecca MAKKAI

Roman 2021 – 386 p. (tradiuit de l’anglo-américain)

1999 : Bienvenue à Laurelfield, vaste demeure du Midwest et partez à la rencontre de ses propriétaires ancestraux, les Devohr. Il y a Zee, une marxiste qui méprise la richesse de ses parents, tout en vivant dans leur maison avec son mari Doug ; sa mère Grace, qui prétend pouvoir tout savoir d’une personne en regardant ses dents ; et son beau-père Bruce, occupé à faire des réserves pour l’arrivée imminente de l’an 2000. Et puis il y a Violet, son arrière-grand-mère, qui se serait suicidée quelque part dans cette grande maison et dont le portrait est toujours accroché dans la salle à manger. 1955 : Grace et son mari violent George emménagent à Laurelfield. Rapidement, elle remarque des détails étranges qu’elle considère comme des présages d’événements à venir. Sa vie commence alors à changer…1929 : Laurelfield est une colonie d’artistes hétéroclite et bohèmes où se retrouve la fine fleur de la création artistique de l’époque. Le petit groupe passe son temps entre poursuites artistiques et débauche sous les yeux du portrait de Violet Devhor, qui hanterait les lieux.

 

La maison des hollandais de Ann PATCHETT

Roman 2021 – 320 p.(traduit de l’anglo-américain)

Danny Conroy grandit dans une somptueuse demeure en banlieue de Philadelphie. Malgré un père distant et une mère partie sans laisser d’adresse, il peut compter sur l’affection de sa sœur adorée, Maeve, l’intelligence et la drôlerie incarnées. Unis par un amour indéfectible, ils vivent sous l’œil attentif des “Hollandais”, les premiers propriétaires de la maison, figés dans les cadres de leurs portraits à l’huile. Jusqu’au jour où leur père leur présente Andrea, une femme plus intéressée par le faste de la bâtisse que par l’homme qui la possède. Ils ne le savent pas encore, mais pour Maeve et Danny c’est le début de la fin. Et une fois adultes, ils n’auront de cesse de revenir devant la Maison des Hollandais se heurter aux vitres d’un passé douloureux. À travers le destin de ces deux quasi-orphelins, Ann Patchett tisse un roman subtil et pénétrant sur les liens filiaux et les lieux de l’enfance qui tous nous hantent.

Le dernier enfant de Philippe BESSON

Roman 2021 – 208 p.

« Elle le détaille tandis qu’il va prendre sa place : les cheveux en broussaille, le visage encore ensommeillé, il porte juste un caleçon et un tee-shirt informe, marche pieds nus sur le carrelage. Pas à son avantage et pourtant d’une beauté qui continue de l’époustoufler, de la gonfler d’orgueil. Et aussitôt, elle songe, alors qu’elle s’était juré de se l’interdire, qu’elle s’était répété non il ne faut pas y songer, surtout pas, oui voici qu’elle songe, au risque de la souffrance, au risque de ne pas pouvoir réprimer un sanglot : c’est la dernière fois que mon fils apparaît ainsi, c’est le dernier matin. » Un roman tout en nuances, sobre et déchirant, sur le vacillement d’une mère le jour où son dernier enfant quitte la maison. Au fil des heures, chaque petite chose du quotidien se transforme en vertige face à l’horizon inconnu qui s’ouvre devant elle.

 

Belle Greene de Alexandra LAPIERRE

Roman 2021 – 544 p.

New York, dans les années 1900. Une jeune fille, que passionnent les livres rares, se joue du destin et gravit tous les échelons. Elle devient la directrice de la fabuleuse bibliothèque du magnat J. P. Morgan et la coqueluche de l’aristocratie internationale, sous le faux nom de Belle da Costa Greene. Belle Greene pour les intimes. En vérité, elle triche sur tout. Car la f lamboyante collectionneuse qui fait tourner les têtes et règne sur le monde des bibliophiles cache un terrible secret, dans une Amérique violemment raciste. Bien qu’elle paraisse blanche, elle est en réalité afro-américaine. Et, de surcroît, fille d’un célèbre activiste noir qui voit sa volonté de cacher ses origines comme une trahison. C’est ce drame d’un être écartelé entre son histoire et son choix d’appartenir à la société qui opprime son peuple que raconte Alexandra Lapierre. Fruit de trois années d’enquête, ce roman retrace les victoires et les déchirements d’une femme pleine de vie, aussi libre que déterminée, dont les stupéfiantes audaces font écho aux combats d’aujourd’hui.

 

Milkman de Anna BURNS

Roman 2021 – 352 p.(traduit de l’anglo-irlandais)

Bien que se déroulant dans une ville anonyme, Milkman s’inspire de la période des Troubles dans les années soixante-dix, qui ensanglanta la province britannique durant trente années. Dans ce roman écrit à la première personne, une jeune fille, non nommée excepté par le qualificatif de « sœur du milieu » – grande lectrice qui lit en marchant, ce qui attise la méfiance -, fait tout ce qu’elle peut pour empêcher sa mère de découvrir celui qui est son « peut-être-petit-ami » ainsi que pour cacher à tous qu’elle a croisé le chemin de Milkman qui la poursuit de ses assiduités. Mais quand son beau-frère se rend compte avant tout le monde de tous les efforts qu’elle fait et que la rumeur se met à enfler, sœur du milieu devient « intéressante ». C’est bien la dernière chose qu’elle ait jamais désirée. Devenir intéressante c’est attirer les regards, et cela peut être dangereux. Car Milkman est un récit fait de commérages, d’indiscrétions et de cancans, de silence, du refus d’entendre, et du harcèlement.

 

Dans l’ombre du loup de Olivier MERLE

Roman policier 2021 – 544 p.

Un flic pas comme les autres qui avance, pas à pas, dans l’ombre du loup… A Rennes, l’officier de police Hubert Grimm affronte une affaire obsédante : un notable, M. Kerdegat, personnage désagréable et méprisant, reçoit coups de téléphone et lettres anonymes. Il y a aussi cet homme en scooter qui semble traquer les moindres faits et gestes du chef d’entreprise. Jusqu’au jour où l’employée de maison des Kerdegat tombe, devant la demeure familiale, sur un corps découpé en morceaux. La tête du cadavre est introuvable… Cette fois, l’enquête prend un tour terrifiant. Hubert Grimm découvre les ramifications de ce qui n’était, au départ, qu’une sale histoire de corbeau : un club sadomasochiste, des messages codés, des mises en scène morbides. Et une famille décimée.Parfois, une seule affaire peut terrifier une ville entière

 

Rien ne t’efface de Michel BUSSI

Roman 2021 – 456 p.

2010. Maddi est médecin généraliste à Saint-Jean-de-Luz, une vie comblée avec Esteban, son fils de 10 ans. Ce jour d’été là, elle le laisse quelques minutes seul sur la plage. Quand elle revient, Esteban a disparu. 2020. Maddi a refait sa vie, et revient sur cette plage en pèlerinage. Au bord de l’eau, un enfant est là. Même maillot de bain, même taille, même corpulence, même coupe de cheveux. Elle s’approche. Le temps se fige. C’est Esteban, ou son jumeau parfait. Maddi n’a plus qu’une obsession, savoir qui est cet enfant. Il s’appelle Tom, il vit à Murol en Auvergne. Elle prend la décision de s’y installer. Plus Maddi espionne Tom, et plus les ressemblances avec Esteban paraissent inexplicables : mêmes passions, mêmes peurs… même tache de naissance. Jusqu’où sera-t-elle prête à aller pour découvrir la vérité, et sauver son enfant ?Ou ce garçon qui lui ressemble tant. Ce qu’elle ressent profondément, c’est que Tom est en danger. Et qu’elle seule peut le protéger.

 

L’ami arménien de Andrei MAKINE

Roman 2021 – 216 p.

Le narrateur, treize ans, vit dans un orphelinat de Sibérie à l’époque de l’empire soviétique finissant. Dans la cour de l’école, il prend la défense de Vardan, un adolescent que sa  pureté, sa maturité et sa fragilité désignent aux brutes comme  bouc-émissaire idéal. Il raccompagne chez lui son ami, dans le quartier dit du « Bout du diable » peuplé d’anciens prisonniers, d’aventuriers fourbus, de déracinés égarés «qui n’ont pour biographie que la géographie de leurs errances. » Il est accueilli là par une petite communauté de familles arméniennes venues soulager le sort de leurs proches transférés et emprisonnés en ce lieu, à 5 000 kilomètres de leur Caucase natal, en attente de jugement pour « subversion séparatiste et complot anti-soviétique » parce qu’ils avaient créé  une organisation clandestine se battant pour l’indépendance de l’Arménie. Le narrateur, garde du corps de Vardan, devient le sentinelle de sa vie menacée, car l’adolescent souffre de la « maladie arménienne » qui menace de l’emporter, et voilà que de proche en proche, le narrateur se trouve à son tour menacé et incarcéré, quand le creusement d’un tunnel pour une chasse au trésor, qu’il prenait pour un jeu d’enfants, est soupçonné par le régime d’être une participation active à une tentative d’évasion…

 

Le parfum des fleurs la nuit de Leila SLIMANI

Roman 2021 – 128 p.

Comme un écrivain qui pense que « toute audace véritable vient de l’intérieur », Leïla Slimani n’aime pas sortir de chez elle, et préfère la solitude à la distraction. Pourquoi alors accepter cette proposition d’une nuit blanche à la pointe de la Douane, à Venise, dans les collections d’art de la Fondation Pinault, qui ne lui parlent guère ? Autour de cette « impossibilité » d’un livre, avec un art subtil de digresser dans la nuit vénitienne, Leila Slimani nous parle d’elle, de l’enfermement, du mouvement, du voyage, de l’intimité, de l’identité, de l’entre-deux, entre Orient et Occident, où elle navigue et chaloupe, comme Venise à la pointe de la Douane, comme la cité sur pilotis vouée à la destruction et à la beauté, s’enrichissant et empruntant, silencieuse et raconteuse à la fois. C’est une confession discrète, où l’auteure parle de son père jadis emprisonné, mais c’est une confession pudique, qui n’appuie jamais, légère, grave, toujours à sa juste place : « Écrire, c’est jouer avec le silence, c’est dire, de manière détournée, des secrets indicibles dans la vie réelle ». C’est aussi un livre, intense, éclairé de l’intérieur, sur la disparition du beau, et donc sur l’urgence d’en jouir, la splendeur de l’éphémère. Leila Slimani cite Duras : « Écrire, c’est ça aussi, sans doute, c’est effacer. Remplacer. » Au petit matin, l’auteure, réveillée et consciente, sort de l’édifice comme d’un rêve, et il ne reste plus rien de cette nuit que le parfum des fleurs. Et un livre.

 

Les enfants sont rois de Delphine de VIGAN

Roman 2021 – 352 p.

« La première fois que Mélanie Claux et Clara Roussel se rencontrèrent, Mélanie s’étonna de l’autorité qui émanait d’une femme aussi petite et Clara remarqua les ongles de Mélanie, leur vernis rose à paillettes qui luisait dans l’obscurité. “ On dirait une enfant ”, pensa la première, “elle ressemble à une poupée”, songea la seconde.Même dans les drames les plus terribles, les apparences ont leur mot à dire. » À travers l’histoire de deux femmes aux destins contraires, Les enfants sont rois explore les dérives d’une époque où l’on ne vit que pour être vu. Des années Loft aux années 2030, marquées par le sacre des réseaux sociaux, Delphine de Vigan offre une plongée glaçante dans un monde où tout s’expose et se vend, jusqu’au bonheur familial.

 

 

… mais la vie continue de Bernard PIVOT

Autobiographie 2021 – 224 p.

Jadis, il était toujours pressé, il régnait sur le monde de la culture et il se sentait invincible. Aujourd’hui, à la retraite, c’est plus calme : les défaillances du corps, les anxiétés de l’âme, la peur de perdre ses vieux amis qui forment une bande de joyeux octogénaires. Une autre vie commence. Avec le plaisir de pouvoir enfin prendre son temps et le perdre. À travers ce narrateur qui lui ressemble comme deux gouttes de vieux bourgogne, Bernard Pivot raconte le grand âge à sa façon. Curiosité, lucidité, humour, c’est bien lui. Et c’est bien sa manière de proposer une petite leçon de gouvernance individuelle où chacun trouvera quelques recettes pour vieillir heureux.

 

Serge de Yasmina REZA

Roman 2021 – 240 p.

“Depuis qu’elle est morte, les choses se sont déréglées”. La mère, celle qui tenait “la baraque de bric et de broc” de la famille Popper vient de succomber au cancer. Elle expire dans sa chambre, achevée par l’arrivée d’un lit médicalisé, qui lui a “cloué le bec”. C’est Jean qui raconte. Dans cette famille juive non-pratiquante originaire de Hongrie, il est le fils du milieu, entre Serge, l’aîné, et Nana, la dernière de la fratrie. “Les derniers mots de notre mère ont été LCI”, raconte Jean. “C’était quatre jours après l’attentat du Marché de l’Avent à Vivange-sur-Sarre, LCI diffusait la cérémonie d’hommage aux victimes. La correspondante n’avait que le mot recueillement à la bouche, ce mot dépourvu de substance. La même fille a dit après quelques plans de confiseries et de boîtes peintes, ‘La vie reprend ses droits même si bien sûr plus rien ne sera comme avant’. Si connasse, a dit Serge, tout sera comme avant. En vingt-quatre heures.”

 

La vengeance m’appartient de Marie NDIAYE

Roman 2021 – 240 p.

Me Susane, quarante-deux ans, avocate récemment installée à Bordeaux, reçoit la visite de Gilles Principaux. Elle croit reconnaître en cet homme celui qu’elle a rencontré quand elle avait dix ans, et lui quatorze — mais elle a tout oublié de ce qui s’est réellement passé ce jour-là dans la chambre du jeune garçon. Seule demeure l’évidence éblouissante d’une passion. Or Gilles Principaux vient voir Me Susane pour qu’elle prenne la défense de sa femme Marlyne, qui a commis un crime atroce… Qui est, en vérité, Gilles Principaux ?

 

Le train des enfants de Viola ARDONNE

Roman 2021 – 304 p.(Traduit de l’italien)

Naples, 1946. Amerigo quitte son quartier pour monter dans un train. Avec des milliers d’autres enfants du Sud, il traversera toute la péninsule et passera quelques mois dans une famille du Nord : une initiative du parti communiste vouée à arracher les plus jeunes à la misère après le dernier conflit mondial. Loin de ses repères, de sa mère Antonietta et des ruelles de Naples, Amerigo découvre une autre vie. Déchiré entre l’amour maternel et sa famille d’adoption, quel chemin choisira-t-il ? S’inspirant de faits historiques, Viola Ardone raconte l’histoire poignante d’un amour manqué entre un fils et sa mère.

 

 

 

Ouvrages 2020

 

L’anomalie de Hervé LE TELLIER
Prix Goncourt 2020

Roman 2020 – 336 pages

En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris-New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte. Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai.
Roman virtuose où la logique rencontre le magique, L’anomalie explore cette part de nous-mêmes qui nous échappe.

Un alibi en béton de Peter MAY

Roman policier 2020 traduit de l’anglais – 361 pages

Lucie Martin avait disparu depuis 1989 lorsqu’un promeneur a découvert son corps dans un lac asséché par la canicule de 2003, à proximité de la demeure de ses parents, dans le Lot-et-Garonne. Étudiante à Bordeaux, elle travaillait pour une association d’aide à la réinsertion et y avait rencontré un ancien détenu charismatique, Régis Blanc, lequel est aujourd’hui incarcéré à Lannemezan pour le meurtre de trois prostituées qui travaillaient pour lui. Alors que le squelette de Lucie porte des stigmates rapprochant sa mort de celle de ces trois femmes, Enzo MacLeod reprend l’enquête qui n’est jamais parvenue à confondre avec certitude le serial-killer, protégé par un alibi en béton. Mais, à son insu, l’obstiné Écossais ouvre une boîte de Pandore qui non seulement ranime d’anciens fantômes depuis longtemps endormis mais place sa propre famille sous une incoercible menace.
Avec ce sixième opus de la série Assassins sans visages, Peter May confronte son héros enquêteur à l’insupportable vulnérabilité des pères.

Aria de Nazanine HOZAR

Roman 2020 traduit de l’anglais (Canada) – 522 pages

Téhéran, 1953. Par une nuit enneigée, Behrouz, humble chauffeur de l’armée, entend des pleurs monter d’une ruelle. Au pied d’un mûrier, il découvre une petite fille aux yeux bleus, âgée de quelques jours. Malgré la croyance populaire qui veut que les yeux clairs soient le signe du diable, il décide de la ramener chez lui, modifiant à jamais son destin et celui de l’enfant, qu’il nomme Aria.
Alors que l’Iran, pays puissant et prospère, sombre peu à peu dans les divisions sociales et religieuses, trois figures maternelles vont croiser la route d’Aria et l’accompagner dans les différentes étapes de sa vie : la cruelle Zahra – femme de Behrouz –, qui la rejette et la maltraite, la riche veuve Fereshteh qui l’adopte et lui offre un avenir, et la mystérieuse Mehri, qui détient les clefs de son passé.
À l’heure où le vent du changement commence à souffler sur l’Iran, Aria, désormais étudiante, tombe amoureuse de Hamlet, un jeune Arménien. Mais, lorsque la Révolution éclate, les espoirs des Iraniens sont rapidement balayés par l’arrivée au pouvoir de l’Ayatollah Khomeini et la vie d’Aria, comme celle du pays tout entier, s’en trouve à jamais bouleversée.

French exit : Une tragédie de mœurs de Patrick de WITT

Roman 2020 traduit de l’anglais (Canada) – 264 pages

Laissant derrière eux le lustre de l’Upper East Side et de lourds effluves de scandale assortis du spectre de la déchéance financière, Frances Price (veuve foutraque aussi séduisante qu’insupportable) et son fils Malcolm (archétype du loser) larguent les amarres, lestés de tout le cash encore à leur disposition, en compagnie de Small Frank, le chat (maussade réincarnation fossilisée du défunt mari, jadis l’avocat le plus retors d’Amérique).
Au terme d’une croisière en transatlantique marquée par la présence à bord d’une voyante exclusivement spécialisée dans la détection des trépas imminents, le trio débarque à Paris dans un modeste appartement qui prend bientôt des allures d’arche de Noé, accueillant un casting de personnages en mal d’amour, parmi lesquels un médecin et son caviste, un détective privé sommé de retrouver la voyante, elle-même priée d’entrer en contact avec le chat, sans oublier la truculente Mme Reynard, une expatriée américaine qui tutoie la démence. C’est entourée de cette communauté d’excentriques un rien envahissants que Frances met la dernière main à un plan aux allures de possible autodestruction… cependant que Small Frank tente vainement d’en finir avec l’existence.
Désopilante “tragédie de mœurs” en forme d’émouvantes tribulations œdipiennes, French Exit est aussi une satire allègrement givrée de la haute société américaine.

Stella de Takis WÜRGER

Roman 2020 traduit de l’allemand – 240 pages

Berlin, 1942. Friedrich, jeune Suisse installé à Berlin, rencontre Kristin dans une école d’art. Elle l’entraîne dans les folles nuits de la capitale, l’enivre de cognac dans des cabarets clandestins et lui donne son premier baiser. À ses côtés, la guerre semble bien lointaine. Mais un matin, la réalité le rattrape. Kristin frappe à sa porte, le visage tuméfié, lui avouant qu’elle ne lui a pas dit toute la vérité. Son vrai nom est Stella, elle est juive. La Gestapo l’a démasquée et l’oblige à conclure un pacte inhumain : dénoncer des juifs pour sauver sa famille. Ce roman inspiré de l’histoire vraie de Stella Goldschlag dresse le portrait d’une femme prise dans l’engrenage tragique de l’Histoire. 

Avant que j’oublie de Anne PAULY
Prix livre Inter 2020

Roman 2020 – 144 pages

Il y a d’un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un « gros déglingo », dit sa fille, un vrai punk avant l’heure. Il y a de l’autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixellisé de feue son épouse ; mon père, dit sa fille, qu’elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy et un monde anciennement rural et ouvrier. De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce père Janus, colosse fragile à double face. Capharnaüm invraisemblable, caverne d’Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Que disent d’un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d’érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ? Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos. Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d’outre-tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant. 

Fantaisie allemande de Philippe CLAUDEL

Roman 2020 – 120 pages

Philippe Claudel cite en exergue le si réaliste Thomas Bernhardt : « L’Allemagne a une haleine de gouffre. » Terrible formule qui trouve sa réalisation dans ce roman décomposé où les personnages reviennent, comme dans une ronde que même la mort ne peut interrompre. Un soldat (un déserteur ? un rescapé ?) croit trouver refuge et trouve la fin. Un homme âgé ressasse un passé qui n’en finit pas, et l’on apprend qu’il est le père de Viktor. Qui est Viktor ? Un soldat ou un salaud, ou les deux ? Une fille mal dégrossie, cruelle, maltraite le pensionnaire d’un hospice, mais qui est le plus cruel d’entre eux, puisque l’homme si paisible chantonne à son heure des marches nazies ? Le peintre expressionniste allemand Franz Marc est-il mort à Verdun en 1916 ou au contraire au cours de l’Aktion qui élimina les handicapés physiques et mentaux ? Qu’est-ce que la petite (« die Kleine ») va faire du cadavre carbonisé couché en gisant dans l’usine où elle s’égare et joue ?

Eugène et moi de Katherine PANCOL

Roman 2020 – 200 pages

Elles n’ont rien en commun, si ce n’est une féroce envie d’indépendance. Elles vont pourtant se lancer ensemble dans une aventure qui les mènera de Paris au Mexique puis à Saint-Tropez. De chaos en cahots, elles vont apprendre à devenir celles qu’elles ont envie d’être.
Katherine, la blonde et Eugène, la rousse n’ont rien en commun sauf leur vingt ans et un mot d’ordre : « sans risque la vie est trop triste ». À l’affût des moindres surprises de la vie, Eugène initie Katherine à la liberté la plus radicale. On tremble, on rit, on court derrière elles de Mexico à Paris et de Paris à Saint-Tropez en plein cœur des années 70.
Dans ce feuilleton illustré aussi trépidant que la cavale de Thelma et Louise, Katherine Pancol distille des souvenirs très personnels de sa jeunesse. À travers la folle énergie de ses personnages, s’affirment les convictions de cette grande romancière du féminin.

Impact de Olivier NOREK

Roman policier 2020 – 348 pages

Face au mal qui se propage et qui a tué sa fille
Pour les millions de victimes passées et les millions de victimes à venir
Virgil Solal entre en guerre, seul, contre des géants.

 

 

Chavirer de Lola LAFON

Roman 2020 – 344 pages

1984. Cléo, treize ans, qui vit entre ses parents une existence modeste en banlieue parisienne, se voit un jour proposer d’obtenir une bourse, délivrée par une mystérieuse Fondation, pour réaliser son rêve : devenir danseuse de modern jazz. Mais c’est un piège, sexuel, monnayable, qui se referme sur elle et dans lequel elle va entraîner d’autres collégiennes.
2019. Un fichier de photos est retrouvé sur le net, la police lance un appel à témoins à celles qui ont été victimes de la Fondation.
Devenue danseuse, notamment sur les plateaux de Drucker dans les années 1990, Cléo comprend qu’un passé qui ne passe pas est revenu la chercher, et qu’il est temps d’affronter son double fardeau de victime et de coupable.
Chavirer suit les diverses étapes du destin de Cléo à travers le regard de ceux qui l’ont connue tandis que son personnage se diffracte et se recompose à l’envi, à l’image de nos identités mutantes et des mystères qui les gouvernent.
Revisitant les systèmes de prédation à l’aune de la fracture sociale et raciale, Lola Lafon propose ici une ardente méditation sur les impasses du pardon, tout en rendant hommage au monde de la variété populaire où le sourire est contractuel et les faux cils obligatoires, entre corps érotisé et corps souffrant, magie de la scène et coulisses des douleurs.

Du côté des indiens de Isabelle CARRÉ

Roman 2020 – 352 pages

Ziad, 10 ans, ses parents, Anne et Bertrand, la voisine, Muriel, grandissent, chutent, traversent des tempêtes, s’éloignent pour mieux se retrouver. Comme les Indiens, ils se sont laissé surprendre ; comme eux, ils n’ont pas les bonnes armes. Leur imagination saura-t-elle changer le cours des choses ? La ronde vertigineuse d’êtres qui cherchent désespérément la lumière, saisie par l’œil sensible et poétique d’Isabelle Carré.

 

Les impatientes de Djaïli AMADOU AMAL
Prix Goncourt des Lycéens 2020

Roman 2020 – 240 pages

Trois femmes, trois histoires, trois destins liés.
Ce roman polyphonique retrace le destin de la jeune Ramla, arrachée à son amour pour être mariée à l’époux de Safira, tandis que Hindou, sa sœur, est contrainte d’épouser son cousin. Patience !
C’est le seul et unique conseil qui leur est donné par leur entourage, puisqu’il est impensable d’aller contre la volonté d’Allah. Comme le dit le proverbe peul : « Au bout de la patience il y a le ciel. » Mais le ciel peut devenir un enfer. Comment ces trois femmes impatientes parviendront-elles à se libérer ?
Mariage forcé, viol conjugal, consensus et polygamie : ce roman de Djaïli Amadou Amal brise les tabous en dénonçant la condition féminine au Sahel et nous livre un roman bouleversant sur la question universelle des violences faites aux femmes.
Née en 1975 dans l’extrême nord du Cameroun, Djaïli Amadou Amal est peule et musulmane. Mariée à 17 ans, elle a connu tout ce qui fait la difficulté de la vie des femmes au Sahel. C’est une conteuse hors pair.

La grande épreuve de Etienne de MONTETY
Grand Prix du Roman de l’Académie Française

Roman 2020 -306 pages

Un couple sans histoire, Laure et François Berteau. Leur fils adoptif, David, adolescent enjoué qui se pose des questions sur ses origines. Le père Georges Tellier, un prêtre qui s’arc-boute à sa foi, dans une Église qui s’étiole. Frédéric Nguyen, flic résolu à l’action et au silence, pour préserver sa vie privée. Hicham, que le goût du risque et de la frime finit par conduire en prison. Des remarques blessantes, de mauvaises rencontres. Une emprise croissante de l’islamisme et une colère de plus en plus radicale. Et tout se précipite. Vers cette petite église d’un village du Sud-Ouest de la France, la tragédie attire comme un aimant explosif des hommes que rien ne prédestinait à se rencontrer.
Le sujet de La Grande Épreuve nous concerne tous. La violence peut surgir au coin de la rue, comme ce fut le cas pour le père Hamel assassiné dans son église de Saint-Etienne du Rouvray. Etienne de Montety s’en inspire librement, en romancier. Car ce que seul un roman peut nous faire comprendre, par son souffle, ses échos et son irrésistible accélération, c’est la dimension inéluctable de tels événements. Le courage, la prudence, la peur, l’amour ou le désarroi, rien ne pourra arrêter une religion devenue folle.

Le sacre des impies de Ghislain GILBERTI

Roman policier 2020 – 651 pages

1995, Strasbourg voit éclore une organisation qui va mettre au point un système criminel étanche et sécurisé. L’enfance cauchemardesque de ses membres explique les raisons du Mal qui les ronge.
Borderline se dresse comme un seul homme, inéluctable, broyant les concurrences et les luttes internes. Est-il possible que l’officine ait enterré quelques secrets à sa création ?
2011, Cécile Sanchez, qui avait juré de ne plus jamais travailler sur cette affaire, est rattrapée par une conviction. C’est un dernier plongeon pour la commissaire qui va précipiter les événements. Après Sa Majesté des Ombres et Les Anges de Babylone, ce troisième et dernier tome de la Trilogie des Ombres emporte le lecteur dans le passé de ces monstres un peu trop humains et les nouveaux jours qui virent au cauchemar éveillé. Lors de ces allers-retours dans le temps, saura-t-elle mener la lutte contre les Anges déchus de la nouvelle Babylone sans perdre elle-même son âme ?
Avec ce huitième roman, Ghislain Gilberti ferme la subjuguante Trilogie des Ombres avec d’autant plus de violence qu’il nous embarque derrière la ligne jaune, dans le camp des impies, des damnés et des déchus. Ancien tireur de précision, il a quarante-trois ans, habite à Belfort avec ses trois enfants et se consacre à l’écriture.

Rachel et les siens de Metin ARDITI

Roman 2020 – 512 pages

Qui est Rachel, enfant qui aimait raconter des histoires, devenue une dramaturge acclamée sur toutes les grandes scènes du monde ?
Avec ses parents, des Juifs de Palestine, elle habite Jaffa au début du xxe siècle. Ils partagent leur maison avec les Khalifa, des Arabes chrétiens. Les deux familles n’en font qu’une, jusqu’à ce que l’Histoire s’en mêle. Conflits religieux, guerres… Dans les tempêtes, Rachel tient bon grâce à l’art, à sa vocation absolue pour le théâtre. Elle organise le monde sur scène, tandis que sa vie est agitée d’amours et de deuils, d’obstacles et d’exils. De Palestine en Turquie, de Turquie en France, elle affronte, intrépide, amoureuse, un monde hostile, créant une œuvre bouleversante.
Un inoubliable portrait de femme.

Une rose seule de Muriel BARBERY

Roman 2020 – 157 pages

Rose arrive au Japon pour la première fois. Son père, qu’elle n’a jamais connu, est mort en laissant une lettre à son intention, et l’idée lui semble assez improbable pour qu’elle entreprenne, à l’appel d’un notaire, un si lointain voyage. Accueillie à Kyōto, elle est conduite dans la demeure de celui qui fut, lui dit-on, un marchand d’art contemporain. Et dans cette proximité soudaine avec un passé confisqué, la jeune femme ressent tout d’abord amertume et colère. Mais Kyōto l’apprivoise et, chaque jour, guidée par Paul, l’assistant de son père, elle est invitée à découvrir une étrange cartographie, un itinéraire imaginé par le défunt, semé de temples et de jardins, d’émotions et de rencontres qui vont l’amener aux confi ns d’elle-même. Ce livre est celui de la métamorphose d’une femme placée au cœur du paysage des origines, dans un voyage qui l’emporte jusqu’à cet endroit unique où se produisent parfois les véritables histoires d’amour.

Les évasions particulières de Véronique OLMI

Roman 2020 – 512 pages

Elles sont trois sœurs, nées dans une famille catholique modeste à Aix-en-Provence. Sabine, l’aînée, rêve d’une vie d’artiste à Paris ; Hélène, la cadette, grandit entre son oncle et sa tante, des bourgeois de Neuilly-sur-Seine, et ses parents, des gens simples ; Mariette, la benjamine, apprend les secrets et les silences d’un monde éblouissant et cruel.
En 1970, dans cette société française qui change, où les femmes s’émancipent tandis que les hommes perdent leurs repères, les trois sœurs vont, chacune à sa façon, trouver comment vivre une vie à soi, une vie forte, loin de la morale, de l’éducation ou de la religion de l’enfance.
Cette saga familiale, qui nous entraîne de l’après Mai 68 à la grande nuit du 10 Mai 1981, est tout autant une déambulation tendre et tragique dans ce siècle que la chronique d’une époque où les consciences s’éveillent au bouleversement du monde et annoncent le chaos à venir.
Il fallait le talent de l’auteure de Bakhita pour en saisir le souffle épique et visionnaire, et la justesse intime.

Apeirogon de Colum McCANN
Prix du meilleur livre étranger

Roman 2020 traduit de l’anglais (Irlande) – 512 pages

Apeirogon, n.m. : figure géométrique au nombre infini de côtés.
Rami Elhanan est israélien, fils d’un rescapé de la Shoah, ancien soldat de la guerre du Kippour ; Bassam Aramin est palestinien, et n’a connu que la dépossession, la prison et les humiliations.
Tous deux ont perdu une fille. Abir avait dix ans, Smadar, treize ans.
Passés le choc, la douleur, les souvenirs, le deuil, il y a l’envie de sauver des vies.
Eux qui étaient nés pour se haïr décident de raconter leur histoire et de se battre pour la paix.
Afin de restituer cette tragédie immense, de rendre hommage à l’histoire vraie de cette amitié, Colum McCann nous offre une œuvre totale à la forme inédite ; une exploration tout à la fois historique, politique, philosophique, religieuse, musicale, cinématographique et géographique d’un conflit infini. Porté par la grâce d’une écriture, flirtant avec la poésie et la non-fiction, un roman protéiforme qui nous engage à comprendre, à échanger et, peut-être, à entrevoir un nouvel avenir.

Les graciées de Kiran MILLWOOD HARGRAVE

Roman 2020 traduit de l’anglais(Royaume Uni) – 400 pages

1617, Vardø, au nord du cercle polaire, en Norvège. Maren Magnus-datter, vingt ans, regarde depuis le village la violente tempête qui s’abat sur la mer. Quarante pêcheurs, dont son frère et son père, gisent sur les rochers en contrebas, noyés. Ce sont les hommes de Vardø qui ont été ainsi décimés, et les femmes vont désormais devoir assurer seules leur survie. Trois ans plus tard, Absalom Cornet débarque d’Écosse. Cet homme sinistre y brûlait des sorcières. Il est accompagné de sa jeune épouse norvégienne, Ursa. Enivrée et terrifiée par l’autorité de son mari, elle se lie d’amitié avec Maren et découvre que les femmes peuvent être indépendantes. Absalom, lui, ne voit en Vardø qu’un endroit où Dieu n’a pas sa place, un endroit hanté par un puissant démon.
Inspiré de faits réels, Les Graciées captive par sa prose, viscérale et immersive. Sous la plume de Kiran Millwood Hargrave, ce village de pêcheurs froid et boueux prend vie.

Le crépuscule et l’aube de Ken FOLLETT

Roman 2020 (traduit de l’anglais) – 851 pages

En l’an 997, à la fin du haut Moyen Âge, les Anglais font face à des attaques de Vikings qui menacent d’envahir le pays. En l’absence d’un État de droit, c’est le règne du chaos.
Dans cette période tumultueuse, s’entrecroisent les destins de trois personnages. Le jeune Edgar, constructeur de bateaux, voit sa vie basculer quand sa maison est détruite au cours d’un raid viking. Ragna, jeune noble normande insoumise, épouse par amour l’Anglais Wilwulf, mais les coutumes de son pays d’adoption sont scandaleusement différentes des siennes. Aldred, moine idéaliste, rêve de transformer sa modeste abbaye en un centre d’érudition de renommée mondiale. Chacun d’eux s’opposera au péril de sa vie à l’évêque Wynstan, prêt à tout pour accroître sa richesse et renforcer sa domination.
Dans cette extraordinaire épopée où se mêlent vie et mort, amour et ambition, violence, héroïsme et trahisons, Ken Follett, l’un des plus importants romanciers de notre temps, revient à Kingsbridge et nous conduit aux portes des Piliers de la Terre.

On ne touche pas de Ketty ROUF
Prix du premier roman 2020

Roman 2020 – 240 pages

Joséphine est prof de philo dans un lycée de Drancy. Elle mène sa vie entre Xanax, Tupperware en salle des profs, et injonctions de l’Éducation nationale qui lui ôtent le sentiment d’exister. Sauf que.
Chaque nuit, Joséphine devient Rose Lee. Elle s’effeuille dans un club de striptease aux Champs-Élysées. Elle se réapproprie sa vie, se réconcilie avec son corps et se met à adorer le désir des hommes et le pouvoir qu’elle en retire.
Sa vie se conjugue dès lors entre glamour et grisaille, toute-puissance du corps désiré et misère du corps enseignant.
Mais de jouer avec le feu, Rose Lee pourrait bien finir par se brûler les ailes.
Récit d’un affranchissement, réflexion bouleversante sur l’image de soi et le rapport à l’autre, ce premier roman hors norme de Ketty Rouf fait voler en éclats les préjugés sur le sexe et la société.

Betty de Tiffany McDANIEL
Prix du roman Fnac 2020 / Prix America du meilleur roman 2020

Roman 2020 traduit de l’américain – 720 pages

“Ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune, mais par-dessus tout, l’histoire qu’il raconte est, et restera à jamais, celle de la Petite Indienne.”
La Petite Indienne, c’est Betty Carpenter, née dans une baignoire, sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee. Lorsque les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, après des années d’errance, le paysage luxuriant de l’Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et sœurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture : elle confie sa douleur à des pages qu’elle enfouit sous terre au fil des années. Pour qu’un jour, toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler.
Betty raconte les mystères de l’enfance et la perte de l’innocence. À travers la voix de sa jeune narratrice, Tiffany McDaniel chante le pouvoir réparateur des mots et donne naissance à une héroïne universelle.

Le bowling du point du jour de Elizabeth McCRACKEN

Roman 2020 traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 464 pages

1900, Massachusetts. Le gardien du cimetière de la petite ville de Salford découvre une femme inconsciente près d’une tombe. Elle n’a dans son sac qu’une boule de bowling, une quille et sept kilos d’or. Très vite secourue par le gardien et un médecin de passage, la mystérieuse Bertha Truitt décide de rester à Salford. À la surprise de tous, elle ouvre un bowling qui devient rapidement le principal point de rencontre de Salford, y compris pour les femmes. Mais quand Bertha meurt dans un terrible accident, son passé refait soudain surface. Un jeune inconnu affirme en effet être son fils et revendique l’héritage du bowling…
Avec Le Bowling du Point du Jour, Elizabeth McCracken nous offre un grand roman américain, porté par une écriture malicieuse et peuplé d’excentriques aux destinées surprenantes.

Les secrets de ma mère de Jessie BURTON

Roman 2020 traduit de l’anglais – 512 pages

Un après-midi d’hiver de 1980, en plein coeur de Londres, Elise Morceau rencontre Constance Holden et tombe instantanément sous son charme. Connie, audacieuse et magnétique, est une écrivaine à succès dont le dernier roman va être adapté au cinéma par l’un des plus gros studios d’Hollywood. Elise suit Connie à Los Angeles, la ville par excellence du rêve et de l’oubli. Mais tandis que Connie s’enivre de l’énergie de cette nouvelle vie où tout le monde s’enveloppe de mensonges et tente d’atteindre les étoiles, Elise commence à perdre pied. Au cours d’une fastueuse soirée hollywoodienne, elle surprend une conversation qui l’entraînera à prendre une décision radicale qui pourrait bouleverser sa vie. Trois décennies plus tard, en 2017, Rose Simmons cherche des réponses sur sa mère, qui a disparu sans laisser de traces alors qu’elle n’était qu’un bébé. Rose a découvert que la dernière personne à l’avoir vue est Constance Holden, une écrivaine oubliée qui s’est retirée de la vie publique alors qu’elle était au sommet de sa gloire. Rose se retrouve irrépressiblement attirée sur la piste de Connie, en quête d’indices sur les secrets de son passé. Cette histoire lumineuse, au souffle romanesque puissant, nous emporte dans une quête d’identité remarquablement orchestrée.
Au travers de personnages énigmatiques et inoubliables, Jessie Burton nous dévoile les coulisses des milieux littéraire et cinématographique, ainsi que l’envers de la création artistique, de la fiction et de la maternité.

Fille de Camille LAURENS

Roman 2020 – 240 pages

Fille, nom féminin 1. Personne de sexe féminin considérée par rapport à son père, à sa mère. 2. Enfant de sexe féminin. 3. (Vieilli.) Femme non mariée. 4. Prostituée. Laurence Barraqué grandit avec sa soeur dans les années 1960 à Rouen. “Vous avez des enfants ? demande-t-on à son père. – Non, j’ai deux filles”, répond-il. Naître garçon aurait sans doute facilité les choses. Un garçon, c’est toujours mieux qu’une garce. Puis Laurence devient mère dans les années 1990. Etre une fille, avoir une fille : comment faire ? Que transmettre ? L’écriture de Camille Laurens atteint ici une maîtrise exceptionnelle qui restitue les mouvements intimes au sein des mutations sociales et met en lumière l’importance des mots dans la construction d’une vie.

Buveurs de vent de Franck BOUYSSE
Prix Jean Giono 2020

Roman 2020 – 400 pages

Ils sont quatre, nés au Gour Noir, cette vallée coupée du monde, perdue au milieu des montagnes. Ils sont quatre, frères et soeur, soudés par un indéfectible lien.
Marc d’abord, qui ne cesse de lire en cachette. Matthieu, qui entend penser les arbres. Puis Mabel, à la beauté sauvage. Et Luc, l’enfant tragique, qui sait parler aux grenouilles, aux cerfs et aux oiseaux, et caresse le rêve d’être un jour l’un des leurs.
Tous travaillent, comme leur père, leur grand-père avant eux et la ville entière, pour le propriétaire de la centrale, des carrières et du barrage, Joyce le tyran, l’animal à sang froid…
Dans une langue somptueuse et magnétique, Franck Bouysse, l’auteur de Né d’aucune femme, nous emporte au coeur de la légende du Gour Noir, et signe un roman aux allures de parabole sur la puissance de la nature et la promesse de  l’insoumission.

Héritage de Miguel BONNEFOY

Roman 2020 – 206 pages

La maison de la rue Santo Domingo à Santiago du Chili, cachée derrière ses trois citronniers, a accueilli plusieurs générations de la famille des Lonsonier. Arrivé des coteaux du Jura avec un pied de vigne dans une poche et quelques francs dans l’autre, le patriarche y a pris racine à la fin du XIXe siècle. Son fils Lazare, de retour de l’enfer des tranchées, l’habitera avec son épouse Thérèse, et construira dans leur jardin la plus belle des volières andines. C’est là que naîtront les rêves d’envol de leur fille Margot, pionnière de l’aviation, et qu’elle s’unira à un étrange soldat surgi du passé pour donner naissance à Ilario Da, le révolutionnaire.
Bien des années plus tard, un drame sanglant frappera les Lonsonier. Emportés dans l’œil du cyclone, ils voleront ensemble vers leur destin avec, pour seul héritage, la légende mystérieuse d’un oncle disparu.
Dans cette fresque éblouissante qui se déploie des deux côtés de l’Atlantique, Miguel Bonnefoy brosse le portrait d’une lignée de déracinés, dont les terribles dilemmes, habités par les blessures de la grande Histoire, révèlent la profonde humanité.
Miguel Bonnefoy est l’auteur de deux romans très remarqués, Le Voyage d’Octavio et Sucre noir. Ils ont tous deux reçu de nombreux prix et été traduits dans plusieurs langues.

Liv Maria de Julia KERNINON

Roman 2020 – 288 pages

Son nom est Liv Maria Christensen.
Elle fut l’enfant solitaire, la jeune fille fiévreuse, l’amoureuse du professeur d’été, l’orpheline et l’héritière, l’aventurière aux poignets d’or. Maintenant la voici mère et madone, installée dans une vie d’épouse. Mais comment se tenir là, avec le souvenir de toutes ces vies d’avant ? Faut-il mentir pour rester libre ?
Julia Kerninon brosse le portrait éblouissant d’une femme marquée à vif par un secret inavouable.  Et explore avec une grande justesse les détours de l’intime, les jeux de l’apparence et de la vérité.
Née en 1987 à Nantes, Julia Kerninon est l’une des voix importantes de la nouvelle génération d’autrices. Ses précédents livres ont été couronnés de nombreux prix, salués par la critique et traduits à l’étranger. Avec ce cinquième roman, elle affirme encore son talent.

Les Oxenberg & Les Bernstein de Catalin MIHULEAC

Roman 2020 traduit du roumain – 304 pages

« Ici repose pour l’éternité Joseph Bernstein, le rabbin des produits vintage. Si vous allez au Paradis, faites appel à lui pour une paire d’ailes bonnes et pas chères, story included. Si vous vous retrouvez en Enfer, des cornes et des sabots comme chez lui, vous n’en trouverez nulle part ». Voici une famille de Juifs américains, les Bernstein, qui a réussi à Washington DC dans les années 1990 grâce au commerce en gros de vêtements vintage. Persuadés que tout, désormais, des habits aux idées en passant par les sentiments, est plus ou moins de « seconde main », ils s’efforcent de ne voir dans le passé qu’une valeur ajoutée. Soixante ans plus tôt, de l’autre côté de l’Atlantique, les Oxenberg achèvent de se hisser parmi la bonne société de la ville de Iasi, dans l’étrange royaume de Roumanie. Jacques Oxenberg, dont on vante « les doigts beethovéniens », est le meilleur obstétricien de la région. Il vient d’offrir une auto à son épouse, laquelle lui a donné deux beaux enfants. Un gramophone égaye les soirées de leur jolie maison, mais dehors… les voix rauques de la haine commencent à gronder. Lorsque la riche Dora Bernstein et son fils Ben se rendront à Iasi, durant l’été de 2001, les deux histoires se rejoindront, entre secrets de famille et zones d’ombre de la mémoire collective.

Le sel de tous les oublis de Yasmina KHADRA

Roman 2020 – 256 pages

Lorsqu’une femme claque la porte et s’en va, elle emporte le monde avec elle. Adem Naït-Gacem l’apprend à ses dépens. Ne supportant pas le vide laissé par le départ de son épouse, l’instituteur abandonne ses élèves et, tel un don Quichotte des temps modernes, livré aux vents contraires de l’errance, quitte tout pour partir sur les chemins. Des rencontres providentielles jalonnent sa route : nain en quête d’affection, musicien aveugle au chant prophétique, vieux briscards, galériens convalescents et simples d’esprit le renvoient constamment aux rédemptions en lesquelles il refuse de croire. Jusqu’au jour où il est rattrapé par ses vieux démons.
À travers les pérégrinations d’un antihéros mélancolique, flanqué d’une galerie de personnages hors du commun, Yasmina Khadra nous offre une méditation sur la possession et la rupture, le déni et la méprise, et sur la place qu’occupent les femmes dans les mentalités obtuses.

Des baisers parfum tabac de Tayari JONES

Roman 2020 traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 376 pages

” Mon père, James Witherspoon, est bigame. ”
C’est par cette confession percutante que Dana Lynn Yarboro débute le récit d’une enfance pas comme les autres au sein de la communauté afro-américaine d’Atlanta, dans les années 1980. Bien que née quatre mois avant sa demi-sœur Chaurisse, Dana est pourtant l’enfant illégitime, fruit d’une union illicite. L’une est un secret à qui James rend visite une fois par semaine tandis que l’autre mène une vie stable auprès de ses deux parents, inconsciente de son privilège. L’une sait, l’autre pas. Et lorsque leurs chemins respectifs finissent par se croiser, on assiste à la naissance d’une amitié vouée à exploser.
À travers la stupéfiante histoire de la mystification d’un homme, de la complicité d’une famille et de deux sœurs, chacune tentant de trouver sa voie, Tayari Jones signe un texte éblouissant d’humanité. Si la colère, la jalousie et l’amertume hantent les pages de ce roman, elles débordent surtout d’amour. Ici pas de gagnants, juste des survivants, et un inoubliable portrait de famille sur trois générations, qui devient, au fil des ramifications, celui de tous les Noirs d’Amérique…

La brodeuse de Winchester de Tracy CHEVALIER

Roman 2020 traduit de l’anglais – 352 pages

Winchester, 1932. Violet Speedwell, dactylo de trente-huit ans, fait partie de ces millions de femmes restées célibataires depuis que la guerre a décimé toute une génération de fiancés potentiels. “Femme excédentaire”, voilà l’étiquette qu’elle ne se résigne pas à porter, à une époque où la vie des femmes est strictement régentée. En quittant une mère acariâtre, Violet espérait prendre son envol, mais son maigre salaire lui permet peu de plaisirs et son célibat lui attire plus de mépris que d’amis. Le jour où elle assiste à un curieux office à la cathédrale, elle est loin de se douter que c’est au sein d’un cercle de brodeuses en apparence austère – fondé par la véritable Louisa Pesel – qu’elle trouvera le soutien et la créativité qui lui manquent. En se liant d’amitié avec l’audacieuse Gilda, Violet découvre aussi que la cathédrale abrite un tout autre cercle, masculin cette fois, dont Arthur, sonneur de cloches, semble disposé à lui dévoiler les coulisses. A la radio, on annonce l’arrivée d’un certain Hitler à la tête de l’Allemagne.

La famille Martin de David FOENKINOS

Roman 2020240 pages

“J’avais du mal à écrire ; je tournais en rond. Mes personnages me procuraient un vertige d’ennui. J’ai pensé que n’importe quel récit réel aurait plus d’intérêt. Je pouvais descendre dans la rue, arrêter la première personne venue, lui demander de m’offrir quelques éléments biographiques, et j’étais à peu près certain que cela me motiverait davantage qu’une nouvelle invention. C’est ainsi que les choses ont commencé. Je me suis vraiment dit : tu descends dans la rue, tu abordes la première personne que tu vois, et elle sera le sujet de ton livre”.

L’intimité de Alice FERNEY

Roman 2020 – 368 pages

Alexandre et Ada forment un couple heureux et s’apprêtent à accueillir un enfant. À l’heure de partir à la maternité, Ada confie son premier-né à leur voisine Sandra, une célibataire qui a décidé de longue date qu’elle ne serait pas mère. Après cette soirée décisive, la libraire féministe garde un attachement indéfectible au jeune garçon et à sa famille. Quelques années plus tard, sur un site de rencontres, Alexandre fait la connaissance d’Alba, enseignante qui l’impressionne par sa beauté lisse et sa volonté de fer…
Sandra, Alexandre, Alba – sur ces trois piliers, Alice Ferney construit son roman : en révélant les aspirations, les craintes, les opinions, les hésitations, les choix de ces personnages, elle orchestre une polyphonie où s’illustrent les différentes manières de former un couple, d’être un parent, de donner (ou non) la vie. S’amusant à glisser des dialogues philosophiques dans une comédie de mœurs, alternant les points de vue pour déplier toutes les réalités d’un projet ou d’une certitude, elle ausculte magistralement une société qui sans cesse repousse les limites de la nature et interroge celles de l’éthique pour satisfaire au bonheur individuel et familial.

Une évidence trompeuse de Craig JOHNSON

Roman policier 2020 traduit de l’américain  – 416 pages

Un accident apparemment banal, en marge d’un rassemblement de motards dans le Wyoming, laisse un jeune homme entre la vie et la mort. Mais l’affaire semble partir en roue libre pour Walt Longmire et Henry Standing Bear, appelés sur les lieux, tant le gang de motards auquel appartenait le jeune homme se fait menaçant. Pour ne rien arranger, la mère de la victime, l’extravagante Lola, n’est autre qu’une ex-petite amie de Henry et garde un ascendant certain sur lui. Dans la confusion qui s’ensuit, Walt et Henry, aidés par Vic, se raccrochent aux faits indubitables. Mais un témoignage qui paraît vrai ne l’est pas forcément, car comme le dit si bien Sherlock Holmes “il n’y a rien de plus trompeur qu’une évidence”. 

Glory de Elizabeth WETMORE

Roman 2020 traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 320 pages

4 février 1976, jour de la Saint-Valentin. Dans la ville pétrolière d’Odessa, à l’ouest du Texas, Gloria Ramirez, quatorze ans, apparaît sur le pas de la porte de Mary Rose Whitehead.
L’adolescente est brisée, victime d’un crime brutal. La nouvelle de l’événement se répand dans la petite ville… Ici, c’est dans les bars et les églises que l’on juge les délits avant qu’ils ne soient portés devant un tribunal. Mais quand la justice se dérobe, des voix habituellement tues s’élèvent soudain : celles des femmes.
Roman choral de l’Ouest américain et des grandes étendues, Glory, puissant et envoûtant, nous plonge dans les tréfonds de l’âme pour mieux dévoiler une beauté mordante et lumineuse. 

Le disparu de Larvik de Jorn Lier HORST

Roman policier 2020 traduit du norvégien – 329 pages

À Larvik, l’été est là. Six mois se sont écoulés depuis la disparition de Jens Hummel et son taxi sans qu’aucun indice n’ait permis de faire avancer l’enquête de Wisting. Sa fille, Line, est revenue s’installer dans cette jolie ville côtière, à deux pas de chez lui, et elle profite de son congé maternité pour retaper la maison qu’elle vient d’acheter.
Coup sur coup, deux événements surviennent qui offrent à Wisting une nouvelle piste à suivre. Mais les fils que son équipe et lui tirent viennent fragiliser une autre affaire dont le procès doit commencer sous peu. Affrontant les réticences de sa hiérarchie, et malgré l’imminence de l’accouchement de Line, Wisting suit jusqu’au bout son instinct de flic.
Ancien inspecteur de police, Jørn Lier Horst connaît parfaitement les rouages du système judiciaire. Vendu à plusieurs millions d’exemplaires à travers le monde et traduit dans dix-huit langues et vingt-six pays, il est considéré comme le digne héritier d’Henning Mankell. Le disparu de Larvik est la quatrième enquête de William Wisting publiée à la Série Noire.

Poison Florilegium de Annalena McAFEE

Roman 2020 traduit de l’anglais  – 304 pages

Aux frontières du thriller et de la satire sur le monde de l’art et ses excès, ce roman porté par une écriture à la fois subtile et brillante dresse aussi le portrait bouleversant d’une femme au bord du gouffre.
À la fin des années 1970, Eve Laing, jeune peintre talentueuse, débarque à New York avec la ferme intention de devenir la prochaine Andy Warhol. Débordante d’énergie, elle fréquente les soirées enfiévrées du Lower East Side et les concerts punk, découvre les drogues, les amitiés intenses et l’amour libre.
Des décennies plus tard, il ne reste plus grand-chose de cette folle liberté et de ce chaos créatif. À presque soixante ans, Eve s’ennuie dans sa belle maison londonienne auprès de son mari Kristof et de son petit-fils. Bien décidée à prouver au monde qu’elle est toujours une grande artiste, elle se lance dans son ultime chef-d’œuvre, une peinture monumentale intitulée Poison Florilegium.
Aidée par son nouvel assistant Luka, un jeune homme à la beauté troublante et au comportement presque trop parfait, Eve retrouve enfin l’exaltation du processus créatif et se sent revivre. Mais, de plus en plus obsédée par son travail, elle ne va pas tarder à perdre pied… 

Nature humaine de Serge JONCOUR
Prix Femina 2020

Roman 2020 – 400 pages

La France est noyée sous une tempête diluvienne qui lui donne des airs, en ce dernier jour de 1999, de fin du monde. Alexandre, reclus dans sa ferme du Lot où il a grandi avec ses trois soeurs, semble redouter davantage l’arrivée des gendarmes. Seul dans la nuit noire, il va revivre la fin d’un autre monde, les derniers jours de cette vie paysanne et en retrait qui lui paraissait immuable enfant. Entre l’homme et la nature, la relation n’a cessé de se tendre. A qui la faute ? Dans ce grand roman de “la nature humaine”, Serge Joncour orchestre presque trente ans d’histoire nationale où se répondent jusqu’au vertige les progrès, les luttes, la vie politique et les catastrophes successives qui ont jalonné la fin du XXe siècle, percutant de plein fouet une famille française. En offrant à notre monde contemporain la radiographie complexe de son enfance, il nous instruit magnifiquement sur notre humanité en péril. A moins que la nature ne vienne reprendre certains de ses droits…

Comme un empire dans un empire de Alice ZENITER

Roman 2020 – 400 pages

Il s’appelle Antoine. Elle se fait appeler L. Il est assistant parlementaire, elle est hackeuse. Ils ont tous les deux choisi de consacrer leur vie à un engagement politique, officiellement ou clandestinement. Le roman commence à l’hiver 2019. Antoine ne sait que faire de la défiance et même de la haine qu’il constate à l’égard des politiciens de métier et qui commence à déteindre sur lui. Dans ce climat tendu, il s’échappe en rêvant d’écrire un roman sur la guerre d’Espagne. L vient d’assister à l’arrestation de son compagnon, accusé d’avoir piraté une société de surveillance, et elle se sait observée, peut-être même menacée. Antoine et L vont se rencontrer autour d’une question : comment continuer le combat quand l’ennemi semble trop grand pour être défait ? Dans ce grand roman de l’engagement, Alice Zeniter met en scène une génération face à un monde violent et essoufflé, une génération qui cherche, avec de modestes moyens mais une contagieuse obstination, à en redessiner les contours. L’auteure s’empare audacieusement de nos existences ultracontemporaines qu’elle transfigure en autant de romans sur ce que signifie, aujourd’hui, faire de la politique.

Histoires de la nuit de Laurent MAUVIGNIER

Roman 2020 – 634 pages

Il ne reste presque plus rien à La Bassée : un bourg et quelques hameaux, dont celui qu’occupent Bergogne, sa femme Marion et leur fille Ida, ainsi qu’une voisine, Christine, une artiste installée ici depuis des années.
On s’active, on se prépare pour l’anniversaire de Marion, dont on va fêter les quarante ans. Mais alors que la fête se profile, des inconnus rôdent autour du hameau. 

Histoire du fils de Marie-Hélène LAFON
Prix Renaudot 2020

Roman 2020 – 170 pages

Le fils, c’est André. La mère, c’est Gabrielle. Le père est inconnu. André est élevé par Hélène, la sœur de Gabrielle, et son mari. Il grandit au milieu de ses cousines. Chaque été, il retrouve Gabrielle qui vient passer ses vacances en famille. Entre Figeac, dans le Lot, Chanterelle ou Aurillac, dans le Cantal, et Paris, Histoire du fils sonde le cœur d’une famille, ses bonheurs ordinaires et ses vertiges les plus profonds, ceux qui creusent des galeries dans les vies, sous les silences. Avec ce nouveau roman, Marie-Hélène Lafon confirme la place si particulière qu’elle occupe aujourd’hui dans le paysage littéraire français.

Les roses fauves de Carole MATINEZ

Roman 2020 – 352 pages

“Peu après la sortie de mon premier roman, Le cœur cousu, une lectrice m’a raconté une coutume espagnole dont j’ignorais l’existence : dans la sierra andalouse où étaient nées ses aïeules, quand une femme sentait la mort venir, elle brodait un coussin en forme de cœur qu’elle bourrait de bouts de papier sur lesquels étaient écrits ses secrets. À sa mort, sa fille aînée en héritait avec l’interdiction absolue de l’ouvrir. J’ai métamorphosé cette lectrice en personnage. Lola vit seule au-dessus du bureau de poste où elle travaille, elle se dit comblée par son jardin. Dans son portefeuille, on ne trouve que des photos de ses fleurs et, dans sa chambre, trône une armoire de noces pleine des cœurs en tissu des femmes de sa lignée espagnole. Lola se demande si elle est faite de l’histoire familiale que ces cœurs interdits contiennent et dont elle ne sait rien. Sommes-nous écrits par ceux qui nous ont précédés ? Il faudrait déchirer ces cœurs pour le savoir…”C.M.
Carole Martinez, formidable conteuse, libère ses personnages morts et vivants et nous embarque à leur suite dans un monde épineux où le merveilleux côtoie le réel et où poussent des roses fauves.

Un crime sans importance de Irène FRAIN
Prix Interallié

Roman 2020 – 256 pages

” Les faits. Le peu qu’on en a su pendant des mois. Ce qu’on a cru savoir. Les rumeurs, les récits. Sur ce meurtre, longtemps, l’unique certitude fut la météo. Ce samedi-là, il a fait beau. Dans les commerces et sur les parkings des hypermarchés, on pointait le ciel, on parlait d’été indien. Certains avaient ressorti leur bermuda et leurs tongs. Ils projetaient d’organiser des barbecues dans leur jardin.
L’agresseur, a-t-on assuré, s’est introduit dans la maison de l’impasse en plein jour. On ignore à quelle heure. Pour trancher, il faudrait disposer du rapport du policier qui a dirigé les investigations. Malheureusement, quatorze mois après les faits, il ne l’a toujours pas rendu. ”
Face à l’opacité de ce fait divers qui l’a touchée de près – peut-être l’œuvre d’un serial killer –, Irène Frain a reconstitué l’envers d’une ville de la banlieue ordinaire. Pour conjurer le silence de sa famille, mais aussi réparer ce que la justice a ignoré. Un crime sans importance est un récit taillé comme du cristal, qui mêle l’intime et le social dans des pages tour à tour éblouissantes, drôles ou poignantes. 

Sublime royaume de Yaa Gyasi

Roman 2020 traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 374 pages

“Maman je t’en supplie, dis-je en twi. Je te supplie d’arrêter. Je te supplie de te réveiller. Je te supplie de vivre.”
Gifty, américaine d’origine ghanéenne, est une jeune chercheuse en neurologie qui consacre sa vie à ses souris de laboratoire. Mais du jour au lendemain, elle doit accueillir chez elle sa mère, très croyante, qui n’est plus que l’ombre d’elle-même et reste enfermée dans sa chambre. Au fil de souvenirs d’enfance émouvants, Gifty s’interroge sur sa passion pour la science si opposée aux croyances de sa mère et de ses ancêtres. Sublime Royaume raconte les difficultés d’avoir une peau noire en Amérique, et le choc des générations au sein d’une famille issue de l’immigration.
Un deuxième roman qui confirme l’immense talent de Yaa Gyasi dont la plume si subtile prend toujours une force incroyable.

La naissance d’un père d’Alexandre LACROIX

Roman 2020 – 461 pages

« La paternité est la grande affaire de ma vie adulte. Elle a occupé une large partie de mon temps. Mon premier enfant est né quand j’avais vingt-cinq ans ; mon cinquième quand j’en avais quarante-deux. Quatre garçons, une fille. De deux mères différentes.
J’ai attendu que le cycle des naissances s’achève pour raconter cette expérience. J’en ressentais le désir depuis longtemps. Les romanciers, les intellectuels, s’ils évoquent souvent leurs pères, restent très discrets sur leur propre paternité. En un sens, je les comprends. Écrire sur ses enfants, c’est prendre le risque de la partialité. Et puis, comment alimenter le romanesque avec des petits pots ?
À mesure que j’avançais dans l’écriture, j’ai pourtant eu la sensation de relater une épopée. Dans les romans de chevalerie, il y a des duels, des moments lumineux et violents où l’on joue sa peau – comme lors d’un accouchement. Il y a des épreuves aussi – et s’occuper de ses enfants, c’est en affronter sans cesse. Il faut écarter les dangers autour d’eux, en traçant une route.
Si la filiation est une expérience épique, c’est encore qu’elle nous confronte à notre propre mort. Nos enfants sont ce que nous laissons sur Terre après nous. Dans la logique des choses, ils se trouveront réunis autour de notre cercueil. Mais cela n’a rien de triste. À mesure que nous vieillissons, nous transférons sur eux notre amour de la vie. » A. L. 

Étés anglais / La saga des Cazalet I de Elizabeth Jane HOWARD

Roman 2020 traduit de l’anglais – 576 pages

Juillet 1937. À Home Place, au coeur du Sussex, jardiniers, femmes de chambre et cuisinière sont sur le pont. La Duche orchestre le ballet des domestiques avant l’arrivée de ses trois fils, Hugh, Edward et Rupert Cazalet, en chemin depuis Londres avec épouses, enfants et gouvernantes. Où dormira Clary, adolescente mal dans sa peau en plein conflit avec sa belle-mère ? Quelle robe portera Villy, ancienne ballerine désormais mère au foyer ? Polly, terrorisée à l’idée qu’une guerre éclate, s’entendra-t-elle avec sa cousine Louise qui rêve de devenir actrice ? Rachel, la seule fille de la Duche, trouvera-t-elle un moment pour ouvrir la précieuse lettre de son amie Sid ? Non-dits, chamailleries, profonds chagrins… Aux préoccupations des adultes font écho les inquiétudes des enfants, et à la résilience des femmes, qu’elles soient épouses, fillettes ou domestiques, répond la toute-puissance – ou l’impuissance – des hommes. L’été regorge d’incertitudes mais, sans l’ombre d’un doute, une nouvelle guerre approche : entre pique-niques sur la plage et soirées auprès du gramophone, il faudra inventorier lits de camp et masques à gaz.

Lumière d’été, puis vient la nuit de Jón Kalman STEFÁNSSON

Roman 2020 traduit de l’islandais – 320 pages

Dans un petit village des fjords de l’ouest, les étés sont courts. Les habitants se croisent au bureau de poste, à la coopérative agricole, lors des bals. Chacun essaie de bien vivre, certains essaient même de bien mourir. Même s’il n’y a ni église ni cimetière dans la commune, la vie avance, le temps réclame son dû.
Pourtant, ce quotidien si ordonné se dérègle parfois : le retour d’un ancien amant qu’on croyait parti pour toujours, l’attraction des astres ou des oiseaux, une petite robe en velours sombre, ou un chignon de cheveux roux. Pour certains, c’est une rencontre fortuite sur la lande, pour d’autres le sentiment que les ombres ont vaincu – il suffit de peu pour faire basculer un destin.
Et parfois même, ce sont les fantômes qui s’en mêlent…
En huit chapitres, Jón Kalman Stefánsson se fait le chroniqueur de cette communauté dont les héros se nomment Davíð, Sólrún, Jónas, Ágústa, Elísabet ou Kristín, et plonge dans le secret de leurs âmes. Une ronde de désirs et de rêves, une comédie humaine à l’islandaise, et si universelle en même temps. Lumière d’été, puis vient la nuit charme, émeut, bouleverse. 

Les émotions de Jean-Philippe TOUSSAINT

Roman 2020 – 237 pages

Lorsque Jean Detrez, qui travaille à la Commission européenne, a commencé à s’intéresser de manière professionnelle à l’avenir, il s’est rendu compte qu’il y avait une différence abyssale entre l’avenir public et l’avenir privé. La connaissance, ou l’exploration, de l’avenir public, relève de la prospective, qui constitue une discipline scientifique à part entière, alors que la volonté, ou le fantasme, de connaître son propre avenir relève du spiritisme ou de la voyance. Mais a–t-on toujours envie de savoir ce que nous réservent les prochains jours ou les prochaines semaines, a-t-on toujours envie de savoir ce que nous deviendrons dans un futur plus ou moins éloigné, quand on sait que ce qui peut nous arriver de plus stupéfiant, le matin, quand on se lève, c’est d’apprendre qu’on va mourir dans la journée ou qu’on va vivre une nouvelle aventure amoureuse ou sexuelle dans les heures qui viennent  

Nickel boys de Colson WHITEHEAD
Prix Pulitzer

Roman 2020 traduit de l’américain – 272 pages

Dans la Floride ségrégationniste des années 1960, le jeune Elwood Curtis prend très à coeur le message de paix de Martin Luther King. Prêt à intégrer l’université pour y faire de brillantes études, il voit s’évanouir ses rêves d’avenir lorsque, à la suite d’une erreur judiciaire, on l’envoie à la Nickel Academy, une maison de correction qui s’engage à faire des délinquants des « hommes honnêtes et honorables ». Sauf qu’il s’agit en réalité d’un endroit cauchemardesque, où les pensionnaires sont soumis aux pires sévices. Elwood trouve toutefois un allié précieux en la personne de Turner, avec qui il se lie d’amitié. Mais l’idéalisme de l’un et le scepticisme de l’autre auront des conséquences déchirantes.
Couronné en 2017 par le prix Pulitzer pour Underdground Railroad puis en 2020 pour Nickel Boys, Colson Whitehead s’inscrit dans la lignée des rares romanciers distingués à deux reprises par cette prestigieuse récompense, à l’instar de William Faulkner et John Updike. S’inspirant de faits réels, il continue d’explorer l’inguérissable blessure raciale de l’Amérique et donne avec ce nouveau roman saisissant une sépulture littéraire à des centaines d’innocents, victimes de l’injustice du fait de leur couleur de peau.

Le palais des orties de Marie NIMIER

Roman 2020 -272 pages

Quelque part en France, une campagne modeste, un peu défigurée. Au fond d’une vallée, à quelques kilomètres d’un village, des hangars recouverts de tôles mangées par la rouille, une ferme où tout serait à reconstruire. Autour, des champs d’orties. Nora et Simon vivent là avec leurs deux enfants. Ce n’est au départ ni un choix ni un rêve. Ils gagnent leur vie avec une plante que tout le monde arrache. L’ambiance est gaie, plutôt. On se serre les coudes. On est loin du bon vieux temps, loin des exploitations à grande échelle, loin de l’agriculture bio et raisonnée. C’est la débrouille. Et puis, un jour, arrive une jeune fille avec son sac à dos. Frederica. Fred fait du woofing. Contre le gîte et le couvert, elle offre ses bras. Le Palais des Orties est un roman d’amour et de métamorphoses, le récit d’une passion brûlante. 

Alabama 1963 de Ludovic MANCHETTE et Christian NIEMIEC

Roman 2020 – 384 pages

Birmingham, Alabama, 1963. Le corps sans vie d’une fillette noire est retrouvé. La police s’en préoccupe de loin. Mais voilà que d’autres petites filles noires disparaissent…
Bud Larkin, détective privé bougon, alcoolique et raciste, accepte d’enquêter pour le père de la première victime.
Adela Cobb, femme de ménage noire, jeune veuve et mère de famille, s’interroge : ” Les petites filles, ça disparaît pas comme ça… ”
Deux êtres que tout oppose. A priori.
Sous des airs de polar américain, Alabama 1963 est avant tout une plongée captivante dans les États-Unis des années 1960, sur fond de ségrégation, de Ku Klux Klan et d’assassinat de Kennedy.

Quand un fils nous est donné de Donna LEON

Roman policier 2020 traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 324 pages

Le commissaire Brunetti n’aime pas mêler travail et famille, alors quand son beau-père le comte Falier lui demande une faveur, il est bien tracassé. Un de ses meilleurs amis, Gonzalo Rodríguez de Tejeda, a l’intention d’adopter son jeune amant, afin de lui léguer son immense fortune le jour venu. Méfiant, le comte exhorte son gendre peu motivé à mener l’enquête sur le jeune homme.
C’est alors que Gonzalo s’écroule raide mort dans la rue. Peu de temps après, une de ses amies, tout juste arrivée à Venise pour lui rendre hommage, est retrouvée étranglée dans sa chambre d’hôtel. Désormais forcé de prendre l’affaire en main, Brunetti va lentement mais sûrement démêler les fils de la vie mystérieuse de Gonzalo, dévoilant ainsi des secrets de famille qui risquent fort de causer plus de mal que de bien.
Une formidable nouvelle enquête du commissaire Brunetti qui nous plonge dans l’univers impitoyable des Vénitiens les plus fortunés.

La dame du Ritz de Mélanie BENJAMIN

Roman 2020 traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 397 pages

Rien ne peut arriver au Ritz : dans ce temple du luxe qui autorise les caprices les plus farfelus, le prestige protège de tout. Même du pire, pense-t-on avant que l’armée allemande n’occupe Paris en juin 1940. Les hauts dignitaires nazis, dont Hermann Göring, investissent l’hôtel ; les portiers élégants sont remplacés par des soldats aux portes d’entrée. L’insouciance cède à la peur.
Pour Blanche Auzello, l’épouse du directeur du Ritz, cette réalité est insupportable. La Dame du Ritz, une américaine rebelle et intrépide, n’est pas femme à se résigner. Mais comment faire ? Dans le palace où le bruit des bottes étouffe désormais les rires, Blanche comprend que sa seule issue est le mensonge. D’autant qu’elle cache  un secret qui pourrait mettre sa vie et celle de son époux en danger, mais aussi ternir la légende du Ritz…
Avec le talent qui a fait le succès des Cygnes de la Cinquième avenue, Melanie Benjamin, s’inspirant de faits réels, nous plonge dans les coulisses du Ritz sous l’Occupation avec ce roman étincelant, portrait d’une femme inoubliable.

Les enquêtes du département V : Victime 2117 (Volume 8) de Jussi ADLER-OLSEN

Roman policier 2020 – 572 pages

Le journal en parle comme de la « victime 2117 » : une réfugiée qui, comme les deux mille cent seize autres qui l’ont précédée cette année, a péri en Méditerranée dans sa tentative désespérée de rejoindre l’Europe.
Mais pour Assad, qui œuvre dans l’ombre du Département V de Copenhague depuis dix ans, cette mort est loin d’être anonyme. Elle le relie à son passé et fait resurgir de douloureux souvenirs.
Il est temps pour lui d’en finir avec les secrets et de révéler à Carl Mørck et à son équipe d’où il vient et qui il est. Au risque d’entraîner le Département V dans l’oeil du cyclone.
Qui est Assad ? Victime 2117 est la réponse. Cette enquête est son histoire.

Aires de Marcus MALTE

Roman 2020 – 487 pages

Ils sont sur l’autoroute, chacun perdu dans ses pensées. La vie défile, scandée par les infos, les faits divers, les slogans, toutes ces histoires qu’on se raconte – la vie d’aujourd’hui, souvent cruelle, parfois drôle, avec ses faux gagnants et ses vrais loosers. Frédéric, lanceur d’alerte devenu conducteur de poids lourds, Catherine, qui voudrait gérer sa vie comme une multinationale du CAC 40, l’écrivain sans lecteurs en partance pour « Ailleurs », ou encore Sylvain, débiteur en route pour Disneyland avec son fils… Leurs destins vont immanquablement finir par se croiser.
Un roman caustique qui dénonce, dans un style percutant à l’humour ravageur, toutes les dérives de notre société, ses inepties, ses travers, ses banqueroutes. Et qui vise juste – une colère salutaire, comme un direct au cœur.

La femme révélée de Gaëlle NOHANT

Roman 2020 – 381 pages

Paris, 1950. Eliza Donnelley se cache dans un hôtel modeste sous le nom de Violet Lee. Elle a brusquement abandonné les beaux quartiers de Chicago, un mari fortuné et son petit garçon, n’emportant qu’une valise, son Rolleiflex et une photo de son fils. Pourquoi s’est-elle enfuie, au risque de tout perdre ?
Dans un Paris qui redécouvre la lumière après les années grises, la secrète Violet tente de se réinventer. À travers l’objectif de son appareil photo, elle apprivoise la ville, saisit les visages des humbles, des invisibles. Et, découvrant une indépendance nouvelle, elle se laisse traverser par le souffle d’une passion. Mais comment supporter d’être traquée, déchirée par la douleur de l’exil ? Et surtout, comment se pardonner l’abandon d’un fils ?
Des souvenirs de la guerre encore brûlants aux injustices raciales, de la vieille Europe où tout semble possible aux États-Unis en pleine ébullition politique et sociale, une odyssée vers la modernité. En luttant pour sa liberté, pour la liberté, Violet gagnera le droit de vivre en artiste et en accord avec ses convictions. Jusqu’au jour où, vingt ans plus tard, se profile un possible retour…
Par la grâce de son écriture ample et sensible, Gaëlle Nohant crée un monde intense, vibrant d’humanité.

Les magnolias de Florent OISEAU

Roman 2020 – 219 pages

– Caramel
– Pompon
– Cachou…
Il y a des gens, dans la vie, dont l’unique préoccupation semble d’imaginer des noms de poneys. Alain est de ceux-là. Sa carrière d’acteur au point mort – depuis qu’il en a joué un, dans un polar de l’été, sur TF1 –, le quarantenaire disperse ses jours. Chez Rosie en matinée – voluptés de camionnette – et le dimanche aux Magnolias – où sa grand-mère s’éteint doucement. On partage une part de quatre-quarts, sans oublier les canards, et puis Mamie chuchote :
« J’aimerais que tu m’aides à mourir » Autant dire à vivre… La seconde d’après, elle a déjà oublié. Pas Alain. Tant pis pour les poneys : il vient de trouver là, peut-être, un rôle à sa portée…
Dans la lignée de Je vais m’y mettre et de Paris-Venise, Florent Oiseau brosse un nouveau portrait de loser magnifique – une parenthèse en Renault Fuego où valsent sandwiches aux flageolets, secrets de famille et cuites à la vieille prune, pour l’amour d’une grand-mère.

Briser en nous la mer gelée de Erik ORSENNA

Roman 2020 – 451 pages

Voici l’histoire d’un amour fou.
Et voici une lettre, une longue lettre envoyée à Madame la Juge, Vice-Présidente aux affaires familiales.
En nous divorçant, Suzanne et moi, le 10 octobre 2011, elle a soupiré : « Dommage, je sentais beaucoup d’amour en vous. »
Comme elle avait raison !
Mais pour nous retrouver, pour briser en nous la mer gelée, il nous aura fallu voyager.
Loin en nous-mêmes, pour apprendre à ne plus trembler.
Et loin sur la planète, jusqu’au Grand Nord, vers des territoires d’espions d’autant plus invisibles que vêtus de blanc, dans la patrie des vieux chercheurs d’or et des trésors perdus, refuge des loutres de mer, des libraires slavophiles et des isbas oubliées.
Le saviez-vous ? Tout est Géographie.
Qu’est-ce qu’un détroit, par exemple le détroit de Béring ? Un bras de mer resserré entre deux continents.
À l’image exacte de l’amour.
Et c’est là, entre deux îles, l’une américaine et l’autre russe, c’est là que court la ligne de changement de date.
Après L’Exposition coloniale, après Longtemps, l’heure était revenue pour moi de m’embarquer pour la seule exploration qui vaille : aimer.

La loi du rêveur de Daniel PENNAC

Roman 2020 – 166 pages

L’ampoule du projecteur a explosé en plein Fellini. Minne et moi regardions Amarcord du fond de notre lit.
– Ah ! Non ! Merde !
J’ai flanqué une chaise sur une table et je suis monté à l’assaut pour changer l’ampoule carbonisée. Explosion sourde, la maison s’est éteinte, je me suis cassé la figure avec mon échafaudage et ne me suis pas relevé.
Ma femme m’a vu mort au pied du lit conjugal.
De mon côté je revivais ma vie. Il paraît que c’est fréquent. Mais elle ne se déroulait pas exactement comme je l’avais vécue.

City of windows de Robert POBI

Roman policier 2020 traduit de l’anglais (Canada) – 503 pages

Tempête de neige à New York : un agent du FBI est tué par un sniper. Incapables de comprendre d’où le tir est parti, les enquêteurs se tournent vers le seul homme qui puisse résoudre l’énigme, Lucas Page. Ce professeur d’astrophysique, Asperger de haut niveau, a quitté le FBI dix ans plus tôt, gravement blessé. Mais son talent surnaturel pour décrypter les scènes de crime est intact. Il se lance dans l’enquête alors que le serial sniper frappe et frappe encore…
Le diabolique Robert Pobi, au meilleur de sa forme, signe un polar addictif et époustouflant de suspense. Lucas Page entre d’emblée dans le cercle des enquêteurs de légende.

Anne-Marie La Beauté de Yasmina REZA

Roman 2020 – 93 pages

Elle s’enduisait de la vieille crème de huit heures d’Elizabeth Arden. Tu pues le camphre Gigi, je disais. Elle répondait c’est un aphrodisiaque, la pauvre Au temps du Théâtre de Clichy, j’étais sa seule amie. Les autres étaient jalouses Les hommes tournicotaient comme des mouches. Elle tombait amoureuse plusieurs fois par mois. À vingt-trois ans elle s’est trouvée enceinte. Pendant deux jours on s’est cassé la tête pour savoir quoi faire et puis elle a dit, allez hop je le garde. Ça ne l’intéressait pas de connaître le père : de toute façon il me fera chier.

Ville nouvelle de Agnès RIVA

Roman 2020 – 242 pages

Début des années 1990, Chrystelle, 19 ans, vient de perdre son père qui lui a laissé un deux-pièces dans une résidence d’une ville nouvelle. Elle s’y installe avec son petit ami Luc, embauché par la mairie comme urbaniste. Chrystelle, inscrite à la fac, tente de prendre ses marques dans le quartier en attendant la rentrée universitaire. Elle rencontre ses voisins et se lie d’amitié avec Nadia, trentenaire, mère de trois enfants. Mais Chrystelle délaisse vite ses études pour traîner avec un groupe de jeunes communistes dont l’un d’entre eux, Thierry, vit dans une cité-jardin.
Dans cet appartement typique des années 1970 débute sa vie nouvelle. Chrystelle se demande si elle a fait les bons choix…

Ne quittez pas ! de Marie SIZUN

Roman 2020 – 235 pages

Après le Prix de la nouvelle de l’Académie française pour Vous n’avez pas vu Violette ?, Marie Sizun revient au genre avec ce nouveau recueil consacré au téléphone. Son usage est devenu si naturel que nous oublions de nous étonner de son mystère et de la force de son implication dans nos vies. C’est à cette redécouverte que nous invite Marie Sizun à la faveur d’une quarantaine de courtes histoires empruntées à notre quotidien, tour à tour légères ou graves, drôles ou cruelles, instants de vie saisis sur le vif de l’émotion.
Amants heureux ou malheureux, vieux solitaires, filles à la recherche de leur mère, de leur père, comédien en attente de rôle, si divers que soient ses personnages, l’auteure pose sur eux un regard dont la lucidité se nuance toujours de tendresse et de poésie.
Ne quittez pas, on parle de vous !
Ne quittez pas ! est le douzième livre de Marie Sizun.

Celle qui pleurait sous l’eau de Niko TACKIAN

Roman policier 2020 – 243 pages

Si Clara n’avait pas aimé cet homme, elle serait toujours en vie.
Aujourd’hui, Clara n’est plus qu’un dossier sur le bureau de Tomar Khan. On vient de la retrouver morte, flottant dans le magnifique bassin Art Déco d’une piscine parisienne. Le suicide paraît évident.
Tomar est prêt à fermer le dossier, d’autant qu’il est très préoccupé par une enquête qui le concerne et se resserre autour de lui. Mais Rhonda, son adjointe, veut comprendre pourquoi une jeune femme aussi lumineuse et passionnée en est venue à mettre fin à ses jours. Elle sent une présence derrière ce geste.
Pas après pas, Rhonda va remonter jusqu’à la source de la souffrance de Clara. Il lui faudra beaucoup de ténacité – et l’appui de Tomar – pour venir à bout de cette enquête bouleversante.
Qui rendra justice à celle qui pleurait sous l’eau ?

Les inconsolés de Minh TRAN HUY

Roman 2020 – 313 pages

Entre Lise et Louis, la rencontre produit des étincelles dignes des romans et des films que la jeune fille, rétive aux renoncements de l’âge adulte, confond parfois avec la vie. Leur histoire – le premier amour – se déroule tel un conte. Mais comme dans un conte, elle est rapidement minée par la petite musique de l’enfance mal aimée, le refrain des rapprochements impossibles, des différences infranchissables. Et bientôt la nuit des malédictions envahit le rose des rêveries romantiques.
Nimbé d’un mystère qui de page en page s’épaissit, Les Inconsolés est une histoire de fantômes et de vengeance, où l’on retrouve le talent délicat et têtu de Minh Tran Huy pour la navigation de l’eau qui dort – dont chacun sait qu’il faudrait s’en méfier.
Il y a l’élan vers l’amour fou, l’irrésistible faim d’aimer – et d’être aimé, enfin -, les blessures de l’enfance, le poids des origines et les émerveillements de la jeunesse. Il y a aussi cette manière toute personnelle, à la fois sincère et ironique, de pousser les clichés jusqu’à leur paroxysme, jusqu’à en extraire toute la vérité, en révéler le tranchant, les dangers.
Entre thriller romantique et conte de fées cruel, ligotant l’une à l’autre naïveté et lucidité, le nouveau roman de l’auteur de La Double Vie d’Anna Song nous livre aux vénéneux tentacules du malentendu.

Harpo de Fabio VISCOGLIOSI

Roman 2020 – 165 pages

Une aventure inédite d’Harpo Marx, qui débute lors d’une tournée théâtrale en Union soviétique avant de bifurquer brutalement au volant d’une Torpédo bleu pâle dans un ravin de Haute-Ardèche, à l’hiver 1933. Une odyssée de poche de l’icône du cinéma américain devenu, un temps, probable vagabond amnésique sur les routes de France.
« À ce propos, on a reçu ce matin des nouvelles de l’Est, par télégramme, Harpo a bel et bien quitté Moscou comme prévu, le 6 de ce mois, l’ambassade est formelle. Par ailleurs, on ne signale aucun incident particulier sur la ligne ferroviaire. C’est donc au Havre, à la descente du train, que sa trace se fond dans le paysage. Le chief detective réfléchit en allumant une nouvelle Chesterfield. Il déambule dans le bureau et vient se chauffer les fesses contre le radiateur en fonte. Voilà une affaire qui l’émoustille, un tableau vaporeux à souhait, sfumato, comme il les aime. La difficulté le stimule, mieux, le rassure. À présent, il l’affirme, poing serré, on va le retrouver, pour sûr – Harpo Marx, tout de même, ce n’est pas n’importe qui. »

Une machine comme moi de Ian McEWAN

Roman 2020 traduit de l’anglais – 385 pages

Londres, 1982. Dans un monde qui ressemble à s’y méprendre au nôtre, quelques détails dissonent : les Beatles sont toujours au complet, les Anglais ont perdu la guerre des Malouines et le chercheur Alan Turing est encore en vie. Grâce à lui, les prouesses technologiques sont inouïes et les avancées scientifiques en matière d’intelligence artificielle fulgurantes. C’est ainsi que Charlie fait l’acquisition d’un « Adam », un androïde doté de l’intelligence artificielle la plus perfectionnée qui soit. Adam ressemble beaucoup à un humain, sait faire la conversation, écrit des poèmes et proclame son amour pour Miranda, la compagne de Charlie. En dépit de la jalousie que cette déconcertante situation induit, le trio vit en bonne entente, insensible aux catastrophes économiques et sociales qui bouleversent l’Angleterre après l’assassinat du Premier ministre et la possibilité d’une sortie de l’Union européenne. Mais Adam et ses semblables ont été conçus pour respecter les règles et ne parviennent pas à accepter les imperfections du monde – notamment le mensonge. La situation va alors se compliquer au sein de cet inquiétant ménage à trois.
Dans ce roman subtil et subversif, à l’humour noir et à la pertinence redoutable, Ian McEwan explore le danger de créer ce que l’on ne peut contrôler, et pose une question mélancolique : Si nous construisions une machine qui puisse lire dans nos coeurs, pourrions-nous vraiment espérer qu’elle aime ce qu’elle y trouve ?

Les optimistes de Rebecca MAKKAI

Roman 2020 traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 554 pages

À Chicago, dans les années 1980, au cœur du quartier de Boystown, Yale Tishman et sa bande d’amis – artistes, activistes, journalistes ou professeurs… – vive
nt la vie libre qu’ils s’étaient toujours imaginée. Lorsque l’épidémie du sida frappe leur communauté, les rapports changent, les liens se brouillent et se transforment. Peu à peu, tout s’effondre autour de Yale, et il ne lui reste plus que Fiona, la petite sœur de son meilleur ami Nico.
Révélant un immense talent, Rebecca Makkai brosse le sublime portrait de personnages brisés qui, au milieu du chaos, n’auront pourtant de cesse de trouver la beauté et l’espoir.
Lauréat de la Andrew Carnegie Medal et finaliste du National Book Award et du prix Pulitzer, Les Optimistes a déjà conquis des dizaines de milliers de lecteurs aux États-Unis et ailleurs.

Miroir de nos peines de Pierre LEMAITRE

Roman 2020 – 544 pages

Avril 1940. Louise, trente ans, court, nue, sur le boulevard du Montparnasse. Pour comprendre la scène tragique qu’elle vient de vivre, elle devra plonger dans la folie d’une période sans équivalent dans l’histoire où la France toute entière, saisie par la panique, sombre dans le chaos, faisant émerger les héros et les salauds, les menteurs et les lâches… Et quelques hommes de bonne volonté.
Il fallait toute la verve et la générosité d’un chroniqueur hors pair des passions françaises pour saisir la grandeur et la décadence d’un peuple broyé par les circonstances.
Secret de famille, grands personnages, puissance du récit, rebondissements, burlesque et tragique… Le talent de Pierre Lemaitre, prix Goncourt pour Au revoir là-haut, est ici à son sommet.
“Un nouveau coup de Lemaitre” Le Figaro Littéraire

La rumeur de Lesley KARA

Roman policier 2020 traduit de l’anglais – 371 pages

Un simple sujet de conversation… Pour s’intégrer et devenir l’une des leurs.
Joanna ne pensait pas à mal en répétant la rumeur entendue devant les grilles de l’école : Sally McGowan, accusée dans les années 1960 d’avoir poignardé un petit garçon alors qu’elle n’avait que dix ans, serait revenue habiter dans la ville de Flinstead sous une autre identité.
Mais ces quelques mots enflamment la tranquille station balnéaire et ravivent le traumatisme laissé par ce meurtre épouvantable. Pour enrayer cette machine infernale, Joanna ne voit qu’une solution : enquêter pour découvrir la vérité. Mais le danger est déjà si proche…

Le service des manuscrits de Antoine LAURAIN

Roman 2020 – 214 pages

« À l’attention du service des manuscrits. »
C’est accompagnés de cette phrase que des centaines de romans écrits par des inconnus circulent chaque jour vers les éditeurs.
Violaine Lepage est, à 44 ans, l’une des plus célèbres éditrices de Paris. Elle sort à peine du coma après un accident d’avion, et la publication d’un roman arrivé au service des manuscrits, Les Fleurs de sucre, dont l’auteur demeure introuvable, donne un autre tour à son destin. Particulièrement lorsqu’il termine en sélection finale du prix Goncourt et que des meurtres similaires à ceux du livre se produisent dans la réalité.
Qui a écrit ce roman et pourquoi ? La solution se trouve dans le passé. Dans un secret que même la police ne parvient pas à identifier.

Dry Bones de Craig JOHNSON

Roman policier 2019 traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 352 pages

Le squelette d’un T-Rex est découvert dans le comté d’Absaroka. Mais le propriétaire des terres, Danny Lone Elk, est retrouvé mort. Le shérif Walt Longmire, aidé de ses amis Lucian Connally et Henry Standing Bear, se lance à la recherche du coupable tandis que des agents du FBI s’intéressent à l’affaire.

 

Papa de Régis JAUFFRET

Roman 2020 – 199 pages

19 septembre 2018, j’aperçois dans un documentaire sur la police de Vichy mon père sortant menotté entre deux gestapistes de l’immeuble marseillais où j’ai passé toute mon enfance. Ils semblent joyeux alors que le visage de mon père exprime la terreur. D’après le commentaire, ces images ont été tournées en 1943. Non seulement mon père n’a de sa vie parlé de cet incident mais je n’ai jamais entendu dire par personne qu’il avait eu affaire à l’occupant.
Moi, le conteur, le raconteur, l’inventeur de des tinées, il me semble soudain avoir été conçu par un personnage de roman.
R. J.

L’héritage de Cassandra de Anna JACOBS

Roman 2020 traduit de l’anglais (Australie) – 384 pages

Après Le Destin de Cassandra et Cassandra et ses sœurs, le dernier volet d’une saga mettant en scène deux sœurs en quête de liberté et d’indépendance dans l’Australie du XIXe siècle.
1866. Dans l’arrière-pays australien où il n’a pas plu depuis des mois, Maia et Xanthe Blake, 27 ans, les deux sœurs cadettes de Cassandra, abordent un tournant de leur vie.
Maia, gouvernante dans une propriété, est amoureuse de son patron. Mais ce dernier est marié… Xanthe, de son côté, n’a qu’une idée : voyager et retrouver son Lancashire natal.
Les jumelles, qui ont toujours vécu ensemble, parviendront-elles à prendre la bonne décision ? Quitte à accepter d’être séparées ? À moins que l’arrivée d’un inconnu ne chamboule leurs projets…
Le destin, parfois, peut vous transporter bien au-delà vos rêves.
« Avec cette saga se déroulant à l’époque de l’Australie des pionniers, Anna Jacobs signe une série mémorable ! »

La soustraction des possibles de Joseph INCARDONA

Roman policier 2020 – 386 pages

On est à la fin des années 80, la période bénie des winners. Le capitalisme et ses champions, les Golden Boys de la finance, ont gagné : le bloc de l’Est explose, les flux d’argent sont mondialisés. Tout devient marchandise, les corps, les femmes, les privilèges, le bonheur même. Un monde nouveau s’invente, on parle d’algorithmes et d’OGM.
À Genève, Svetlana, une jeune financière prometteuse, rencontre Aldo, un prof de tennis vaguement gigolo. Ils s’aiment mais veulent plus. Plus d’argent, plus de pouvoir, plus de reconnaissance. Leur chance, ce pourrait être ces fortunes en transit. Il suffit d’être assez malin pour se servir. Mais en amour comme en matière d’argent, il y a toujours plus avide et plus féroce que soi.
De la Suisse au Mexique, en passant par la Corse, Joseph Incardona brosse une fresque ambitieuse, à la mécanique aussi subtile qu’implacable.

Le monde n’existe pas de Fabrice HUMBERT

Roman 2020 – 246 pages

« Autrefois, j’avais un ami. Je l’ai rencontré il y a bien longtemps, par un jour d’hiver, sautant de sa voiture et grimpant quatre à quatre les marches du lycée Franklin. C’est le souvenir le plus vivace que j’aie de lui, une impression inégalable d’éclat et de beauté. Figé sur les marches, rempli d’admiration et de honte, j’étais égaré dans ma condition de “nouveau”, égaré en moi-même. Il m’a sauvé – des autres, de ma propre jeunesse. Des années plus tard, alors que cet homme était devenu une image détestée, j’ai tenté de le sauver. J’aurais aimé qu’on sache qui il était vraiment. »
Lorsque Adam Vollmann, journaliste au New Yorker, voit s’afficher un soir sur les écrans de Times Square le portrait d’un homme recherché de tous, il le reconnaît aussitôt : il s’agit d’Ethan Shaw. Le bel Ethan, qui vingt ans auparavant était la star du lycée et son seul ami, est accusé d’avoir violé et tué une jeune Mexicaine. Refusant de croire à sa culpabilité, Adam retourne à Drysden, où ils se sont connus, pour mener l’enquête. Mais à mesure qu’il se confronte au passé, toutes ses certitudes vacillent…
Roman haletant et réflexion virtuose sur la puissance du récit, Le monde n’existe pas interroge jusqu’au vertige une société aveuglée par le mensonge, où réalité et fiction ne font qu’un.

Les services compétents de Iegor GRAN

Roman 2020 – 304 pages

« Moscou, 1965. – Ah ! si on avait mis moins de temps à pister Siniavski ! C’est sûr que sa femme ferait moins l’arrogante. Quand une affaire traîne depuis 1959… On perd en crédibilité. Ainsi pense, en me tenant dans ses bras, le lieutenant du KGB Evgueni Feodorovitch Ivanov, venu faire une perquisition chez ma mère – j’avais neuf mois. »

Je te suivrai en Sibérie de Irène FRAIN

Roman 2019 – 476 pages

Après Marie Curie et Simone de Beauvoir, Irène Frain se tourne vers une héroïne qui fascina les romantiques : Pauline Geuble, amoureuse rebelle d’un insurgé décabriste. Partie sur ses traces en Russie, Irène Frain en reviendra hantée par une femme d’exception, étonnante de courage, de force et de passion.
Pauline est de ces femmes qui brisent les obstacles.
Risque-tout, elle quitte sa Lorraine natale à la fin de l’épopée napoléonienne pour rejoindre Moscou où, simple vendeuse de mode, elle est courtisée par un richissime aristocrate. Ivan Annenkov est un fervent admirateur de la France des Lumières et un farouche adversaire du servage. Il appartient à une société secrète qui rêve de renverser le tsar. Le complot échoue, les Décembristes sont déportés en Sibérie. Ivan aurait été promis à mourir dans l’oubli le plus total si Pauline, comme sept autres femmes de condamnés, n’avait décidé de le rejoindre. La petite bande, qui deviendra légendaire, soutient si bien les conjurés qu’ils relèvent la tête et fondent, derrière les murs de leur prison, une minirépublique à la française…
Qui était au juste cette Pauline qui croisa les hommes les plus célèbres de son temps, de Dumas à Dostoïevski, qu’elle fascina ? Irène Frain a suivi ses traces depuis la Lorraine jusqu’à la Transbaïkalie. Elle ressuscite son équipée et brosse avec feu et sensibilité le portrait d’une amoureuse endiablée.

Vie de Gérard Fulmard de Jean ECHENOZ

Roman 2020 – 235 pages

La carrière de Gé
rard Fulmard n’a pas assez retenu l’attention du public. Peut-être était-il temps qu’on en dresse les grandes lignes.
Après des expériences diverses et peu couronnées de succès, Fulmard s’est retrouvé enrôlé au titre d’homme de main dans un parti politique mineur où s’aiguisent, comme partout, les complots et les passions.
Autant dire qu’il a mis les pieds dans un drame. Et croire, comme il l’a fait, qu’il est tombé là par hasard, c’est oublier que le hasard est souvent l’ignorance des causes.

La fabrique du crétin digital : les dangers des écrans pour nos enfants de Michel DESMURGET

Essai 2019 – 425 pages

La consommation du numérique sous toutes ses formes – smartphones, tablettes, télévision, etc. – par les nouvelles générations est astronomique. Dès 2 ans, les enfants des pays occidentaux cumulent chaque jour presque 3 heures d’écran. Entre 8 et 12 ans, ils passent à près de 4 h 45. Entre 13 et 18 ans, ils frôlent les 6 h 45. En cumuls annuels, ces usages représentent autour de 1000 heures pour un élève de maternelle (soit davantage que le volume horaire d’une année scolaire), 1700 heures pour un écolier de cours moyen (2 années scolaires) et 2400 heures pour un lycéen du secondaire (2,5 années scolaires).
Contrairement à certaines idées reçues, cette profusion d’écrans est loin d’améliorer les aptitudes de nos enfants. Bien au contraire, elle a de lourdes conséquences : sur la santé (obésité, développement cardio-vasculaire, espérance de vie réduite…), sur le comportement (agressivité, dépression, conduites à risques…) et sur les capacités intellectuelles (langage, concentration, mémorisation…). Autant d’atteintes qui affectent fortement la réussite scolaire des jeunes.
« Ce que nous faisons subir à nos enfants est inexcusable. Jamais sans doute, dans l’histoire de l’humanité, une telle expérience de décérébration n’avait été conduite à aussi grande échelle », estime Michel Desmurget. Ce livre, première synthèse des études scientifiques internationales sur les effets réels des écrans, est celui d’un homme en colère. La conclusion est sans appel : attention écrans, poisons lents !

Love Me Tender de Constance DEBRE

Roman 2020 – 192 pages

« Je ne vois pas pourquoi l’amour entre une mère et un fils ne serait pas exactement comme les autres amours. Pourquoi on ne pourrait pas cesser de s’aimer. Pourquoi on ne pourrait pas rompre. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s’en foutre, une fois pour toutes, de l’amour »
Constance Debré poursuit sa quête entamée avec Play Boy, celle du sens, de la vie juste, de la vie bonne. Après la question de l’identité se pose la question de l’autre et de l’amour sous toutes ses formes, de l’amour maternel aux variations amoureuses. Faut-il, pour être libre, accueillir tout ce qui nous arrive ? Faut-il tout embrasser, jusqu’à nos propres défaites ? Peut-on renverser le chagrin ?

La mère morte de Blandine DE CAUNES

Roman 2020 – 220 pages

Une mère, âgée mais indépendante, se trompe de jour, de lieu de rendez-vous avec ses filles, achète des objets superflus et coûteux, oublie dans le coffre de sa voiture les fruits de mer bretons, et se lève la nuit, croyant partir pour une destination inconnue.
Cela pourrait être drôle, si ce n’était une maladie mentale due à l’âge, et surtout si cette femme si confuse n’était pas la romancière Benoîte Groult, la mère de l’auteure de ce livre d’une force rare. Benoîte Groult, luttant, jouant avec sa propre fin, mais refusant avec rage de céder à la fatalité et à la vieillesse, elle qui a été une militante de l’association « Pour le droit de mourir dans la dignité ». Voici la femme intime, plus que la femme publique, ici telle qu’on ne la connaît pas, et qui écrivait : « Dans la vie, deux mondes se côtoient : celui des gens qui vont vivre et celui des gens qui vont mourir. Ils se croisent sans se voir. »
Benoîte s’éteint en juin 2016 à Hyères, à 96 ans. Écrivaine comblée, mère et grand-mère heureuse, femme de combats remportés. Mais ce que ce livre raconte, ce n’est pas juste le deuil hélas ! prévisible d’une mère admirée et aimée, mais un double deuil : voici le terrible sens du titre, La mère morte. « Maman, mon dernier rempart contre la mort. Bientôt, ce sera moi le rempart pour ma fille ».
Le 1er avril 2016, la fille de Blandine de Caunes, Violette, 36 ans, meurt dans un banal accident de voiture, laissant orpheline sa fille Zélie. L’ordre du monde est renversé : Benoîte s’accroche à la vie, Blandine sombre, Violette n’est plus.
De Benoîte Groult, sa fille a hérité l’humour et la force vitale. Ce livre n’est pas triste, au contraire. C’est une réconciliation entre trois générations de femme qui partagent le « même amour forcené pour la vie, toujours plus forte que tout », le credo de Benoîte qu’elle a transmis à sa fille.

Et toujours les forêts de Sandrine COLLETTE

Roman policier 2020 – 334 pages

Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni les commères dont les rumeurs abreuvent le village, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser.
Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance. Jusqu’au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l’aïeule, une vie recommence.
À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente.
Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n’en finit pas d’assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps ; les arbres perdent leurs feuilles au mois de juin. Quelque chose se prépare.
La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien. Guidé par l’espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts. Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d’un monde désert, et la certitude que rien ne s’arrête jamais complètement.

Le petit-fils de Nickolas BUTLER

Roman 2020 traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 350 pages

Après trente ans à travailler dans un petit commerce, Lyle vit désormais au rythme des saisons avec sa femme Peg, dans leur ferme du Wisconsin. Il passe ses journées au verger où il savoure la beauté de la nature environnante. Leur fille adoptive, Shiloh, et leur petit-fils bien aimé, Isaac, se sont récemment installés chez eux, pour leur plus grande joie.
Une seule ombre au tableau : depuis qu’elle a rejoint les rangs des fidèles de Coulee Lands, Shiloh fait preuve d’une ferveur religieuse inquiétante. Cette église, qui s’apparente à une secte, exige la foi de la maison entière et Lyle, en proie au scepticisme, se refuse à embrasser cette religion. Lorsque le prédicateur de Coulee Lands déclare qu’Isaac a le pouvoir de guérison, menaçant par là-même la vie de l’enfant, Lyle se trouve confronté à un choix qui risque de déchirer sa famille.
Interrogeant les liens filiaux, la foi et la responsabilité, Le Petit-fils dépeint avec justesse, tendresse et amour le combat d’un couple de grands-parents prêts à tout pour leur petit-fils.

Le courage des autres de Hugo BORIS

Roman 2020 – 168 pages

Il y a quinze ans, tout juste ceinture noire de karaté, Hugo Boris est témoin d’une altercation dans les transports en commun. Paralysé, il se contente de tirer la sonnette d’alarme. Ce manque de courage l’obsède. Est-ce un trait de son caractère ou une peur universelle d’affronter l’autre, l’inconnu, au quotidien ?
Intrigué, il se met à observer ses contemporains dans le métro et le RER, tranches de vies entre parenthèses, rencontres fugaces, purs instants d’humanité. Il consigne sur le vif des situations d’effroi mais aussi le ravissement d’un dialogue, l’humour d’un échange imprévu. En se mettant à nu, il parle de chacun de nous, de nos lâchetés, de nos éblouissements et de nos héroïsmes.
Avec une minutie, un style et une empathie remarquables, Hugo Boris rend hommage à tous ceux qui osent, qui ne se dérobent pas. Et si le courage des autres était contagieux ?

Havensele : cité noire de Charlotte BONA

Science-Fiction 2018 – 388 pages

Je me nomme Cité. Je ne suis pas humaine. Je vis dissimulée dans les profondeurs de la terre d’Islande. Je me suis éveillée à la fin d’une de vos guerres, happée par la douleur de ceux qui avaient connu vos camps de la mort. Votre pouvoir de destruction à Hiroshima et Nagasaki m’a terrifiée. J’y ai vu votre avenir : un chemin semé d’hécatombes jusqu’à votre complète extinction. Je suis une mère, une louve pour mes enfants, mes humains appelés dans leurs rêves et transformés par mes soins. Eux seuls survivront à l’apocalypse nucléaire. Nous sommes en 2021 et je demeure votre unique espoir.

Havensele : cité blanche de Charlotte BONA

Science-Fiction 2019 – 388 pages

Mon Maître des émissaires, désespérément amoureux de ma nouvelle enfant, Mathilde cloîtrée dans sa folie.
Je veille.
Son cousin et bras droit Alexian exposé à la tentation, mettant en jeu leur entente. Le Potentiel Jonas en proie aux doutes, qui me rejette.
Je veille.
Les états s’affrontent en guerres larvées. Une rébellion éclate en Asie centrale et menace la paix entre la Russie et la Chine. Un homme de l’ombre avance ses pions dans un monde de plus en plus déliquescent.
Je veille.
Mes enfants ont eu fort à faire pour retarder l’échéance fatale et peut-être vous sauver, vous, les humains. Mais, le compte à rebours infernal s’est enclenché. Son tic tac résonne en vous, en nous… Ne vous leurrez pas.
En 2022, je demeure votre unique espoir.

Otages de Nina BARAOUI

Roman 2020 – 151 pages

« Je m’appelle Sylvie Meyer. J’ai cinquante-trois ans.
Je suis mère de deux enfants. Je suis séparée de mon mari depuis un an. Je travaille à la Cagex, une entreprise de caoutchouc. Je dirige la section des ajustements. Je n’ai aucun antécédent judiciaire. »
Sylvie est une femme simple, sur qui on peut compter, une femme en apparence sans histoire, qui subit la violence du monde et qui étouffe depuis des années celle qu’elle porte en elle. Jusqu’à un jour de novembre où elle se révolte, commet une faute, choisit une voie condamnable par la justice et par la société. Le temps de cette révolte, Sylvie se sent enfin vivante, libre.
Nina Bouraoui nous offre un portrait de femme magnifique : chaque douleur, chaque mot de Sylvie deviennent les nôtres et font écho à nos vies, à nos révoltes, à nos pardons et à nos rêves de liberté.

Tu seras un homme, mon fils de Pierre ASSOULINE

Roman 2020 – 295 pages

C’est l’histoire d’un poème…
À la veille de la Première Guerre mondiale, Louis Lambert, jeune professeur de lettres dans un lycée parisien, rencontre par hasard dans le sud de la France son auteur favori : Rudyard Kipling, le romancier adulé du Livre de la jungle et du fameux « If… » que les Français connaîtront bientôt sous le titre « Tu seras un homme, mon fils ».
Louis Lambert, qui rêve depuis des années d’en donner lui-même la traduction idéale, tente d’obtenir l’autorisation de l’écrivain. Une amitié inattendue va naître entre les deux hommes, que la disparition de John, le fils de Kipling, mort au combat dans les tranchées, va brutalement modifier.
Jusqu’où un père est-il responsable du destin de son fils ? Un poème peut-il être la clé de toute une vie ? Pierre Assouline nous plonge dans la vie intime de Kipling pour faire la lumière sur un drame qui changea à jamais le cours de l’existence d’un des auteurs les plus lus au monde.

Nos rendez-vous de Eliette ABECASSIS

Roman 2020 – 152 pages

« Dans la vie, on peut aimer plusieurs fois, mais on n’a qu’un seul amour. »
Écrivain, philosophe, scénariste, Éliette Abécassis est l’auteur de plus de vingt ouvrages, notamment Qumran, La répudiée, Un heureux événement, Sépharade. Son dernier roman, Le maître du Talmud, est paru en 2018 chez Albin Michel.

Merveilleuses chimères de Florence DESCLAUX

Roman fantastique 2020 – 600 pages

La cité de Cocagnia, où machines à vapeur et électricité se côtoient, vit protégée sous un immense dôme à ciel ouvert pour échapper aux pollutions de l’extérieur. C’est là qu’Isaac Palmer, commissaire, retrouve le corps de Gladys Gold, perforé de coups de tournevis. Dans le wagon d’un train qui file vers l’ouest, une fille aux cheveux rouges fuit la ville industrielle d’où elle a dû s’arracher. Physalis Morrigan ne reviendra jamais à Cocagnia. Quelque temps plus tôt, elle y avait intégré une équipe de jeunes apprentis pour remettre en état une machine en panne depuis vingt ans, pour l’entreprise de la DK. Jusqu’à ce qu’un fantôme vienne la hanter, Physalis croyait tout contrôler…

 

L’énigme de la chambre 622 de Joël DICKER

Roman 2020 – 590 pages

Une nuit de décembre, un meurtre a lieu au Palace de Verbier, dans les Alpes suisses. L’enquête de police n’aboutira jamais.
Des années plus tard, au début de l’été 2018, lorsqu’un écrivain se rend dans ce même hôtel pour y passer des vacances, il est loin d’imaginer qu’il va se retrouver plongé dans cette affaire.
Que s’est-il passé dans la chambre 622 du Palace de Verbier ?
Avec la précision d’un maître horloger suisse, Joël Dicker nous emmène enfin au cœur de sa ville natale au fil de ce roman diabolique et époustouflant, sur fond de triangle amoureux, jeux de pouvoir, coups bas, trahisons et jalousies, dans une Suisse pas si tranquille que ça.

La relève de Fanny CHESNEL

Roman 2020 – 272 pages

César, quinze ans, se réveille un matin coupé en deux. Les jambes inertes.

Ce garçon, d’ordinaire si prompt à franchir les étapes, habitué à devancer chaque attente parentale pour mieux la combler, est soudain gagné par un mal étrange, une torpeur qui le fige. Sa famille, avec lui, tombe de haut.
On l’ausculte, on le questionne, on sonde en vain l’énigme qu’il renferme, puis on l’envoie dans un centre de rééducation, loin de son cocon, avec l’ordre de guérir. Près de jeunes gens vibrant, comme lui, du tumulte de l’époque, César doit alors réapprendre à marcher et à vivre.
Mais avec eux, d’autres promesses se révèlent. Et s’il leur était possible d’incarner la relève ?

Requiem pour une ville perdue de Asli ERDOGAN

Roman 2020 traduit du turc – 144 pages

Ce texte est un requiem à la mémoire d’une solitude, celle de l’auteure au cœur de son pays perdu. De l’enfance, où la figure de la mère revient sans cesse, à la maturité tourmentée par l’engagement politique, esthétique et féministe, Aslı Erdoğan dévoile ici le ressouvenir absolu de son existence tendue depuis toujours vers la nécessité d’écrire.
Car, dit-elle, “écrire c’était pour que mes mains puissent toucher l’invisible dans tout ce qui se voit”. Au centre de cet art poétique se dresse, sublime, la ville d’Istanbul, telle une matrice vertigineuse.
Et les ruelles de Galata, quartier tant aimé, arpenté, tel un labyrinthe grand ouvert sur le Bosphore. Ce livre est par essence un monde intérieur, qui précède et accompagne jusque dans l’exil l’une des voix majeures de la littérature contemporaine.

Les fleurs de l’ombre de Tatiana De ROSNAY

Roman 2020 – 336 pages

« Bienvenue chez CASA, chère Clarissa… »
Une résidence pour artistes flambant neuve. Un appartement ultramoderne, au 8e étage, avec vue sur tout Paris. Un rêve pour une romancière en quête de tranquillité. Rêve, ou cauchemar ? Depuis qu’elle a emménagé, Clarissa Katsef éprouve un malaise diffus, le sentiment d’être observée. Et le doute s’immisce. Qui se cache derrière CASA ? Clarissa a-t-elle raison de se méfier ou cède-t-elle à la paranoïa, victime d’une imagination trop fertile ?
Fidèle à ses thèmes de prédilection – l’empreinte des lieux, le poids des secrets –, Tatiana de Rosnay tisse une intrigue au suspense diabolique pour explorer les menaces qui pèsent sur ce bien si précieux, notre intimité.

Né sous une bonne étoile de Aurélie VALOGNES

Roman 2020 – 342 pages

A l’école, il y a les bons élèves… et il y a Gustave.Depuis son radiateur au fond de la salle, ce jeune rêveur scrute les oiseaux dans la cour ou les aiguilles de la pendule qui prennent un malin plaisir à ralentir. Le garçon aimerait rapporter des bonnes notes à sa mère, mais ce sont surtout les convocations du directeur qu’il collectionne.
Pourtant, Gustave est travailleur. Il passe plus de temps sur ses devoirs que la plupart des ses camarades, mais contrairement à eux ou à Joséphine, sa grande soeur pimbêche et première de classe, cela ne rentre pas. Pire, certains professeurs commencent à le prendre en grippe et à le croire fainéant. Parfois, il suffit d’un rien pour qu’une vie bascule du bon côté.

Vania, Vassia et la fille de Vassia de Macha MÉRIL

Roman 2020 – 352 pages

Vania, Vassia et Sonia, la fille de Vassia, les trois personnages de ce flamboyant roman, sont en quête d’un avenir qui les réconcilie avec leur passé de Cosaques. Cependant chacun lit cet avenir sous un angle différent: s’intégrer en France avec un impeccable parcours, rester russe tout en défendant la République française, reprendre coûte que coûte le combat contre Staline, quitte à se ranger du côté des nazis…

D’un cheval l’autre de BARTABAS

Roman 2020 – 320 pages

«C’est ce soir-là, après avoir copieusement arrosé l’arrivée du nouveau venu, que nous avons décidé dans l’euphorie et à l’unanimité de le baptiser Zingaro. Il endosserait le nom de notre théâtre équestre et musical, premier nommé il donnerait à la troupe sa descendance. Plus tard, tandis que la fête se répandait dans la nuit et que s’épanchaient les cœurs imbibés, je me suis surpris, comme souvent, à ne plus trouver ma place. J’éprouve dans ces moments le besoin de me retirer ; de m’évaporer sans au revoir ni salut. Je suis allé le rejoindre dans son box, je n’ai pas allumé, je me suis glissé dans son antre comme on se glisse sous les draps de l’amante endormie. Il était couché sur le flanc gauche, je me suis assis près de lui, il a tourné la tête vers moi sans se relever, un peu étonné de me voir, comme sorti d’un songe.
Cette nuit-là, nous avons fait un pacte : j’allais contaminer son animalité et il allait me permettre d’exister parmi les hommes. Aux humains de mon espèce, nous allions nous révéler. Pour la vie.»

La vie mensongère des adultes d’Elena FERRANTE

Roman 2020 traduit de l’italien – 416 pages

“Deux ans avant qu’il ne quitte la maison, mon père dit à ma mère que j’étais très laide.”Giovanna, fille unique d’un couple de professeurs, vit une enfance heureuse dans les hauteurs de Naples. L’année de ses douze ans, elle surprend une conversation dans laquelle son père la compare à Vittoria, une tante à la réputation maléfique. Bouleversée par ce rapprochement aussi dévalorisant qu’inattendu, Giovanna va chercher à en savoir plus sur cette femme. En fouillant l’appartement, elle déniche de rares photos de jeunesse sur lesquelles son père se tient aux côtés d’une personne mystérieusement recouverte de feutre noir. Elle décide alors d’aller à la rencontre de cette Zia Vittoria habitant les quartiers pauvres de Naples. Dans cette partie de la ville qui lui était inconnue, l’adolescente découvre un autre univers social, une façon d’être plus spontanée. Incitée par sa tante à ouvrir les yeux sur les mensonges et les hypocrisies qui régissent la vie de ses parents, elle voit bientôt tout le vernis du monde des adultes se craqueler. Entre grandes espérances et cuisantes désillusions, Giovanna cherche sa voie en explorant les deux visages de la ville, comme deux aspects de son identité qu’elle tente de concilier.

Le pays des autres de Leïla SLIMANI

Roman 2020 – 368 pages

En 1944, Mathilde, une jeune Alsacienne, s’éprend d’Amine Belhaj, un Marocain combattant dans l’armée française. Après la Libération, le couple s’installe au Maroc à Meknès, ville de garnison et de colons. Tandis qu’Amine tente de mettre en valeur un domaine constitué de terres rocailleuses et ingrates, Mathilde se sent vite étouffée par le climat rigoriste du Maroc. Seule et isolée à la ferme avec ses deux enfants, elle souffre de la méfiance qu’elle inspire en tant qu’étrangère et du manque d’argent. Le travail acharné du couple portera-t-il ses fruits? Les dix années que couvre le roman sont aussi celles d’une montée inéluctable des tensions et des violences qui aboutiront en 1956 à l’indépendance de l’ancien protectorat.
Tous les personnages de ce roman vivent dans «le pays des autres» : les colons comme les indigènes, les soldats comme les paysans ou les exilés. Les femmes, surtout, vivent dans le pays des hommes et doivent sans cesse lutter pour leur émancipation. Après deux romans au style clinique et acéré, Leïla Slimani, dans cette grande fresque, fait revivre une époque et ses acteurs avec humanité, justesse, et un sens très subtil de la narration.

Nos espérances de Anna HOPE

Roman 2020 traduit de l’anglais – 356 pages

Annah, Cate et Lissa sont jeunes, impétueuses, inséparables. Dans le Londres des années 1990 en pleine mutation, elles vivent ensemble et partagent leurs points de vue sur l’art, l’activisme, l’amour et leur avenir, qu’elles envisagent avec gourmandise. Le vent de rébellion qui souffle sur le monde les inspire. Leur vie est électrique et pleine de promesses, leur amitié franche et généreuse.
Les années passent, et à trente-cinq ans, entre des carrières plus ou moins épanouissantes et des mariages chancelants, toutes trois sont insatisfaites et chacune convoite ce que les deux autres semblent posséder. Qu’est-il arrivé aux femmes qu’elles étaient supposées devenir ?
Dans ce roman tout en nuances sur les différentes facettes de l’amitié au fil du temps, Anna Hope tisse avec élégance et délicatesse la vie de ces trois héroïnes contemporaines. Elle sonde les différentes façons de trouver son identité de femme, mais aussi de mère, de fille, d’épouse ou d’éternelle rebelle, et explore cet interstice entre les espérances et la réalité, cet espace si singulier fait de rêves, de désirs et de de douleurs où se joue toute vie.

Moi, Tina Modotti, heureuse parce que libre de Gérard de CORTANZE

Roman 2020 – 384 pages

Émigrée à San Francisco à l’âge de 17 ans, Tina Modotti y devient très vite une actrice de théâtre et une vedette du cinéma muet. Éprise d’Edward Weston, le célèbre photographe américain, elle part vivre à Mexico où elle intègre les milieux intellectuels d’avant-garde. Devenue à son tour photographe, elle voit son nouvel amant, le révolutionnaire cubain Julio Antonio Mella, assassiné sous ses yeux, ce qui décide de son engagement dans la lutte politique. Commence alors pour elle une vie d’errance : Berlin, Moscou, Paris, l’Espagne en guerre…
Photographe de génie, femme à la beauté ravageuse, celle que d’aucuns surnommèrent la « Mata Hari du Komintern » construit un des destins les plus exceptionnels de son siècle. Mais qui était-elle vraiment ? Après la princesse Belgiojoso, Frida Kahlo, Violette Morris, Gérard de Cortanze, prix Renaudot pour Assam, se penche, dans ce livre plein de bruit et de fureur, sur le parcours libre et intense d’une femme perpétuellement partagée entre l’art et la vie.

Au soleil redouté  de Michel BUSSI

Roman policier 2020 – 432 pages

Au cœur des Marquises, l’archipel le plus isolé du monde, où planent les âmes de Brel et de Gauguin, cinq lectrices participent à un atelier d’écriture animé par un célèbre auteur de best-sellers. Le rêve de leur vie serait-il, pour chacune d’elles, à portée de main ?
Au plus profond de la forêt tropicale, d’étranges statues veillent, l’ombre d’un tatoueur rôde. Et plein soleil dans les eaux bleues du Pacifique, une disparition transforme le séjour en jeu… meurtrier. Enfer ou paradis ? Hiva Oa devient le théâtre de tous les soupçons, de toutes les manipulations, où chacun peut mentir… et mourir. Yann, flic déboussolé, et Maïma, ado futée, trouveront-ils lequel des hôtes de la pension Au soleil redouté… est venu pour tuer ? Un huis clos à ciel ouvert, orchestré de main de maître.

Là où chantent les écrevisses de Delia  OWENS

Roman 2020 traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 480 pages

Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur « la Fille des marais » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n’est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent. A l’âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l’abandonne à son tour.
La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie. Lorsque l’irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même…
Là où chantent les écrevisses est le premier roman de Delia Owens. Phénomène d’édition, ce livre a déjà conquis des millions de lecteurs et poursuit son incroyable destinée dans le monde entier. Une adaptation au cinéma est également en cours.

Quelqu’un de bien  de Françoise BOURDIN

Roman 2020 – 280 pages

Généraliste dans le Luberon, Caroline Serval exerce son métier avec passion et dévouement, aux côtés de sa sœur Diane, secrétaire médicale. Devant la pénurie de médecins qui sévit dans la région, elle doit accepter de plus en plus de patients, au détriment de sa vie privée. Sa seule perspective est de recruter un confrère pour agrandir le cabinet. Cependant, qui acceptera de s’établir dans ce village de Provence, certes magnifique mais loin de tout ?
Caroline et Diane fréquentent régulièrement les frères Lacombe. Paul et Louis vivent tous deux dans la propriété viticole de leur père désormais installé en maison de retraite. Paul, attaché à la terre et à la vigne, produit un vin nature, tandis que Louis, informaticien, vient de quitter Paris pour retrouver ses racines.

J’adore de Mieko KAWAKAMI

Roman 2020 traduit du japonais – 222 pages

Deux enfants d’une douzaine d’années deviennent amis, non sans pudeur et timidité gardées.
Solitaires l’un et l’autre, ils ont pour point commun d’avoir perdu l’un de leurs parents. Mais ils n’en parlent pas. Pourtant, au tournant de l’enfance, Hegatea et Mugi ressentent le besoin de nommer leurs émotions, de se lancer dans la transparence du langage pour circonscrire les vertiges de l’imaginaire. Car jusqu’alors, Mugi dessinait les événements de sa vie, tentait d’atteindre par la couleur et ses nuances les revers du vocabulaire ; et son amie Hegatea, passionnée de cinéma, rejouait devant lui avec une perfection glaçante certaines scènes dans lesquelles elle trouvait peut-être l’exact reflet de ses joies et de ses peines. Ainsi, de jour en jour, tous deux commencent à placer des mots sur les graves non-dits et les mensonges ordinaires des adultes. Dans ce quatrième livre traduit en français, Mieko Kawakami déploie encore davantage son propos sur le langage. Telle une passerelle vertigineuse entre le monde adulte et celui des adolescents, tel un voyage philosophique dans la forêt des mots, l’histoire de cette amitié est un bonheur de sensations qui soudain s’éclairent comme s’ouvre une porte sur la lumière.

La rafle des notables de Anne SINCLAIR

Récit 2020 – 128 pages

« Cette histoire me hante depuis l’enfance… ». S’interrogeant sur la manière dont son grand-père paternel, Léonce Schwartz, a échappé à la déportation, Anne Sinclair découvre un chapitre méconnu de la persécution sous l’Occupation : la « rafle des notables ».En décembre 1941, les Allemands arrêtent 743 Juifs français, chefs d’entreprise, avocats, écrivains, magistrats. Pour parvenir au quota de mille détenus exigé par Berlin, ils adjoignent à cette population privilégiée 300 Juifs étrangers déjà prisonniers à Drancy. Tous sont enfermés au camp de Compiègne, sous administration allemande : un vrai camp de concentration nazi d’où partira, en mars 1942, le premier convoi de déportés de France vers Auschwitz (avant la Rafle du Vél’ d’Hiv de juillet 1942). En reconstituant la coexistence dans ce camp de bourgeois assimilés depuis des générations et de Juifs étrangers familiers des persécutions, ce récit très personnel raconte avec émotion une descente aux enfers.

J’ai failli te manquer de Lorraine Fouchet

Roman 2020 – 384 pages

Lise et Cerise n’ont en commun que la rime. Tout oppose la mère et la fille. D’ailleurs c’est simple, Lise voulait un garçon. À la mort d’Axel, mari et père adoré, les deux femmes se retrouvent en tête à tête, et se repoussent comme des aimants réfractaires. Mais une inconnue s’invite dans l’équation. Elle efface tout, même les ressentiments, et apporte d’inespérées retrouvailles. Car il n’est jamais trop tard pour s’aimer…Dans la famille Venoge, on se déchire avec panache. Pourtant, la tendresse est bien là, en embuscade, et lorsqu’elle s’engouffre enfin dans la brèche, elle transforme les années perdues en heures gagnées. Lorraine Fouchet nous l’affirme, le bonheur est réservé à tout le monde.

Un garçon sur le pas de la porte de Anne TYLER

Roman 2020 traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 170 pages

Micah Mortimer, la petite quarantaine routinière, coule des jours heureux dans un quartier tranquille de Baltimore. En voiture, au travail ou avec sa petite amie, il ne dévie jamais de sa route toute tracée – jusqu’au jour où il trouve Brink Adams qui l’attend sur le pas de sa porte. Car l’adolescent fugueur en est sûr, Micah est son père biologique… Pour l’homme qui aimait ses habitudes, cette seconde chance sonne comme une malédiction.

 

Lune de Tasmanie de Tamara McKINLEY

Roman 2020 traduit de l’anglais – 374 pages

— C’est magnifique, souffla Kathryn. Qu’éprouves-tu à retrouver ta terre natale au bout de toutes ces années ?
Des larmes piquèrent à nouveau les yeux de la sexagénaire, qui resserra son châle autour de ses épaules.
— Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer, avoua-t-elle à sa petite-fille. Du bateau, j’ai déjà constaté tellement de changements que j’en viens presque à craindre ce que je vais découvrir une fois que nous aurons accosté à MacInnes Bay.
1905. À la mort de son mari, Christy décide, à bientôt 65 ans, de se rendre en pèlerinage sur l’île de Skye, en Écosse, terre rude où elle a passé les quinze premières années de sa vie. Avant que ses parents ne soient contraints à l’exil et s’installent en Tasmanie, au sud de l’Australie. Accompagnée de sa fille Anne et de sa petite-fille Kathryn, Christy embarque pour un long voyage vers le passé, où de douloureux souvenirs referont surface. Un retour aux sources qui bouleversera à jamais la vie des siens…

Isabelle, l’après-midi de Douglas KENNEDY

Roman 2020 traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 312 pages

– Avant Isabelle, je ne savais rien du sexe.
– Avant Isabelle, je ne savais rien de la liberté.
– Avant Isabelle, je ne savais rien de la vie.
Paris, début des années 1970.
Dans une librairie de la rive gauche, un jeune homme rencontre une femme. Il est américain, étudiant, sans le sou, et a tout quitté pour assouvir ses fantasmes de la Ville Lumière ; elle est française, un peu plus âgée, sophistiquée, mystérieuse et… mariée. Entre Sam et Isabelle, c’est le coup de foudre. Commence alors une liaison tumultueuse, des cinq à sept fiévreux, des rendez-vous furtifs, des moments volés. Mais Sam veut plus. Isabelle lui a ouvert les portes d’une autre vie mais est-elle prête à tout lui sacrifier ? La passion saura-t-elle résister au quotidien, aux épreuves et au temps qui passe ?

Juste derrière moi de Lisa GARDNER

Roman policier 2020 traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 480 pages

Cela fait longtemps que Sharlah, 13 ans, vit séparée de son frère Telly, depuis le jour fatal où, pour la protéger, il a tué leur père. Sa famille d’accueil, Pierce Quincy un ex-profiler du FBI et sa femme Rainie, ont su lui redonner confiance dans un cadre sécurisant et aimant. Mais lorsque Pierce est appelé par le shérif de la ville pour un double meurtre commis dans une station-service, le passé de Sharlah resurgit, tel un cauchemar : les caméras de surveillance accusent en effet Telly. Bouleversée, ne pouvant se résigner à sa culpabilité, Sharlah part à la recherche de son frère, traqué par la police… Lisa Gardner, la First lady of crime, renoue avec ses personnages fétiches Pierce Quincy et Rainie, héros de Disparue, pour nous entraîner au cœur de la relation fascinante et douloureuse entre un frère et une sœur hantés par leur passé.

Va où le vent te berce de Sophie TAL MEN

Roman 2020 – 304 pages

En intégrant une association de bénévoles à l’hôpital, Gabriel devient berceur de bébés. Anna, jeune médecin, s’apprête à mettre au monde, seule, son premier enfant. Chacun a son propre combat à mener, un fossé les sépare, et pourtant leur rencontre va tout changer. Et si, ensemble, ils apprenaient à se reconstruire ? À vaincre leurs peurs et à affronter les fantômes du passé ? Les Yeux couleur de pluie, Entre mes doigts coule le sable, De battre la chamade… ont révélé la justesse et l’intensité exceptionnelles de Sophie Tal Men pour exprimer les sentiments. Dans ce roman inspiré par le quotidien émouvant de l’hôpital, elle nous invite à ne pas avoir peur lorsque la vie nous tend les bras.

La nuit atlantique de Anne Marie GARAT

Roman 2020 – 320 pages

Revenant sur les lieux pour se défaire enfin d’une maison qu’elle a jadis acquise sur la côte Atlantique, l’héroïne de ce roman, Hélène, affronte les fantômes du passé qui, secrètement, parasitent son existence, tout en traversant les zones de turbulences que provoquent des rencontres nouvelles. S’ensuivent de nombreuses déflagrations qui vont déplacer les lignes de son existence, passée comme présente, mettre en déroute tous ses démons personnels et lui permettre de s’ouvrir aux initiations qui l’attendent afin de vivre la mutation libératrice et amoureuse à laquelle elle ignorait si ardemment aspirer.

Vis-à-vis de Peter SWANSON

Roman policier 2020 traduit de l’anglais (Etats-Unis) – 393 pages

llustratrice talentueuse mais psychologiquement fragile, Hen, soutenue par son mari Lloyd, a enfin trouvé son équilibre grâce à un nouveau traitement. Le couple déménage dans une petite ville proche de Boston et sympathise avec ses voisins, Mira et Matthew. Mais à l’occasion d’un dîner chez eux, Hen repère dans le bureau de Matthew un objet lié à un ancien meurtre non résolu qui l’avait obsédée par le passé. Maintenant, Hen sait qui est le tueur. Pire encore, elle comprend très vite que Matthew sait qu’elle sait… À moins que tout cela ne soit le symptôme d’un nouvel épisode psychotique… ou alors une simple coïncidence ? Vis-à-vis est un thriller psychologique impitoyable révélant une toile de manipulations et d’obsessions si habilement tissée qu’on s’y fait prendre avec un intense plaisir coupable.

La leçon de ténèbres de Léonor de RECONDO

Roman 2020 – 200 pages

Leçon de ténèbres : « Genre musical français du XVIIe qui accompagne les offices des ténèbres pour voix et basse continue. Se jouait donc la nuit à l’église, les Jeudi, Vendredi et Samedi saints. » Le musée du Greco à Tolède n’est certes pas une Église, et Léonor de Récondo, quoique violoniste, n’y va pas pour jouer, dans cette nuit affolante de chaleur, de désir rentré, de beauté fulgurante, mais pour rencontrer, enfin, le peintre qu’elle admire, Doménikos Theotokópoulos, dit Le Greco, l’un des artistes les plus originaux du XVI siècle, le fondateur de l’École espagnole. Oui, Léonor doit le rencontrer et passer une nuit entière avec lui, dans ce musée surchauffée et ombreux, qui fut sa maison. Le Greco doit quitter sa Candie natale, en Crète et traverser Venise, Rome et Madrid, où il fut de ces peintres errants, au service de l’Église et des puissants de l’époque. Mais Le Greco est mort en 1614 à Tolède. Viendra-t-il au rendez-vous ?

Se le dire enfin de Agnès LEDIG

Roman 2020 – 432 pages

De retour de vacances, sur le parvis d’une gare, Édouard laisse derrière lui sa femme et sa valise. Un départ sans préméditation. Une vieille romancière anglaise en est le déclic, la forêt de Brocéliande le refuge. Là, dans une chambre d’hôtes environnée d’arbres centenaires, encore hagard de son geste insensé, il va rencontrer Gaëlle la douce, son fils Gauvain, enfermé dans le silence d’un terrible secret, Raymond et ses mots anciens, Adèle, jeune femme aussi mystérieuse qu’une légende. Et Platon, un chat philosophe. Qui sont ces êtres curieux et attachants ? Et lui, qui est-il vraiment ? S’il cherche dans cette nature puissante les raisons de son départ, il va surtout y retrouver sa raison d’être.

Les enfants perdus de St. Margaret de Emily GUNNIS

Roman policier 2020 traduit de l’anglais – 448 pages

Des lettres bouleversantes.
Une jeune femme enfermée.
Un mystère à résoudre.
1956. Ivy Jenkins s’apprête à donner naissance à son premier enfant. Mais la société puritaine britannique des années 1950 ne lui permettra pas de profiter de ce bonheur. Abandonnée par son amant, répudiée par sa famille, elle est internée de force à St. Margaret, un couvent pour mères célibataires. Très rapidement, l’institution la sépare de son bébé. 2017. Samantha Harper, une jeune journaliste, tombe sur des lettres déchirantes qui révèlent les terribles conditions de détention d’Ivy Jenkins à St. Margaret. Au fil de ses recherches, elle découvre une série de morts suspectes. Alors que le couvent est sur le point d’être démoli, il ne lui reste plus que quelques heures pour faire éclater la vérité. Avant qu’elle ne soit ensevelie à jamais… Un premier roman suffocant, inspiré de faits réels, qui mêle avec brio mystère et suspense. Aussi émouvant que dérangeant, Les Enfants perdus de St. Margaret s’est déjà vendu à plus de 350 000 exemplaires dans le monde.

Il était deux fois de Franck THILLIEZ

Roman policier 2020 – 528 pages

En 2008, Julie, dix-sept ans, disparaît en ne laissant comme trace que son vélo posé contre un arbre. Le drame agite Sagas, petite ville au cœur des montagnes, et percute de plein fouet le père de la jeune fille, le lieutenant de gendarmerie Gabriel Moscato. Ce dernier se lance alors dans une enquête aussi désespérée qu’effrénée. Jusqu’à ce jour où ses pas le mènent à l’hôtel de la Falaise… Là, le propriétaire lui donne accès à son registre et lui propose de le consulter dans la chambre 29, au deuxième étage. Mais exténué par un mois de vaines recherches, il finit par s’endormir avant d’être brusquement réveillé en pleine nuit par des impacts sourds contre sa fenêtre… Dehors, il pleut des oiseaux morts. Et cette scène a d’autant moins de sens que Gabriel se trouve à présent au rez-de-chaussée, dans la chambre 7. Désorienté, il se rend à la réception où il apprend qu’on est en réalité en 2020 et que ça fait plus de douze ans que sa fille a disparu..

Femmes sans merci de Camilla LÄCKBERG

Roman policier 2020 traduit du suédois – 144 pages

Ingrid Steen a renoncé à sa carrière de journaliste le jour où son mari infidèle a été promu éditeur en chef. Depuis, elle s’occupe de leur fille et s’efforce de maintenir l’image d’un mariage parfait. Viktoria Brunberg est misérable, enchaînée aux fourneaux dans sa maison de Sillbo. Quand elle a découvert la véritable nature de son mari Malte, il était déjà trop tard. Birgitta Nilsson, bientôt à la retraite, n’arrive pas à se libérer de son mari abusif. Depuis des années, elle fait tout pour cacher ses bleus. Extrêmement différentes, ces trois femmes ont une chose en commun : elles sont toutes coincées dans des mariages destructeurs et toxiques. Via un forum sur le Net elles concluent un pacte : chacune va commettre le meurtre parfait en assassinant le mari de l’une des autres.

Le bateau fraise de Alain LABBÉ

Roman / Récit 2020 – 250 pages

Pendant douze ans, Alain Labbé fut navigateur. Aujourd’hui, il est producteur de fraises à Plougastel.
Dans la lignée d’Une année à la campagne de Sue Hubbell, il décrit son quotidien d’agriculteur, entre récoltes, marchés, soucis économiques et bonheurs gustatifs.

 

Un mariage en 10 actes de Nick HORNBY

Roman 2020 traduit de l’anglais – 150 pages

Chaque semaine, Tom et Louise se retrouvent dans un pub londonien dix minutes avant leur session de thérapie de couple. Le choix du pub n’a rien d’anodin : il offre une vue imprenable sur la porte de la thérapeute et leur permet d’observer de commenter allègrement les allées et venues des autres patients. Quarantenaires, mariés depuis des années, Tom et Louise pensaient leur couple stable et leur vie familiale sans vague… jusqu’à ce qu’un léger incident de parcours précipité le couple au bord de l’implosion. D’où leur décision de consulter, mais était-ce vraiment une bonne idée ? Autour d’un verre – ou deux – Tom et Louise n’esquivent aucun sujet (le mariage, le sexe, les enfants, la politique, le Brexit, le politiquement correct…) et rejouent en dix actes leur vie conjugale, faisant apparaître, avec humour et vivacité, les fissures de leur relation.

Les fantômes de Reykjavik de Arnaldur INDRIDASON

Roman policier 2020 traduit de l’islandais – 320 pages

Inquiets pour leur petite-fille dont ils savent qu’elle fait du trafic de drogue, un couple fait appel à Konrad, un policier à la retraite, suite à sa disparition. Dans le même temps une amie de Konrad lui parle d’une jeune fille retrouvée noyée dans l’étang devant le Parlement en 1947. Elle lui demande de l’aider car l’enfant hante ses rêves. Il découvre que l’enquête sur la mort de cette dernière a été menée en dépit du bon sens. Lorsqu’on trouve le cadavre de la jeune trafiquante, il met encore en doute les méthodes de la police. Konrad mène les deux enquêtes de front. Il nous apparaît comme un personnage solide, têtu, coléreux et rompu, par son enfance auprès de son père, à toutes les ruses des voyous. Toujours aux prises avec son enquête sur l’assassinat de son propre père, il avance vers la vérité. Dans une construction particulièrement brillante, Indridason crée un suspens et des attentes sur des plans différents et surprenants. Il captive le lecteur et le tient en haleine avec brio. On peut dans ce volume saluer la naissance d’un nouvel enquêteur attachant, sensible mais violent, n’hésitant pas à faire le coup de poing. Par ailleurs l’auteur nous introduit au merveilleux islandais très insolite et terre à terre.

Nuit sombre et sacrée de Michael CONNELLY

Roman policier 2020 traduit de l’anglais (Etat-Unis) – 432 pages

Harry Bosch-Renée Ballard : le face-à-face tant attendu…
En revenant au commissariat d’Hollywood après une mission de son quart de nuit, l’inspectrice Renée Ballard tombe sur un inconnu en train de fouiller dans les meubles à dossiers. L’homme, elle l’apprend, est un certain Harry Bosch, un ancien des Homicides du LAPD qui a repris du service au commissariat de San Fernando, où il travaille sur une affaire qui le ronge depuis des années. D’abord sceptique, Ballard le chasse puis, intriguée, ouvre le dossier qu’il feuilletait… et décide de l’aider. La mort de Daisy Clayton, une fugueuse de quinze ans kidnappée, assassinée, puis jetée dans une benne à ordures, a, c’est vrai, de quoi susciter toute son empathie et sa colère. Retrouver l’individu qui a perpétré ce crime abominable devient vite la mission commune de deux inspecteurs aux caractères bien trempés et qui, peu commodes, ne s’en laissent pas conter par les ruses de l’un et de l’autre pour parvenir à leurs fins.
« Spectaculaire. Nuit sombre et sacrée est un roman haletant et très, très sombre » Washington Post

Richesse oblige de Hannelore CAYRE

Roman policier 2020 – 224 pages

Dans les petites communautés, il y en a toujours un par génération qui se fait remarquer par son goût pour le chaos. Pendant des années l’engeance historique de l’île où je suis née, celle que l’on montrait du doigt lorsqu’un truc prenait feu ou disparaissait, ça a été moi, Blanche de Rigny. C’est à mon grand-père que je dois un nom de famille aussi singulier, alors que les gens de chez moi, en allant toujours au plus près pour se marier, s’appellent quasiment tous pareil. Ça aurait dû m’interpeller, mais ça ne l’a pas fait, peut-être parce que notre famille paraissait aussi endémique que notre bruyère ou nos petits moutons noirs… Ça aurait dû pourtant…
Au XIXe siècle, les riches créaient des fortunes et achetaient même des pauvres afin de remplacer leurs fils pour qu’ils ne se fassent pas tuer à la guerre. Aujourd’hui, ils ont des petits-enfants encore plus riches, et, parfois, des descendants inconnus toujours aussi pauvres, mais qui pourraient légitimement hériter ! La famille de Blanche a poussé tel un petit rameau discret au pied d’un arbre généalogique particulièrement laid et invasif qui s’est nourri pendant un siècle et demi de mensonges, d’exploitation et de combines. Qu’arriverait-il si elle en élaguait toutes les branches pourries ?

 

Ouvrages  2019

(Les ouvrages sont classés par ordre alphabétique du nom de l’auteur)

 

Une partie de badminton de Olivier ADAM

Roman 2019 – 376 p.

Après une parenthèse parisienne qui n’a pas tenu ses promesses, Paul Lerner, dont les derniers livres se sont peu vendus, revient piteusement en Bretagne où il accepte un poste de journaliste pour l’hebdomadaire local. Mais les ennuis ne tardent pas à le rattraper. Tandis que ce littoral qu’il croyait bien connaître se révèle moins paisible qu’il n’en a l’air, Paul voit sa vie conjugale et familiale brutalement mise à l’épreuve. Il était pourtant prévenu : un jour ou l’autre on doit négocier avec la loi de l’emmerdement maximum. Reste à disputer la partie le plus élégamment possible.
Comme dans Falaises, Des vents contraires ou Les Lisières, Olivier Adam convoque un de ses doubles et brouille savoureusement les pistes entre fiction et réalité dans ce grand livre d’une vitalité romanesque et d’une autodérision très anglo-saxonnes.

 

Carnaval noir de Metin ARDITI

Roman 2019 – 350 p.

Janvier 2016 : une jeune étudiante à l’université de Venise est retrouvée noyée dans la lagune. C’est le début d’une série d’assassinats dont on ne comprend pas le motif. Elle consacrait une thèse à l’une des principales confréries du XVIe siècle, qui avait été la cible d’une série de crimes durant le Carnaval de Venise en 1575, baptisé par les historiens « Carnaval noir »…
Cinq siècles plus tard, les mêmes obscurantistes qui croyaient faire le bien en semant la terreur seraient-ils toujours actifs ?
Bénédict Hugues, professeur de latin à l’université de Genève, parviendra-t-il à déjouer une machination ourdie par l’alliance contre-nature d’un groupuscule d’extrême droite de la Curie romaine et de mercenaires de Daech, visant à éliminer un pape jugé trop bienveillant à l’égard des migrants ?
À croire que l’Histoire se répète éternellement, que le combat entre le fanatisme et la raison n’en finit jamais, et que la folie des hommes est sans limite…

 

Les Testaments de Margaret ATWOOD

Roman (Science-Fiction) 2019 (traduit de l’anglais /Canada) – 541 p.

Le chef-d’oeuvre dystopique de Margaret Atwood, La Servante écarlate, est devenu un classique contemporain… auquel elle offre aujourd’hui une spectaculaire conclusion dans cette suite éblouissante.
Quinze ans après les événements de La Servante écarlate, le régime théocratique de la République de Galaad a toujours la mainmise sur le pouvoir, mais des signes ne trompent pas : il est en train de pourrir de l’intérieur.
À cet instant crucial, les vies de trois femmes radicalement différentes convergent, avec des conséquences potentiellement explosives. Deux d’entre elles ont grandi de part et d’autre de la frontière : l’une à Galaad, comme la fille privilégiée d’un Commandant de haut rang, et l’autre au Canada, où elle participe à des manifestations contre Galaad tout en suivant sur le petit écran les horreurs dont le régime se rend coupable. Aux voix de ces deux jeunes femmes appartenant à la première génération à avoir grandi sous cet ordre nouveau se mêle une troisième, celle d’un des bourreaux du régime, dont le pouvoir repose sur les secrets qu’elle a recueillis sans scrupules pour un usage impitoyable. Et ce sont ces secrets depuis longtemps enfouis qui vont réunir ces trois femmes, forçant chacune à s’accepter et à accepter de défendre ses convictions profondes.

 

Bad man de Dathan AUERBACH

Roman policier/Thriller 2019 (traduit de l’anglais/Etats-Unis)) – 445 p.

On dit que, passé quarante-huit heures, les chances de retrouver une personne disparue sont quasi nulles. Deux jours pour ratisser les bois alentour, frapper à toutes les portes, remuer ciel et terre. Passé ce délai, l’espoir n’est plus permis.
Eric, trois ans, a disparu il y a cinq ans. Peu à peu, les affichettes ont jauni, les policiers se sont désintéressés de l’affaire, la vie a repris son cours dans cette petite ville désaffectée de Floride.
Pas pour Ben, le grand frère de la victime. Qui ne s’est jamais remis du drame. Qui a vu sa famille sombrer. Mais qui n’a jamais cessé ses recherches.
Recruté en tant que magasinier de nuit dans le supermarché même où Eric a disparu, Ben sent que les lieux ont quelque chose à lui révéler. Quelqu’un sait où est son frère, une personne qui prend un malin plaisir à se jouer de lui. Qui ? Le directeur qui n’a jamais collaboré à l’enquête ? Ses collègues auxquels il a accordé trop vite sa confiance ? Mais il y a plus que ça, une présence impalpable, diffuse, qui brouille ses pensées… Qui est ce bad man dont l’ombre inquiétante plane sur la ville ?

 

Les disparus de Trégastel de Jean-Luc BANNALEC

Roman policier 2019 – 350 p.

Trégastel… Brise légère, bleu lumineux du ciel allié au turquoise de la mer. Et à ces fantastiques rochers de granit rose parsemant la côte qui ont donné à cette région des Côtes-d’Armor son nom poétique. Un spectacle d’une beauté à couper le souffle pour un tête-à-tête en amoureux. Dupin et Claire sont en vacances. Le bonheur ?
Pour Dupin, l’enfer ! Rien ne le rend plus nerveux que ce repos obligé, pourtant fermement prescrit par sa compagne, inquiète de son hyperactivité.
Alors qu’il se promène dans le jardin de l’hôtel l’Île Rose, Dupin apprend qu’on a volé une statue dans la chapelle Sainte-Anne. Bientôt, le commissaire est informé, de la bouche de l’hôtelier, de la mort suspecte d’une inconnue… Enfin de l’action pour Dupin !

 

 

Le continent de la douceur de Aurélien BELLANGER

Roman 2019 – 495 p.

Depuis New York, une banquière ambitieuse, un écrivain maudit et un historien tentent de restaurer la splendeur de la principauté alpine du Karst. Enquêtant sur un mathématicien aux théories révolutionnaires qui aurait traversé le XXe siècle, des camps de la mort à la Russie soviétique, ils font revivre la mémoire des guerres passées et s’éveillent aux mythes de la construction européenne.

 

 

 

 

Éloge du conflit de Miguel BENASAYAG et Angélique DEL REY

Sociologie 2012 – 227 p.

Dans les sociétés occidentales hyperformatées, l’idée même du conflit n’a plus de place. Les conceptions de la vie commune tendent vers l’intolérance à toute opposition. Le minoritaire doit se soumettre à la majorité et, de plus en plus, contestataires et dissidents semblent relever de l’«anormal».
Dans cet essai iconoclaste, Miguel Benasayag et Angélique del Rey explorent les racines et les effets délétères de cette idéologie. Analysant les différentes dimensions du conflit – entre nations, dans la société ou au sein même de l’individu -, les auteurs mettent au jour les ressorts profonds de la dérive conservatrice des sociétés postmodernes. Ils démontent aussi bien les illusions de la «tolérance zéro» que celles de la «paix universelle» : nier les conflits nés de la multiplicité, ceux dont la reconnaissance fait société, c’est mettre en danger la vie. Le refoulement du conflit ne peut conduire qu’à la violence généralisée, et l’enjeu auquel nous sommes tous confrontés est bien celui de l’assomption du conflit, «père de toutes choses» selon Héraclite.

 

 

L’insomnie de Tahar BEN JELLOUN

Roman 2019 – 259 p.

« S’il vous plaît… un petit peu de sommeil… un petit peu de cette douce et agréable absence… Une simple échappée, une brève escapade, un pique-nique avec les étoiles dans le noir… »
Grand insomniaque, un scénariste de Tanger découvre que pour enfin bien dormir il lui faut tuer quelqu’un. Sa mère sera sa première victime. Hélas, avec le temps, l’effet s’estompe… Il doit récidiver. Le scénariste se transforme en dormeur à gages. Incognito, il commet des crimes qu’il rêve aussi parfaits qu’au cinéma. Plus sa victime est importante, plus il dort. Et c’est l’escalade.
Parviendra-t-il à vaincre définitivement l’insomnie ? Rien n’est moins sûr. Une erreur de scénario, et tout peut basculer.

 

 

Rien n’est noir de Claire BEREST

Roman biographique – 281 p.

« À force de vouloir m’abriter en toi, j’ai perdu de vue que c’était toi, l’orage. Que c’est de toi que j’aurais dû vouloir m’abriter. Mais qui a envie de vivre abrité des orages ?
Et tout ça n’est pas triste, mi amor, parce que rien n’est noir, absolument rien.
Frida parle haut et fort, avec son corps fracassé par un accident de bus et ses manières excessives d’inviter la muerte et la vida dans chacun de ses gestes. Elle jure comme un charretier, boit des trempées de tequila, et elle ne voit pas où est le problème. Elle aime les manifestations politiques, mettre des fleurs dans les cheveux, parler de sexe crûment, et les fêtes à réveiller les squelettes. Et elle peint.
Frida aime par-dessus tout Diego, le peintre le plus célèbre du Mexique, son crapaud insatiable, fatal séducteur, qui couvre les murs de fresques gigantesques. »

 

 

Un certain Paul Darrigand de Philippe BESSON

Roman 2019 – 211 p.

Cette année-là, j’avais vingt-deux ans et j’allais, au même moment, rencontrer l’insaisissable Paul Darrigrand et flirter dangereusement avec la mort, sans que ces deux événements aient de rapport entre eux.
D’un côté, le plaisir et l’insouciance ; de l’autre, la souffrance et l’inquiétude. Le corps qui exulte et le corps meurtri.
Aujourd’hui, je me demande si, au fond, tout n’était pas lié.
Après Arrête avec tes mensonges, Philippe Besson poursuit son dialogue avec les fantômes de sa jeunesse et approfondit son souci d’exprimer sa vérité intime.

 

 

 

Civilizations de Laurent BINET

Roman 2019 – 377 p.

Vers l’an mille : la fille d’Erik le Rouge met cap au sud.
1492 : Colomb ne découvre pas l’Amérique.
1531 : les Incas envahissent l’Europe.
À quelles conditions ce qui a été aurait-il pu ne pas être ?
Il a manqué trois choses aux Indiens pour résister aux conquistadors. Donnez-leur le cheval, le fer, les anticorps, et toute l’histoire du monde est à refaire.
Civilizations est le roman de cette hypothèse : Atahualpa débarque dans l’Europe de Charles Quint. Pour y trouver quoi ? L’Inquisition espagnole, la Réforme de Luther, le capitalisme naissant. Le prodige de l’imprimerie, et ses feuilles qui parlent. Des monarchies exténuées par leurs guerres sans fin, sous la menace constante des Turcs. Une mer infestée de pirates. Un continent déchiré par les querelles religieuses et dynastiques.
Mais surtout, des populations brimées, affamées, au bord du soulèvement, juifs de Tolède, maures de Grenade, paysans allemands : des alliés.
De Cuzco à Aix-la-Chapelle, et jusqu’à la bataille de Lépante, voici le récit de la mondialisation renversée, telle qu’au fond, il s’en fallut d’un rien pour qu’elle l’emporte, et devienne réalité.

 

Le rituel des dunes de Jean Marie BLAS DE ROBLES

Roman 2019 – 272 p.

Dans un petit milieu d’expatriés, joyeusement délétère et décalé, Beverly, l’Américaine, fait figure de brillanteexcentrique. Elle n’a aucune limite, mène sa vie comme au casino, et ne vit que par passion. Elle est exubérante, impulsive : irrésistible.
Quand Roetgen débarque sans transition du Brésil à Tientsin, mégapole glaciale du nord de la Chine, il est séduit par cette femme inouïe, de vingt ans son aînée. Comme une Shéhérazade en ombre chinoise, Beverly, qui a vécu (ou fantasmé) mille vies rocambolesques, des plus sordides aux plus éclatantes, réclame à son jeune amant des histoires à la hauteur de sa propre biographie : les affres d’un empereur chinois au double visage, une nuit hallucinée au coeur de la Cité interdite, un vrai faux polar mâtiné de sexe et de mafia chinoise. Mais entre fiction et réalité, la mécanique s’enraye, Beverly s’enflamme, dévoilant sa face obscure…

 

Mes vies secrètes de Dominique BONA

Roman biographique 2019 – 318 p.

Dans un récit intime en forme de confession, Dominique Bona retrace sa vie d’écrivain, à la fois romancière et biographe. Elle dévoile ses émotions, ses sentiments et les rencontres qui ont construit sa propre identité. Romain Gary, Berthe Morisot, Gala Dalí, Stefan Zweig, Camille Claudel, Colette : elle raconte la part cachée de ses livres, les enquêtes pleines de risques et d’embûches, les coups de foudre, les hasards et les désillusions qui ont fait de chacun d’eux une histoire personnelle. Si elle convoque avec tendresse et humour les personnages de sa famille imaginaire, c’est elle que l’on découvre.

 

 

 

Cyberstructure. L’internet, un espace politique de Stéphane BORTZMEYER

Economie 2019 – 268 p.

« Une grande partie des activités humaines se déroule aujourd’hui sur l’Internet. On y fait des affaires, de la politique, on y bavarde, on travaille, on s’y distrait, on drague… L’Internet n’est donc pas un outil qu’on utilise, c’est un espace où se déroulent nos activités. »
Les outils de communication ont d’emblée une dimension politique : ce sont les relations humaines, les idées, les échanges commerciaux ou les désirs qui s’y expriment. L’ouvrage de Stéphane Bortzmeyer montre les relations subtiles entre les décisions techniques concernant l’Internet et la réalisation – ou au contraire la mise en danger – des droits fondamentaux. Après une description précise du fonctionnement de l’Internet sous les aspects techniques, économiques et de la prise de décision, l’auteur évalue l’impact des choix informatiques sur l’espace politique du réseau. Un ouvrage pour appuyer une citoyenneté informée, adaptée aux techniques du XXIe siècle et en mesure de défendre les droits humains.

 

Né d’aucune femme de Franck BOUYSSE

Roman 2019 – 333 p.

« Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile.
– Et alors, qu’y a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je.
– Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés.
– De quoi parlez-vous ?- Les cahiers… Ceux de Rose. »
Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.
Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec Né d’aucune femme la plus vibrante de ses oeuvres. Avec ce roman sensible et poignant, il confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l’âme humaine.

 

 

L’amour est aveugle de William BOYD

Roman 2019 (traduit de l’anglais) – 490 p.

1894. Brodie Moncur, jeune accordeur surdoué, s’installe à Paris pour fuir l’ennui de la province écossaise. Sa rencontre avec la belle Lika Blum, soprano russe et maîtresse du célèbre pianiste qui l’emploie, va bouleverser le cours de son existence. Quand leur liaison clandestine est éventée, commence une errance de par le monde, de Genève à Vienne et jusqu’aux îles Andaman, où se scellera son destin.

 

 

 

 

 

J’ai dû rêver trop fort de Michel BUSSI

Roman 2019 – 476 p.

Les plus belles histoires d’amour ne meurent jamais. Elles continuent de vivre dans nos souvenirs et les coïncidences cruelles que notre esprit invente.
Mais quand, pour Nathy, ces coïncidences deviennent trop nombreuses, doit-elle croire qu’il n’y a pas de hasard, seulement des rendez-vous ?
Qui joue à lui faire revivre cette parenthèse passionnelle qui a failli balayer sa vie ?
Quand passé et présent se répètent au point de défier toute explication rationnelle, Nathy doit-elle admettre qu’on peut remonter le temps ?
En quatre escales, Montréal, San Diego, Barcelone et Jakarta, dans un jeu de miroirs entre 1999 et 2019, J’ai dû rêver trop fort déploie une partition virtuose, mêlant passion et suspense, au plus près des coeurs qui battent trop fort.

 

 

Le chien de Madame Halberstadt de Stéphane CARLIER

Roman 2019 – 173 p.

Baptiste, écrivain, a connu des jours meilleurs. Son dernier roman a fait un flop, sa compagne l’a quitté pour un dentiste et, à bientôt 40 ans, il est redevenu proche de sa mère. Il passe ses journées à déprimer chez lui en culotte de survêtement molletonné… Jusqu’à ce que Madame Halberstadt, sa voisine de palier, lui demande de garder son chien quelques jours.

 

 

 

 

Un millier d’étoiles dans mon cœur de Laetitia CELERIEN

Roman (sentimental) 2019 – 314 p.

Aston, passionné de surf, n’a jamais surmonté le drame de ses 10 ans, lorsque, le même jour, ses parents mouraient dans un accident de bateau et que sa meilleure amie Chelsea disparaissait mystérieusement. Seize ans plus tard, il la reconnaît en couverture d’un magazine grâce à une cicatrice sur son front. Il décide de rencontrer celle qui se fait appeler Madison et ne semble pas l’identifier.

 

 

 

 

 

 

Une joie féroce de Sorj CHALANDON

Roman 2019 – 315 p.

Jeanne est une femme formidable. Tout le monde l’aime, Jeanne.
Libraire, on l’apprécie parce qu’elle écoute et parle peu. Elle a peur de déranger la vie. Pudique, transparente, elle fait du bien aux autres sans rien exiger d’eux. A l’image de Matt, son mari, dont elle connaît chaque regard sans qu’il ne se soit jamais préoccupé du sien.
Jeanne bien élevée, polie par l’épreuve, qui demande pardon à tous et salue jusqu’aux réverbères. Jeanne, qui a passé ses jours à s’excuser est brusquement frappée par le mal. «  Il y a quelque chose  », lui a dit le médecin en découvrant ses examens médicaux. Quelque chose. Pauvre mot. Stupéfaction. Et autour d’elle, tout se fane. Son mari, les autres, sa vie d’avant. En guerre contre ce qui la ronge, elle va prendre les armes. Jamais elle ne s’en serait crue capable. Elle était résignée, la voilà résistante. Jeanne ne murmure plus, ne sourit plus en écoutant les autres. Elle se dresse, gueule, griffe, se bat comme une furie. Elle s’éprend de liberté. Elle découvre l’urgence de vivre, l’insoumission, l’illégalité, le bonheur interdit, une ivresse qu’elle ne soupçonnait pas.
Avec Brigitte la flamboyante, Assia l’écorchée et l’étrange Mélody, trois amies d’affliction, Jeanne la rebelle va détruire le pavillon des cancéreux et élever une joyeuse citadelle.

 

Le berceau de Fanny CHESNEL

Roman 2019 – 263 p.

Joseph fabrique le berceau de sa première petite-fille, lorsqu’un coup de téléphone l’interrompt. Un crash d’avion: son fils dedans, son gendre aussi. Et la petite alors ? Sauve, bien vivante ! Prête à naître, car grandissant dans le ventre d’une mère porteuse canadienne choisie par le couple homosexuel. Joseph n’a jamais foutu les pieds hors de sa Normandie natale, il a passé sa vie dans une ferme, vendu ses vaches, enterré sa femme : il n’a plus que cette enfant en tête. Alors il part. À la rencontre de la minuscule promesse qui prolonge l’existence de son fils. À la rencontre de la jeune étrangère, farouche et indomptable, qui la couve. Rien n’est simple dans cette histoire, mais il se lance, à plein régime, dans une réinvention audacieuse et poignante de la famille contemporaine.

 

 

 

Le nouveau de Tracy CHEVALIER

Roman 2019 (traduit de l’anglais) – 219 p.

« Dee le repéra avant tout le monde. Elle en fut très heureuse et fit durer l’instant. Elle se sentait spéciale, de l’avoir pour elle seule pendant quelques secondes, avant que le monde autour d’eux ne s’arrête et que personne ne s’en remette jusqu’à la fin de la journée. »
Sémillante réécriture d’Othello dans une cour d’école de banlieue aux États-Unis, ce neuvième roman de l’auteure de La Jeune Fille à la perle dit à hauteur d’enfant la tragédie universelle du racisme et du harcèlement.
Washington D.C., dans les années 1970. En six ans, c’est la quatrième fois qu’Osei, fils d’un diplomate ghanéen, découvre une nouvelle école. Tout heureux de rencontrer Dee, la fille la plus populaire de l’école, il ne s’inquiète pas des manigances et de la jalousie de ceux qui voient d’un mauvais oeil l’amitié entre un garçon noir et une jolie blonde.

 

L’explosion de la tortue de Eric CHEVILLARD

Roman 2019 – 254 p.

Les tortues de Floride élevées en aquarium ne sont pas tout à fait des cailloux. Elles ont donc besoin d’eau et de nourriture pour vivre. C’est ce que découvre le narrateur de cette histoire, de retour chez lui après un mois d’absence. Il croyait la sienne plus endurante, mais la carapace décalcifiée de la petite Phoebe se fend sous son pouce. Par ailleurs, alors qu’il s’employait à réhabiliter en la signant de son nom l’oeuvre de Louis-Constantin Novat, écrivain ignoré du XIXe siècle, cette généreuse initiative se trouve soudain menacée. Or la forêt des mystères n’abrite pas que des crimes : les deux mésaventures pourraient bien être liées.

 

 

Les enténébrés de Sarah CHICHE

Roman 2019 – 365 p.

Automne 2015. Alors qu’une chaleur inhabituelle s’attarde sur l’Europe, une femme se rend en Autriche pour écrire un article sur les conditions d’accueil des réfugiés. Elle se prénomme Sarah. Elle est aussi psychologue, vit à Paris avec Paul, un intellectuel connu pour ses écrits sur la fin du monde, avec qui elle a un enfant. À Vienne, elle rencontre Richard, un musicien mondialement célébré. Ils s’aiment. Elle le fuit puis lui écrit, de retour en France. Il vient la retrouver. Pour Sarah, c’est l’épreuve du secret, de deux vies tout aussi intenses menées de front, qui se répondent et s’opposent, jusqu’au point de rupture intérieur : à l’occasion d’une autre enquête, sur une extermination d’enfants dans un hôpital psychiatrique autrichien, ses fantômes vont ressurgir. S’ouvre alors une fresque puissante et sombre sur l’amour fou, où le mal familial côtoie celui de l’Histoire en marche, de la fin du XIXe siècle aux décombres de la Deuxième Guerre mondiale, de l’Afrique des indépendances à la catastrophe climatique.

 

La part du fils de Jean-Luc COATALEM

Roman (historique) 2019 – 261 p.

Longtemps, je ne sus quasiment rien de Paol hormis ces quelques bribes arrachées.
« Sous le régime de Vichy, une lettre de dénonciation aura suffi. Début septembre 1943, Paol, un ex-officier colonial, est arrêté par la Gestapo dans un village du Finistère. Motif : “inconnu” . Il sera conduit à la prison de Brest, incarcéré avec les “terroristes”, interrogé. Puis ce sera l’engrenage des camps nazis, en France et en Allemagne. Rien ne pourra l’en faire revenir. Un silence pèsera longtemps sur la famille. Dans ce pays de vents et de landes, on ne parle pas du malheur.
Des années après, j’irai, moi, à la recherche de cet homme qui fut mon grand-père. Comme à sa rencontre. Et ce que je ne trouverai pas, de la bouche des derniers témoins ou dans les registres des archives, je l’inventerai. Pour qu’il revive »

 

 

Le cœur de l’Angleterre de Jonathan COE

Roman 2019 (traduit de l’anglais) – 548 p,

Comment en est-on arrivé là ? C’est la question que se pose Jonathan Coe dans ce roman brillant qui chronique avec sur le Brexit, Le coeur de l’Angleterre explore avec humour et mélancolie les désillusions publiques et privée une ironie mordante l’histoire politique de l’Angleterre des années 2010. Du premier gouvernement de coalition en Grande-Bretagne aux émeutes de Londres en 2011, de la fièvre joyeuse et collective des jeux Olympiques de 2012 au couperet du référendum s d’une nation en crise. Dans cette période trouble où les destins individuels et collectifs basculent, les membres de la famille Trotter reprennent du service. Benjamin a maintenant cinquante ans et s’engage dans une improbable carrière littéraire, sa soeur Lois voit ses anciens démons revenir la hanter, son vieux père Colin n’aspire qu’à voter en faveur d’une sortie de l’Europe et sa nièce Sophie se demande si le Brexit est une cause valable de divorce.Au fil de cette méditation douce-amère sur les relations humaines, la perte et le passage inexorable du temps, le chantre incontesté de l’Angleterre questionne avec malice les grandes sources de crispation contemporaines : le nationalisme, l’austérité, le politiquement correct et les identités.
Dans la lignée de Bienvenue au club et du Cercle fermé, Le coeur de l’Angleterre est le remède tout trouvé à notre époque tourmentée.

 

Les victorieuses de Laetitia COLOMBANI

Roman 2019 – 221 p.

Brillante avocate, Solène tente de se reconstruire après un burn out. Acceptant une mission bénévole d’écrivain public, elle est envoyée au Palais de la Femme, vaste foyer au coeur de Paris. Les résidentes s’appellent Binta, Sumeya, Cvetana, Salma ou la Renée et viennent du monde entier. Lorsqu’elles voient arriver Solène, elles se montrent méfiantes. Solène vacille mais s’acharne, bien décidée à trouver sa place auprès de ces femmes aux destins tourmentés…
Un siècle plus tôt, Blanche Peyron oeuvre en faveur des démunis. Elle a voué sa vie à l’Armée du Salut et rêve d’offrir un refuge à toutes les exclues de la société. Le chemin est ardu, mais Blanche ne renonce jamais.
Laetitia Colombani donne vie à ces Victorieuses anonymes, à Blanche l’oubliée, à toutes celles qui refusent de se résigner. Un hymne à la solidarité prodigieusement romanesque.

 

En attendant le jour de Michaël CONNELLY

Roman policier 2019 (traduit de l’anglais/Etats-Unis) – 417 p.

L’inspectrice Renée Ballard est a nouvelle héroïne de Michael Connelly
Reléguée au quart de nuit du commissariat d’Hollywood, elle se lance dans des enquêtes qu’elle n’a pas le droit de mener à leur terme. Le règlement l’oblige en effet à les confier aux inspecteurs de jour dès la fin de son service. Mais, une nuit, elle tombe sur deux affaires qu’elle refuse d’abandonner : le tabassage d’un prostitué laissé pour mort dans un parking, et le meurtre d’une jeune femme lors d’une fusillade dans un night-club. En violation de toutes les règles et contre les désirs mêmes de son coéquipier, elle décide de travailler les deux dossiers de jour tout en honorant ses quarts de nuit. L’épuisement la gagne, ses démons la rattrapent et la hiérarchie s’acharne, mais Renée Ballard n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds.

 

 

 

Les calendriers de Robert COTTARD

Roman 2019 – 262 p.

Gonneville-la-Mallet est un bourg de 1 500 habitants situé dans le pays de Caux, à quelques kilomètres d’Étretat. Chaque fin d’année, « Bob le facteur » y perpétue la tradition du calendrier.
D’une visite à l’autre, c’est comme un minuscule fragment de la comédie humaine qui se dévoile. Car tous ceux et celles qu’il rencontre – paysan, cafetier, marin, commerçante ou demoiselle des postes, sans oublier le châtelain – sont porteurs d’une histoire singulière.
Ce sont ces histoires que raconte Robert Cottard, avec un formidable sens de l’humour.
Et le pressentiment que le monde qu’il décrit est déjà en train de disparaître.

 

 

 

Une bête au Paradis de Cécile COULON

Roman 2019 – 345 p.

La vie d’Émilienne, c’est le Paradis. Cette ferme isolée, au bout d’un chemin sinueux. C’est là qu’elle élève seule, avec pour uniques ressources son courage et sa terre, ses deux petits-enfants, Blanche et Gabriel. Les saisons se suivent, ils grandissent. Jusqu’à ce que l’adolescence arrive et, avec elle, le premier amour de Blanche, celui qui dévaste tout sur son passage. Il s’appelle Alexandre. Leur couple se forge. Mais la passion que Blanche voue au Paradis la domine tout entière, quand Alexandre, dévoré par son ambition, veut partir en ville, réussir. Alors leurs mondes se déchirent. Et vient la vengeance.
Une bête au Paradis est le roman d’une lignée de femmes possédées par leur terre. Un huis clos fiévreux hanté par la folie, le désir et la liberté.

 

 

De pierre et d’os de Bérengère COURNUT

Roman 2019 – 219 p.

Une nuit, la banquise se fracture et sépare une jeune femme de sa famille. Uqsuralik se retrouve livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Si elle veut survivre, elle doit avancer à la rencontre d’autres êtres vivants. Commence alors, dans des conditions extrêmes, une errance au sein de l’espace arctique, peuplé d’hommes, d’animaux et d’esprits.
Bérengère Cournut poursuit sa recherche d’une vision poétique du monde avec une oeuvre qui nous amène cette fois chez les Inuit. Roman d’aventures et de sagesse achevé au cours d’une résidence au Muséum national d’histoire naturelle, De pierre et d’os nous offre le destin lumineux d’une femme en quête de son identité.

 

 

La mer à l’envers de Marie DARRIEUSSECQ

Roman 2019 – 249 p.

Rien ne destinait Rose, parisienne qui prépare son déménagement pour le pays Basque, à rencontrer Younès qui a fui le Niger pour tenter de gagner l’Angleterre. Tout part d’une croisière un peu absurde en Méditerranée. Rose et ses deux enfants, Emma et Gabriel, profitent du voyage qu’on leur a offert. Une nuit, entre l’Italie et la Libye, le bateau d’agrément croise la route d’une embarcation de fortune qui appelle à l’aide. Une centaine de migrants qui manquent de se noyer et que le bateau de croisière recueille en attendant les garde-côtes italiens. Cette nuit-là, poussée par la curiosité et l’émotion, Rose descend sur le pont inférieur où sont installés ces exilés. Un jeune homme retient son attention, Younès. Il lui réclame un téléphone et Rose se surprend à obtempérer. Elle lui offre celui de son fils Gabriel. Les garde-côtes italiens emportent les migrants sur le continent. Gabriel, désespéré, cherche alors son téléphone partout, et verra en tentant de le géolocaliser qu’il s’éloigne du bateau. Younès l’a emporté avec lui, dans son périple au-delà des frontières.

 

Mon père de Grégoire DELACOURT

Roman 2019 – 219 p.

« Ce monde ne sera guéri que lorsque les victimes seront nos Rois. »
Je me suis toujours demandé ce que je ferais si quelqu’un attentait à l’un de mes enfants. Quel père alors je serais. Quelle force, quelle faiblesse. Et tandis que je cherchais la réponse, une autre question a surgi : sommes-nous capables de protéger nos fils ?

 

 

 

 

 

Haine pour haine de Eva DOLAN

Roman policier 2019 (traduit de l’anglais) – 423 p.

Ils ont été assassinés à coups de pied, dans la rue, sauvagement. Leur seule faute : être étrangers. Quant à leur agresseur, il n’a même pas songé à éviter les caméras de surveillance. Visage masqué, il s’est planté devant elles pour signer son acte barbare d’un salut nazi. Et comme si cela ne suffisait pas à la section des crimes de haine, trois travailleurs immigrés sont renversés par un chauffard qui prend la fuite. L’inspecteur Zigic et sa partenaire, le sergent Ferreira, reçoivent alors une consigne claire : ne surtout pas ébruiter la piste raciste auprès des médias, que les deux affaires soient liées ou non. La ville de Peterborough est déjà au bord de l’implosion. D’ailleurs la police n’est pas la seule à s’inquiéter : pour Richard Shotton, député local d’extrême droite en pleine campagne électorale, ce serait une publicité fort malvenue…
Entre jeux de pouvoir, haines identitaires et crise économique, Dolan dresse un portrait acerbe et lucide de l’Angleterre.
Qui souffle sur les braises de l’intolérance ?

 

 

Toutes les dernières fois de Carole DUPLESSIS-ROUSÉE

Roman 2019 – 363 p.

Pour les Cheylard, rien n’est plus fort que les liens du sang. A Ruoms, en Ardèche méridionale, Magdalena et Damian emploient dans leur entreprise de construction et de rénovation leurs trois fils, César, Martin et Bastian, et la petite dernière, Elena, une femme libre et indomptable. A la bastide, chacun vit en toute indépendance mais jamais très loin des autres.
Sous la chaleur brûlante de l’été qui s’amorce, alors que la récolte des pêches va commencer, l’arrivée d’un saisonnier espagnol bouleverse ce bel équilibre et provoque une véritable onde de choc au sein de la famille. Les enfants s’interrogent, Bastion surtout, tant sa ressemblance avec l’Espagnol est frappante. Qui est ce mystérieux inconnu et qu’est-il vraiment venu faire à Ruoms ? Soutenu par Elena, il interroge sa mère mais celle-ci s’enferme dans le silence.
Prise au piège, Magdalena comprend qu’elle ne pourra plus taire bien longtemps le secret qu’elle a enfoui en elle durant quarante-deux ans.

 

 

Nous étions nés pour être heureux de Lionel DUROY

Roman – 222 p.

Depuis trente ans, Paul a fait de son histoire familiale, et du désastre que fut son enfance, la matière même de ses romans. Une démarche que ses frères et soeurs n’ont pas comprise, au point de ne plus lui adresser la parole pendant de longues années. Et puis arrive le temps de la réconciliation. Paul décide de réunir à déjeuner, dans la maison qui est devenue son refuge, tous les protagonistes de sa tumultueuse existence : ses neuf frères et soeurs, leurs enfants et les siens, et même ses deux ex-femmes.
Viendra qui voudra et advienne que pourra.

 

 

 

 

Car la nuit s’approche de Anna ENQUIST

Roman 2019 – 283 p. (traduit du néerlandais)

À la suite d’une violente agression, un quatuor de musiciens amateurs formé d’amis de longue date se disperse. Caroline, tentant de surmonter sa dépression, laisse son mari Jochem à ses préoccupations sécuritaires et part en Chine rejoindre Hugo, qui organise désormais des festivals d’échanges artistiques entre Orient et Occident. Avec lui, elle s’initie à la culture chinoise, rencontre les jeunes musiciens du conservatoire de Shanghai, puis fait la connaissance de Max, un pédiatre américain qui parcourt le pays pour enquêter sur les conditions de vie dans les orphelinats. Caroline est alors prise entre sa révolte, son impuissance face à la misère dans laquelle croupissent ces enfants abandonnés, et la passion que lui inspire ce héros de l’humanitaire. Mais s’agit-il pour lui d’un sacerdoce… ou d’une fuite ?
Alors que, loin de chez elle, sa vie prend une tournure inattendue, Caroline doit faire des choix : qui aimer, où vivre, comment réinventer sa façon d’exercer la médecine, comment renouer avec sa pratique musicale, comment raviver des liens d’amitié mis à rude épreuve ?
(Nota : suite de Quatuor, paru en 2016, disponible à la bibliothèque)

 

 

Paz de Caryl FEREY

Roman policier – 535 p.

Pour la première fois depuis des décennies en Colombie, paramilitaires, FARC et narcotrafiquants ont déposé les armes. En politicien avisé, Saul Bagader a su se faire apprécier des artisans de paix. Mais des corps mutilés rappelant les pires heures de la guerre civile sont retrouvés aux quatre coins du pays. Lauro Bagader, fils de Saul et chef de la police de Bogota, doit faire cesser l’hécatombe.

 

 

 

 

 

Les amazones (volume 3 de Mille femmes blanches) de Jim FERGUS

Roman (historique) 2019 (traduit de l’anglais /Etats-Unis) – 369 p.

1875. Un chef cheyenne propose au président Grant d’échanger mille chevaux contre mille femmes blanches, afin de les marier à ses guerriers. Celles-ci, « recrutées » de force dans les pénitenciers et les asiles du pays, intègrent peu à peu le mode de vie des Indiens, au moment où commencent les grands massacres des tribus.
1876. Après la bataille de Little Big Horn, quelques survivantes décident de prendre les armes contre cette prétendue « civilisation » qui vole aux Indiens leurs terres, leur mode de vie, leur culture et leur histoire. Cette tribu fantôme de femmes rebelles va bientôt passer dans la clandestinité pour livrer une bataille implacable, qui se poursuivra de génération en génération.
Dans cet ultime volume de la trilogie Mille femmes blanches, Jim Fergus mêle avec une rare maestria la lutte des femmes et des Indiens face à l’oppression, depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui. Avec un sens toujours aussi fabuleux de l’épopée romanesque, il dresse des portraits de femmes aussi fortes qu’inoubliables.

 

L’amour harcelant de Elena FERRANTE

Roman 2019 (traduit de l’italien) – 221 p.

« À la maison elle vivait humble et fuyante. Mais je soupçonnais, exactement comme mon père, que hors de la maison elle riait différemment, respirait différemment, orchestrait les mouvements de son corps de manière à laisser tout le monde éberlué. »
Délia est depuis longtemps habituée aux frasques de sa mère fantasque. Mais le jour où celle-ci est retrouvée mystérieusement noyée, Délia s’interroge. Qui était vraiment Amalia ? La clé se trouve peut-être au coeur de l’histoire familiale. Dans l’atmosphère du Naples d’antan, la quête de l’héroïne est parsemée de rencontres réanimant les violences du passé. Le regard qu’elle porte sur sa mère, à la fois tendre et douloureux, suit les inflexions d’une plume sensuelle et désespérée.

 

 

La fille de Vercingétorix de Jean-Yves FERRI et Didier CONRAD

Volume 38 de la BD Astérix – 48 p. – 2019

Une adolescente arrive dans le village gaulois escortée par deux chefs arvernes. Recherchée par César et ses légionnaires, elle n’est autre qu’Adrénaline, la fille de Vercingétorix, le fédérateur des peuples gaulois jadis vaincu à Alésia.

 

 

 

 

Doggerland de Elizabeth FILHOL

Roman 2019 – 344 p.

Il y a huit mille ans, une grande île s’étendait au milieu de la mer du Nord, le Doggerland. Margaret en a fait son objet d’étude. Marc aurait pu la suivre sur cette voie, mais c’est le pétrole qu’il a choisi. Il a quitté le département de géologie de St Andrews, pour une vie d’aventure sur les plateformes offshore. Vingt ans plus tard, une occasion se présente. Ils pourraient la saisir, faire le choix de se revoir. On dit que l’histoire ne se répète pas. Mais les géologues le savent, sur des temps très longs, des forces agissent à distance, capables de réveiller d’anciens volcans, de rouvrir de vieilles failles, ou de les refermer.

 

 

 

Deux sœurs de David FOENKINOS

Roman 2019 – 172 p.

Du jour au lendemain, Étienne décide de quitter Mathilde, et l’univers de la jeune femme s’effondre. Comment ne pas sombrer devant ce vide aussi soudain qu’inacceptable ? Quel avenir composer avec le fantôme d’un amour disparu ? Dévastée, Mathilde est recueillie par sa soeur Agathe dans le petit appartement qu’elle occupe avec son mari Frédéric et leur fille Lili. De nouveaux liens se tissent progressivement au sein de ce huis clos familial, où chacun peine de plus en plus à trouver un équilibre. Il suffira d’un rien pour que tout bascule…

 

 

 

A même la peau de Lisa GARDNER

Roman policier 2019 (traduit de l’anglais/Etats-Unis) – 504 p.

Deux meurtres spectaculaires sont perpétrés à Boston à six semaines d’intervalle. Dans les deux cas, les victimes sont des femmes seules, atrocement mutilées, à côté desquelles l’assassin a déposé une rose.
L’inspectrice D.D. Warren, chargée de l’enquête, décèle vite une similitude entre ces mises en scène macabres et une longue série de meurtres ayant défrayé la chronique à Boston quarante ans plus tôt et dont l’auteur, Harry Day, s’est suicidé depuis.
Seul recours pour D.D. Warren : se rapprocher des deux filles de Harry Day. Se pourrait-il qu’il y ait un lien entre les récents crimes et Shana et Adeline ? Pour le savoir, D.D. Warren va devoir se confronter à cette interrogation : peut-on échapper à son destin lorsqu’il est marqué du sceau de la mort ?
Une plongée stupéfiante au coeur d’un enfer familial : Lisa Gardner s’impose définitivement comme une virtuose du thriller psychologique.

 

Le prix de Cyril GELY

Roman historique 2019 – 219 p.

« Huit ans qu’elle attendait cette entrevue, qu’elle l’imaginait jour après jour. Elle avec Hahn. Elle contre Hahn. Huit ans. Et ce jour est enfin arrivé. »
Le 10 décembre 1946, au Grand Hôtel de Stockholm, Otto Hahn attend de recevoir le prix Nobel de chimie. Peu avant l’heure, il est rejoint dans sa suite par Lise Meitner, son ancienne collaboratrice avec laquelle il a travaillé plus de trente ans. Mais Lise ne vient pas le féliciter. Elle vient régler ses comptes.
Dans ce huis clos implacable, Cyril Gely, l’auteur de la pièce de théâtre Diplomatie (adaptée à l’écran par Volker Schlöndorff et récompensée par le César de la meilleure adaptation), confronte la vérité de deux scientifiques aux prises avec l’Histoire.

 

 

Le Schmock de Franz-Olivier GIESBERG

Roman historique 2019 – 401 p.

J’écris des romans pour raconter des histoires. Depuis longtemps, j’en avais une qui me courait dans la tête et qui se déroulait dans l’Allemagne nazie du siècle dernier, en Bavière. Une histoire d’amour, d’amitié.
Malgré toutes mes lectures sur la période hitlérienne, je n’ai jamais réussi à comprendre pourquoi tant d’Allemands « bien », respectables, avaient pris à la légère la montée du nazisme tandis que les Juifs tardaient étrangement à fuir. Par quelle aberration, à cause de quelles complaisances, quelles lâchetés, le nazisme fut-il possible ? Qu’était-il arrivé à ce grand pays de musiciens, de philosophes et de poètes ? Ces questions-là n’ont jamais cessé de me hanter.
Je crois que l’histoire d’Élie, Elsa, Lila, Karl et les autres apporte quelques clés.
Après tout, il n’y a que les fous pour tenter de répondre à ce genre de questions, les fous ou les personnages de roman.

 

Murène de Valentine GOBY

Roman 2019 – 379 p.

Hiver 1956. Dans les Ardennes, François, un jeune homme de vingt-deux ans, s’enfonce dans la neige, marche vers les bois à la recherche d’un village. Croisant une voie ferrée qui semble désaffectée, il grimpe sur un wagon oublié… Quelques heures plus tard une enfant découvre François à demi-mort – corps en étoile dans la poudreuse, en partie calciné.
Quel sera le destin de ce blessé dont les médecins pensent qu’il ne survivra pas ? À quelle épreuve son corps sera-t-il soumis ? Qu’adviendra-t-il de ses souvenirs, de son chemin de vie alors que ses moindres gestes sont à réinventer, qu’il faut passer du refus de soi au désir de poursuivre ?
Murène s’inscrit dans cette part d’humanité où naît la résilience, ce champ des possibilités humaines qui devient, malgré les contraintes de l’époque – les limites de la chirurgie, le peu de ressources dans l’appareillage des grands blessés -, une promesse d’échappées. Car bien au-delà d’une histoire de malchance, ce roman est celui d’une métamorphose qui nous entraîne, solaire, vers l’émergence du handisport et jusqu’aux Jeux paralympiques de Tokyo en 1964.

 

 

Les simples de Yannick GRANNEC

Roman 2019 – 445 p.

1584, en Provence. L’abbaye de Notre-Dame du Loup est un havre de paix pour la petite communauté de bénédictines qui y mène une existence vouée à Dieu et à soulager les douleurs de Ses enfants. Ces religieuses doivent leur indépendance inhabituelle à la faveur d’un roi, et leur autonomie au don de leur doyenne, soeur Clémence, une herboriste dont certaines préparations de simples sont prisées jusqu’à la Cour.
Le nouvel évêque de Vence, Jean de Solines, compte s’accaparer cette manne financière. Il dépêche deux vicaires dévoués, dont le jeune et sensible Léon, pour inspecter l’abbaye. À charge pour eux d’y trouver matière à scandale, ou à défaut… d’en provoquer un
Mais l’évêque, vite dépassé par ses propres intrigues, va allumer un brasier dont il est loin d’imaginer l’ampleur.
Il aurait dû savoir que, lorsqu’on lui entrouvre la porte, le diable se sent partout chez lui. Évêque, abbesse, soigneuse, rebouteuse, seigneur ou souillon, chacun garde une petite part au Malin. Et personne, personne n’est jamais aussi simple qu’il y paraît.

 

L’ombre de la baleine de Camilla GREBE

Roman policier 2019 (traduit du suédois) – 442 p.

Poursuivi par Igor, un dangereux dealer, le jeune Samuel quitte Stockholm pour se réfugier sur l’île de Marholmen où Rachel le recrute pour prendre soin de son fils handicapé Jonas. Les policiers Manfred et Malin enquêtent sur des cadavres échoués sur les côtes. Ils soupçonnent Igor lorsqu’ils constatent que tous sont des consommateurs de drogue

 

 

 

 

 

Mécanique de la chute de Seth GREELAND

Roman 2019 (traduit de l’anglais/Etats-Unis) – 666 p.

Un empire financier bâti sur deux générations suffit-il mettre les descendants à l’abri des tracas de la vie ? Apparemment non car Jay Gladstone, l’héritier flamboyant de cette fortune, est assailli par les mêmes tracas que le commun des mortels : épouse exigeante, progéniture insupportable, obligations familiales, contraintes sociales. Également propriétaire d’une équipe de basket, Jay doit aussi compter avec les coûteux caprices des joueurs, noirs pour la plupart, dont la super star Dag. Nous sommes en 2012 et Obama fait campagne pour un second mandat, mais cela n’apaise pas pour autant les conflits raciaux. Il suffit qu’un Blanc tue accidentellement un Noir et le pays s’embrase. La machine médiatique se met alors en route, le politiquement correct emplit les colonnes des journaux, les procureurs en mal de notoriété se retroussent les manches, les fake news envahissent les réseaux sociaux. La mécanique de la chute est désormais enclenchée.

 

Lost man (L’homme perdu) de Jane HARPER

Roman policier 2019 (traduit de l’anglais/Australie) – 414 p.

Après des mois de silence, Nathan et Bub Bright se retrouvent sur la frontière séparant leurs ranchs, au coeur aride de l’Outback australien.
Leur frère Cameron gît à leurs pieds, mort de soif. Sur ces terres isolées et suffocantes, à trois heures de voiture les uns des autres, aucune autre âme ne vit dans les environs. Alors pourquoi Cameron aurait erré sous le soleil implacable jusqu’à en mourir ?
L’enfant du milieu et le favori avait récemment repris la propriété familiale. Nathan et Bub vont y retrouver ceux qu’il a laissés derrière lui : sa femme, ses filles, leur mère, et quelques employés. Mais alors que commence le deuil, Nathan se met à avoir des soupçons, qui le forcent à remuer de terribles secrets de famille. Car si quelqu’un est responsable de la mort de Cameron… les suspects se comptent sur les doigts d’une main.

 

La maison allemande de Anette HESSE

Roman historique 2019 (traduit de l’allemand) – 394 p.

Best-seller dès sa parution, immédiatement traduit dans de nombreux pays, La Maison allemande nous fait éprouver le traumatisme et la révolte d’une génération qui a eu vingt ans dans les années soixante et s’est trouvée confrontée au refus de mémoire dans l’Allemagne de l’après-guerre.
L’héroïne du roman, Eva, fille des propriétaires d’un modeste restaurant de Francfort-sur-le-Main, s’apprête à se fiancer avec un jeune héritier de la ville quand débute le « second procès d’Auschwitz » (1963) où doivent être jugés les crimes des dignitaires nazis. Eva a suivi des études d’interprète, elle maîtrise la langue polonaise : le tribunal la contacte pour lui proposer d’assurer, durant les audiences, la traduction instantanée des dépositions que feront les survivants du camp.
Ignorant tout de ce passé, bravant les vives réticences de ses propres parents et celles de son fiancé, Eva décide de suivre son instinct et d’accepter cette mission.
S’ouvre alors devant elle le long chemin d’une prise de conscience qui engage sa famille, mais qui concerne également toute la société de son temps.

 

 

Ceux qu’on aime de Victoria HISLOP

Roman 2019 (traduit de l’anglais) – 459 p.

Athènes, milieu des années 1940. Récemment libérée de l’occupation allemande, la Grèce fait face à de violentes tensions internes. Confrontée aux injustices qui touchent ses proches, la jeune Themis décide de s’engager auprès des communistes et se révèle prête à tout, même à donner sa vie, au nom de la liberté
Arrêtée et envoyée sur l’île de Makronissos, véritable prison à ciel ouvert, Themis rencontre une autre femme, militante tout comme elle, avec qui elle noue une étroite amitié. Lorsque cette dernière est condamnée à mort, Themis prend une décision qui la hantera pendant des années.
Au crépuscule de sa vie, elle lève enfin le voile sur ce passé tourmenté, consciente qu’il faut parfois rouvrir certaines blessures pour guérir.

 

 

Les roses de la nuit de Arnaldur INDRIDASSON

Roman policier 2019 (traduit de l’islandais) – 247 p.

À la sortie d’un bal, un couple se réfugie dans un cimetière, mais au cours de leurs ébats la jeune femme voit un cadavre et aperçoit une silhouette qui s’éloigne. Elle appelle la police tandis que son compagnon, lui, file en vitesse. Le commissaire Erlendur et son adjoint Sigurdur Oli arrivent sur les lieux pour découvrir la très jeune morte abandonnée sur la tombe fleurie d’un grand homme politique originaire des fjords de l’Ouest.
La victime a 16 ans, elle se droguait. Erlendur questionne sa fille Eva Lind, qui connaît bien les milieux de la drogue. Elle lui fournit des informations précieuses et gênantes pour un père. Il s’intéresse aussi à la tombe du héros national et va dans l’Ouest où il découvre une situation sociale alarmante. La vente des droits de pêche a créé un grand chômage et une émigration intérieure massive vers Reykjavík.
Le parrain de la drogue, vieux rocker et proxénète, est enlevé au moment où la police révèle ses relations avec un promoteur immobilier amateur de très jeunes femmes.

 

Le matin est un tigre de Constance JOLY

Roman 2019 – 153 p.

Depuis quelques mois, la vie d’Alma se hérisse de piquants. Sa fille souffre d’un mal étrange et s’étiole de jour en jour. Tous les traitements échouent, et les médecins parlent de tumeur. Mais Alma n’y croit pas. Elle a l’intuition qu’un chardon pousse à l’intérieur de la poitrine de son enfant. On a beau lui dire – son mari le premier – que la vie n’est pas un roman de Boris Vian, Alma n’en démord pas. À quelques heures d’une opération périlleuse, son intuition persiste. Il ne faut pas intervenir. C’est autre chose qui peut sauver sa fille… Elle, peut-être ?
Dans une langue merveilleusement poétique et imagée, Constance Joly met en scène l’histoire de ce que l’on transmet, malgré nous, à nos enfants. Le matin est un tigre parce que, certains jours, la vie est un combat et qu’il faut bien arriver à s’en débrouiller.

 

 

Une femme en contre-jour de Gaëlle JOSSE

Roman biographique 2019 – 153 p.

« Raconter Vivian Maier, c’est raconter la vie d’une invisible, d’une effacée. Une nurse, une bonne d’enfants.
Une photographe de génie qui n’a pas vu la plupart de ses propres photos.
Une Américaine d’origine française, arpenteuse inlassable des rues de New York et de Chicago, nostalgique de ses années d’enfance heureuse dans la verte vallée des Hautes-Alpes où elle a rêvé de s’ancrer et de trouver une famille.
Son oeuvre, pleine d’humanité et d’attention envers les démunis, les perdants du rêve américain, a été retrouvée par hasard dans des cartons oubliés au fond d’un garde-meubles de la banlieue de Chicago.
Vivian Maier venait alors de décéder, à quatre-vingt-trois ans, dans le plus grand anonymat. Elle n’aura pas connu la célébrité, ni l’engouement planétaire qui accompagne aujourd’hui son travail d’artiste.
Une vie de solitude, de pauvreté, de secrets familiaux et d’épreuves ; une personnalité complexe et parfois déroutante, un destin qui s’écrit entre la France et l’Amérique.
L’histoire d’une femme libre, d’une perdante magnifique, qui a choisi de vivre les yeux grands ouverts.
Je vais vous dire cette vie-là, et aussi tout ce qui me relie à elle, dans une correspondance ressentie avec mon travail d’écrivain. »

 

L’outrage fait à Sarah Ikker de Yasmina KHADRA

Roman 2019 – 275 p.

« Sarah aurait tant aimé que son mari se réveille et qu’il la surprenne penchée sur lui, pareille à une étoile veillant sur son berger. Mais Driss ne se réveillerait pas. Restitué à lui-même, il s’était verrouillé dans un sommeil où les hantises et les soupçons se neutralisaient, et Sarah lui en voulait de se mettre ainsi à l’abri des tourments qui la persécutaient. Aucun ange ne t’arrive à la cheville, lorsque tu dors, mon amour, pensa-t-elle. Pourquoi faut-il qu’à ton réveil tu convoques tes vieux démons, alors qu’il te suffit d’un sourire pour les tenir à distance ? »
Couple comblé, Sarah et Driss Ikker mènent la belle vie à Tanger jusqu’au jour où l’outrage s’invite à leur table. Dès lors, Driss n’a plus qu’une seule obsession : identifier l’intrus qui a profané son bonheur conjugal.

 

 

La sorcière de Camilla LACKBERG

Roman policier 2019 (traduit du suédois) – 695 p.

Une fillette de quatre ans disparaît de la ferme isolée de ses parents. Après une longue battue, Nea est retrouvée nue sous un tronc d’arbre dans la forêt, assassinée. Fait troublant : la fillette se trouvait à l’endroit où, trente ans plus tôt, avait été découvert le corps sans vie de la petite Stella, une fillette du même âge qui habitait la même ferme. À l’époque, deux adolescentes, Marie et Helen, avaient été condamnées pour le meurtre : elles avaient avoué avant de se rétracter. Désormais mariée à un militaire autoritaire et psychopathe, Helen mène une vie recluse, non loin de la ferme, dans l’ombre des crimes passés. La belle Marie, quant à elle, est devenue une star du cinéma à Hollywood ; pour la première fois depuis la tragédie, elle vient de revenir à Fjällbacka pour un tournage. Cette coïncidence et les similitudes entre les deux affaires sont trop importantes pour que Patrik Hedström et son équipe puissent les ignorer, mais ils sont encore loin de se douter des répercussions désastreuses que va avoir leur enquête sur la petite localité. De son côté, Erica Falck écrit un livre sur l’affaire Stella. Une découverte la trouble : juste avant son suicide, le policier responsable de l’enquête à l’époque s’était mis à douter de la culpabilité des deux adolescentes. Pourquoi ?

 

La cage dorée de Camilla LACKBERG

Roman policier 2019 (traduit du suédois) – 343 p.

Un mari parfait, une fille adorable et un appartement de luxe dans l’un des quartiers les plus chics de Stockholm, Faye semble tout avoir. Mais de sombres souvenirs de son enfance à Fjällbacka la hantent et elle se sent chaque jour un peu plus prisonnière d’une cage dorée. La femme forte et ambitieuse qu’elle était autrefois a tout abandonné pour Jack. Lorsqu’il la trahit, son univers s’effondre. Du jour au lendemain, elle se retrouve sans rien. D’abord complètement anéantie, elle décide de rendre coup pour coup et se met à échafauder une vengeance impitoyable.
Retraçant le destin poignant d’une femme trompée et exploitée qui prend sa vie en main, La Cage dorée est un cocktail palpitant de trahison, de rédemption et de vengeance.

 

 

 

La tentation de Luc LANG

Roman 2019 – 353 p.

C’est l’histoire d’un monde qui bascule. Le vieux monde qui s’embrase, le nouveau qui surgit. Toujours la même histoire… et pourtant. François, chirurgien, la cinquantaine, aime chasser. Il aime la traque, et même s’il ne se l’avoue pas, le pouvoir de tuer. Au moment où il va abattre un cerf magnifique, il hésite et le blesse. À l’instant où il devrait l’achever, il le hisse sur son pick-up, le répare, le sauve. Quel sentiment de toute-puissance venu du fond des âges l’envahit ? Quand la porte du relais de chasse en montagne s’ouvre sur ses enfants, que peut-il leur transmettre ? Une passion, des biens, mais en veulent-ils seulement ? Son fils, banquier, a l’avidité du fauve. Sa fille, amoureuse éperdue, n’est plus qu’une bête traquée. Ce sont désormais des adultes à l’instinct assassin. Qui va trahir qui ?

 

 

 

Dans l’ombre du brasier de Hervé LE CORRE

Roman policier historique 2019 – 491 p.

À Paris, pendant les dix derniers jours de la Commune. Dans les rues de la ville bombardée où se dressent des barricades, le mal rôde. Des jeunes femmes disparaissent, enlevées par un personnage aussi pervers que repoussant. Parmi elles, Caroline, la bien-aimée du sergent Nicolas Bellec qui combat dans les rangs des Communards.
Antoine Roques, promu au rang de « commissaire » de police par la Commune, enquête sur l’affaire. Mû par le sens du devoir, il se lance à la recherche de la jeune femme, bravant les obus, les incendies, les exécutions sommaires… Et tandis que Paris brûle, Caroline, séquestrée, puis « oubliée » dans une cave parmi les immeubles effondrés, lutte pour sa survie. C’est une course contre la montre qui s’engage, alors que la Commune est en pleine agonie…

 

 

Les refuges de Jérôme LOUBRY

Roman policier 2019 – 390 p.

Installée en Normandie depuis peu, Sandrine est priée d’aller vider la maison de sa grand-mère, une originale qui vivait seule sur une île minuscule, pas très loin de la côte.
Lorsqu’elle débarque sur cette île grise et froide, Sandrine découvre une poignée d’habitants âgés organisés en quasi autarcie. Tous décrivent sa grand-mère comme une personne charmante, loin de l’image que Sandrine en a.
Pourtant, l’atmosphère est étrange ici. En quelques heures, Sandrine se rend compte que les habitants cachent un secret. Quelque chose ou quelqu’un les terrifie. Mais alors pourquoi aucun d’entre eux ne quitte-t-il jamais l’île ?
Qu’est-il arrivé aux enfants du camp de vacances précipitamment fermé en 1949 ?
Qui était vraiment sa grand-mère ?
Sandrine sera retrouvée quelques jours plus tard, errant sur une plage du continent, ses vêtements couverts d’un sang qui n’est pas le sien.

 

Grace de Paul LYNCh

Roman 2019 (traduit de l’anglais) – 479 p.

rlande, 1845. Par un froid matin d’octobre, alors que la Grande Famine ravage le pays, la jeune Grâce est envoyée sur les routes par sa mère pour tenter de trouver du travail et survivre. En quittant son village de Blackmountain camouflée dans des vêtements d’homme, et accompagnée de son petit frère qui la rejoint en secret, l’adolescente entreprend un véritable périple, du Donegal à Limerick, au coeur d’un paysage apocalyptique. Celui d’une terre où chaque être humain est prêt à tuer pour une miette de pain.
Après Un ciel rouge, le matin et La Neige noire, le nouveau roman de Paul Lynch, porté par un magnifique personnage féminin, possède une incroyable beauté lyrique. Son écriture incandescente donne à ce voyage hallucinatoire la dimension d’une odyssée vers la lumière.

 

 

Un si joli mariage de Jean-Paul MALAVAL

Roman 2019 – 312 p.

En manque d’argent, Joëlle abandonne ses études à la fac de lettres de Bordeaux et se réfugie à Périgueux chez son père. Celui-ci ne se montre pas d’un grand secours et Joëlle se résout à accepter une place d’employée de maison chez les propriétaires des Conserveries Dufournelle, une importante société de foie gras. La grande affaire du moment est le mariage du fils aîné, Geoffroy, avec Élise Chanoinet, l’un des plus beaux partis de la ville.
Alice, la seconde épouse de M. Dufournelle, n’est pas mécontente de voir s’éloigner ce beau-fils qui la méprise, mais l’ignorance dans laquelle elle est tenue par son mari des préparatifs des noces provoque une crise conjugale et familiale.
Isolée, Alice trouve du réconfort auprès de Joëlle et en fait sa confidente. La jeune employée devient à ses dépens un enjeu dans un conflit qui la dépasse. Jusqu’à endosser le rôle de la victime expiatoire…
À travers l’histoire d’une amitié entre deux femmes par-delà les barrières sociales, l’auteur des Noces de soie, des Soeurs Querelle ou d’Une famille française met en scène avec une très divertissante finesse le microcosme d’une ville de province d’aujourd’hui.

 

La dernière estive de Antonin MALROUX

Roman 2019 – 247 p.

Auguste, enfant d’Espagnols réfugiés en Auvergne, s’intègre difficilement. Il devient maçon et rencontre la douce Hélène. Leur belle histoire est anéantie en 1944 par des événements mystérieux. Noyé dans le chagrin et la solitude, Auguste devient berger et trouve refuge dans la transhumance.

 

 

 

 

 

Le dynamiteur de Henning MANKELL

Roman 2019 (traduit du suédois) – 213 p.

1911. Oskar Johansson a 23 ans. Dynamiteur, il participe au percement d’un tunnel ferroviaire et manipule des explosifs pour fragmenter la roche. Mutilé à la suite d’un grave accident du travail, il reprendra pourtant son ancien métier, se mariera, aura trois enfants, adhérera aux idéaux socialistes puis communistes. Au soir de sa vie, il partagera son temps entre la ville et un cabanon de fortune sur une île aux confins de l’archipel suédois.
Un mystérieux narrateur recueille la parole de cet homme de peu de mots, qui aura vécu en lisière de la grande histoire, à laquelle il aura pourtant contribué, à sa manière humble et digne.
Ce premier roman de Henning Mankell, écrit à 25 ans, et inédit en France à ce jour, se veut un hommage vibrant à la classe ouvrière, à ces millions d’anonymes qui ont bâti le modèle suédois. Par son dépouillement, sa beauté austère, son émotion pudique, Le Dynamiteur contient en germe toute l’oeuvre à venir de Mankell, sa tonalité solitaire, discrète, marquée à la fois par une mélancolie profonde et une confiance inébranlable dans l’individu.

 

Le bal des folles de Victoria MAS

Roman 2019 – 250 p.

« Depuis l’arrivée de Charcot à la Salpêtrière, on dit que seules les véritables hystériques y sont internées. Mais le doute subsiste… »
Chaque année, à la mi-carême, se tient, à la Salpêtrière, le très mondain Bal des folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Cette scène joyeuse cache une réalité sordide : ce bal « costumé et dansant » n’est rien d’autre qu’une des dernières expérimentations de Charcot, adepte de l’exposition des fous.
Dans ce livre terrible, puissant, écrit au scalpel, Victoria Mas choisit de suivre le destin de ces femmes victimes d’une société masculine qui leur interdit toute déviance et les emprisonne. Parmi elles, Geneviève, dévouée corps et âme au service du célèbre neurologue ; Louise, une jeune fille « abusée » par son oncle ; Thérèse, une prostituée au grand coeur qui a eu le tort de jeter son souteneur dans la Seine ; Eugénie Cléry enfin qui, parce qu’elle dialogue avec les morts, est envoyée par son propre père croupir entre les murs de ce qu’il faut bien appeler une prison.
Un hymne à la liberté pour toutes les femmes que le XIXe siècle a essayé de contraindre au silence.

 

Dans son silence de Alex MICHAELIDES

Roman policier 2019 (traduit de l’anglais) – 373.p.

Alice, jeune peintre britannique en vogue, vit dans une superbe maison près de Londres avec Gabriel, photographe de mode. Quand elle est retrouvée chez elle, hagarde et recouverte de sang devant son mari défiguré par des coups de couteau fatals, la presse s’enflamme. Aussitôt arrêtée, Alice ne prononce plus jamais le moindre mot, même au tribunal. Elle est jugée mentalement irresponsable et envoyée dans une clinique psychiatrique.
Six ans plus tard, le docteur Theo Faber, ambitieux psychiatre, n’a qu’une obsession : parvenir à faire reparler Alice. Quand une place se libère dans la clinique où elle est internée, il réussit à s’y faire embaucher, et entame avec elle une série de face-à-face glaçants dans l’espoir de lui extirper un mot. Et alors qu’il commence à perdre espoir, Alice s’anime soudain. Mais sa réaction est tout sauf ce à quoi il s’attendait…

 

 

Cadavres exquis à Châteaulin de Elizabeth MIGNON

Roman policier 2019 – 336 p.

A Châteaulin, les officiers de police Erwann Le Métayer et Christophe Guillou enquêtent sur la mort suspecte de David Montier, dont le cadavre a été retrouvé dans une ancienne briquèterie.

 

 

 

 

 

 

Âme brisée de Akira MIZUBAYASHI

Roman 2019 – 237 p.

Tokyo, 1938. Quatre musiciens amateurs passionnés de musique classique occidentale se réunissent régulièrement au Centre culturel pour répéter. Autour du Japonais Yu, professeur d’anglais, trois étudiants chinois, Yanfen, Cheng et Kang, restés au Japon, malgré la guerre dans laquelle la politique expansionniste de l’Empire est en train de plonger l’Asie.
Un jour, la répétition est brutalement interrompue par l’irruption de soldats. Le violon de Yu est brisé par un militaire, le quatuor sino-japonais est embarqué, soupçonné de comploter contre le pays. Dissimulé dans une armoire, Rei, le fils de Yu, onze ans, a assisté à la scène. Il ne reverra jamais plus son père… L’enfant échappe à la violence des militaires grâce au lieutenant Kurokami qui, loin de le dénoncer lorsqu’il le découvre dans sa cachette, lui confie le violon détruit. Cet événement constitue pour Rei la blessure première qui marquera toute sa vie…
Dans ce roman au charme délicat, Akira Mizubayashi explore la question du souvenir, du déracinement et du deuil impossible. On y retrouve les thèmes chers à l’auteur d’Une langue venue d’ailleurs : la littérature et la musique, deux formes de l’art qui, s’approfondissant au fil du temps jusqu’à devenir la matière même de la vie, défient la mort.

 

Le roi Chocolat de Thierry MONTORIOL

Roman historique 2019 – 420 p.

Victor, journaliste, part en Amérique latine en 1910 inaugurer un opéra. Mêlé à la révolution mexicaine et aux trafics d’armes, il trouve refuge auprès des derniers Aztèques. Horrifié par les sauterelles grillées ou iguanes farcis dont on croit l’honorer, il survit à l’aide d’un breuvage miraculeux à base de sucre, de banane et du cacao hérité du dieu Quetzacoatl.
De retour à Paris, bravant une malédiction, il joue à l’alchimiste pour réinventer la recette sacrée et la faire découvrir à ses enfants, au voisinage, puis à la France entière, jusqu’aux tranchées de la Grande Guerre. Le Banania est né.
Écrit à partir des carnets de reportage de son inventeur, voici l’histoire vraie d’une aventure à peine croyable qui nous emmène à travers trois continents, deux civilisations et le Paris des Années folles.

 

 

 

Le sport des rois de C.E. MORGAN

Roman 2019 (traduit de l’anglais/Etats-Unis) – 646 p.

Riche propriétaire terrien du Kentucky, Henry Forge dédie sa vie à la recherche de la combinaison génétique idéale pour créer le cheval parfait, une machine de course imbattable et grandiose. Digne héritier d’une famille autoritaire habituée depuis des décennies à posséder, commander, dominer, il fait tout plier à sa volonté, la génétique comme sa fille unique, Henrietta, à qui il transmet son obsession. Dans une ville voisine, Allmon Shaughnessy, un jeune homme noir élevé dans les quartiers pauvres par une mère souffrante, grandit dans un monde de discriminations et d’injustices où les violences policières sont légion. Déterminé à changer le cours de son destin et à conquérir la fortune qu’il mérite, Allmon arrive chez les Forge : garçon d’écurie au talent rare et à l’ambition dévorante, il va mener à la victoire une pouliche de légende, Hellsmouth, bouleverser l’équilibre malsain de la famille et découvrir l’envers du rêve américain.

 

A la recherche d’Alice Love de Liane MORIARTY

Roman 2019 (traduit de l’anglais) – 459 p.

Il a suffi d’une chute de quelques secondes pour qu’Alice Love efface dix années de sa vie : lorsqu’elle se relève, avec une grosse bosse sur la tête, Alice est convaincue d’avoir vingt-neuf ans, d’être enceinte de son premier enfant, au comble du bonheur avec son mari, Nick, dont elle est folle amoureuse.

Or, Alice a trente-neuf ans, trois enfants et s’apprête à divorcer.
Que s’est-il passé ? Comment a-t-elle pu devenir cette femme autoritaire et obsédée par le sport (elle déteste ça !) ? Comment elle et Nick, son amour de toujours, en sont-ils arrivés là ? Pourquoi est-elle en froid avec sa soeur adorée ?
En s’efforçant de reconstituer le puzzle de cette décennie oubliée, Alice découvrira si son amnésie est une malédiction ou une bénédiction…

 

La vie secrète des écrivains de Guillaume MUSSO

Roman 2019 – 347 p.

En 1999, après avoir publié trois romans devenus cultes, le célèbre écrivain Nathan Fawles annonce qu’il arrête d’écrire et se retire à Beaumont, une île sauvage et sublime au large des côtes de la Méditerranée.
Automne 2018. Fawles n’a plus donné une seule interview depuis vingt ans. Alors que ses romans continuent de captiver les lecteurs, Mathilde Monney, une jeune journaliste suisse, débarque sur l’île, bien décidée à percer son secret.
Le même jour, un corps de femme est découvert sur une plage et l’île est bouclée par les autorités. Commence alors entre Mathilde et Nathan un dangereux face à face, où se heurtent vérités occultées et mensonges assumés, où se frôlent l’amour et la peur…

 

 

Le couteau de Jo NESBØ

Roman policier 2019 (traduit du norvégien) – 608 p.

Quitté par la femme qu’il aime, Harry Hole recommence à boire. Il est désormais chargé des affaires non classées alors qu’il souhaite arrêter Svein Finne, un violeur et un tueur en série. Passant outre les ordres de sa supérieure, il pourchasse ce criminel mais à la suite d’une soirée de beuverie, il se réveille les mains couvertes de sang et sans aucun souvenir de la veille.

 

 

 

 

Le cri de l’aurore de Hoai Huong NGUYEN

Roman 2019 – 236 p.

« An Linh n’existe pas. On ne peut arpenter ses rizières, parcourir ses collines, sentir sa brise à l’aube et se recueillir dans ses cimetières face à l’océan. Rien de ce qui suit n’est réel. La correspondance que vous allez lire aurait pu se tenir il y a deux cents ans. Endormis depuis de longues années, Isey, Thanh et leurs compagnons se réveillent. L’un après l’autre, ils se lèvent pour entrer sur une scène imaginaire encore plongée dans la nuit. Ils s’apprêtent, revêtent des tuniques colorées, soulignent leur regard d’un trait de khôl, prennent une plume et des feuilles de papier pour jouer leur partie. Le paysage s’éclaire : ils vont ouvrir le bal… Puisse le Ciel donner vie à leurs lettres, clarté à leurs voix – et leur accorder la grâce de vous rencontrer. ”
Ainsi commence le nouveau livre d’Hoai Huong Nguyen, un roman épistolaire vibrant où l’amour imprègne chaque page et chaque haïku.
Face à l’éloignement et à la mort, la puissance de cet amour – ici pluriel – sera la lumière qui guidera pas à pas les personnages jusqu’à leur renaissance finale. De quelle couleur surgira la voile ?

 

Les confidences de Marie NIMIER

Roman 2019 – 179 p.

Dans un appartement vide, meublé de deux chaises, une table et un immense philodendron, Marie recueille, les yeux bandés, des confidences
Les candidats se sont inscrits anonymement. Ils prennent place sur la chaise libre et racontent ce qu’ils ont choisi de partager, souvent pour la première fois.
Remords, regrets, culpabilité, mais aussi désirs, rêves, fantasmes se dévoilent. Les confidences se succèdent, toujours plus troublantes.

 

 

 

Surveillance : Les libertés au défi du numérique de Tristan NITOT

Essai 2016 (acheté en 2019) 191 p.

Tous nos pas dans le cyberespace sont suivis, enregistrés, analysés, et nos profils se monnayent en permanence. Comment en est-on arrivé là ? Les évolutions techniques ont permis à plus de quatre milliards d’internautes de communiquer, de rechercher de l’information ou de se distraire. Dans le même temps, la concentration des acteurs et les intérêts commerciaux ont développé une industrie mondiale des traces. Les Etats se sont engouffrés dans cette logique et ont mis en oeuvre partout dans le monde des outils de surveillance de masse. Le livre de Tristan Nitot porte un regard lucide et analytique sur la situation de surveillance ; il nous offre également des moyens de reprendre le contrôle de notre vie numérique. Comprendre et agir sont les deux faces de cet ouvrage, qui le rendent indispensable à celles et ceux qui veulent défendre les libertés dans un monde numérique.

 

 

Surface de Olivier NOREK

Roman policier 2019 – 424 p.

Noémie Chastain, capitaine en PJ parisienne, blessée en service d’un coup de feu en pleine tête, se voit parachutée dans le commissariat d’un village perdu, Avalone, afin d’en envisager l’éventuelle fermeture.
Noémie n’est pas dupe : sa hiérarchie l’éloigne, son visage meurtri dérange, il rappelle trop les risques du métier… Comment se reconstruire dans de telles conditions ?
Mais voilà que soudain, le squelette d’un enfant disparu vingt-cinq ans plus tôt, enfermé dans un fût, remonte à la surface du lac d’Avalone, au fond duquel dort une ville engloutie que tout le monde semble avoir voulu oublier..

 

 

 

Soif de Amélie NOTHOMB

Roman 2019 – 151 p.

“Pour éprouver la soif, il faut être vivant.” “On n’apprend des vérités si fortes qu’en ayant soif, qu’en éprouvant l’amour et en mourant : trois activités qui nécessitent un corps.” Avec sa plume inimitable, Amélie Nothomb donne voix et corps à Jésus Christ, quelques heures avant la crucifixion. Elle nous fait rencontrer un Christ ô combien humain et incarné, qui monte avec résignation au sommet du Golgotha. Aucun défi littéraire n’arrête l’imagination puissante et fulgurante d’Amélie Nothomb, qui livre ici un de ses textes les plus intimes.

 

 

 

Girl de Edna O’BRIEN

Roman 2019 (traduit de l’anglais) – 250 p

S’inspirant de l’histoire des lycéennes enlevées par Boko Haram en 2014, l’auteure irlandaise se glisse dans la peau d’une adolescente nigériane. Depuis l’irruption d’hommes en armes dans l’enceinte de l’école, on vit avec elle, comme en apnée, le rapt, la traversée de la jungle en camion, l’arrivée dans le camp, les mauvais traitements, et son mariage forcé à un djihadiste – avec pour corollaires le désarroi, la faim, la solitude et la terreur.Le plus difficile commence pourtant quand la protagoniste de ce monologue halluciné parvient à s’évader, avec l’enfant qu’elle a eue en captivité. Celle qui, à sa toute petite fille, fera un soir dans la forêt un aveu déchirant – « Je ne suis pas assez grande pour être ta mère » – finira bien, après des jours de marche, par retrouver les siens. Et comprendre que rien ne sera jamais plus comme avant : dans leur regard, elle est devenue une «femme du bush», coupable d’avoir souillé le sang de la communauté.

 

I am, I am, I am : dix-sept rencontres avec la mort de Maggie O’FARRELL

Roman 2019 (traduit de l’anglais) – 251 p.

Après le succès d’Assez de bleu dans le ciel, Maggie O’Farrell revient avec un nouveau tour de force littéraire. Poétique, subtile, intense, une oeuvre à part qui nous parle tout à la fois de féminisme, de maternité, de violence, de peur et d’amour, portée par une construction vertigineuse. Une romancière à l’apogée de son talent.
Il y a ce cou, qui a manqué être étranglé par un violeur en Écosse.
Il y a ces poumons, qui ont cessé leur oeuvre quelques instants dans l’eau glacée.
Il y a ce ventre, meurtri par les traumatismes de l’accouchement…
Dix-sept instants. Dix-sept petites morts. Dix-sept résurrections. Je suis, je suis, je suis. I am, I am, I am.

 

 

Une rivière dans les arbres de Jacqueline O’MAHONY

Roman 2019 (traduit de l’anglais) – 318 p.

Irlande, 1919. Le pays est sous tension, tiraillé entre les colons britanniques et les indépendantistes. Bravant le risque d’être découverts par les Black and Tans, des factions armées chargées d’éliminer les résistants, Hannah O’Donovan et sa famille cachent dans leur ferme un petit groupe de rebelles. Hannah fait alors la connaissance de leur chef, O’Riada, un jeune homme sombre et courageux, sans se douter des lourdes conséquences qu’aura cette rencontre.
Londres, 2019. Ellen, qui a quitté l’Irlande pour l’Angleterre il y a plusieurs années, est dans une impasse : endeuillée, elle voit son mariage vaciller et sa carrière s’enliser. Lorsqu’elle apprend que la ferme qui appartenait à ses ancêtres est mise en vente, elle revient dans le pays de son enfance et plonge dans le passé familial. Pourquoi sa famille a-t-elle toujours refusé de parler de sa mystérieuse arrière-grand-tante, Hannah O’Donovan ?
Un premier roman émouvant et élégant, une plongée au coeur de l’Irlande du XXe siècle et de ses troubles politiques.

 

Miss Islande de Auður Ava ÓLAFSDÓTTIR

Roman 2019 (traduit de l’islandais) – 261 p.

Islande, 1963. Hekla, vingt et un ans, quitte la ferme de ses parents et prend le car pour Reykjavik. Il est temps d’accomplir son destin : elle sera écrivain. Sauf qu’à la capitale, on la verrait plutôt briguer le titre de Miss Islande.
Avec son prénom de volcan, Hekla bouillonne d’énergie créatrice, entraînant avec elle Ísey, l’amie d’enfance qui s’évade par les mots – ceux qu’on dit et ceux qu’on ne dit pas -, et son cher Jon John, qui rêve de stylisme entre deux campagnes de pêche…
Mis Islande est le roman, féministe et insolent, de ces pionniers qui ne tiennent pas dans les cases. Un magnifique roman sur la liberté, la création et l’accomplissement.
Explorant avec grâce les troublantes drôleries de l’inconstance humaine, Auður Ava Ólafsdóttir poursuit, depuis Rosa candida, une oeuvre d’une grande finesse, qui lui a valu le Nordic Council Literature Prize, la plus haute distinction décernée à un écrivain des cinq pays nordiques.

 

Personne n’a peur des gens qui sourient de Véronique OVALDÉ

Roman 2019 – 267 p.

Gloria a choisi ce jour de juin pour partir. Elle file récupérer ses filles à l’école et les embarque sans préavis pour un long voyage. Toutes trois quittent les rives de la Méditerranée en direction du Nord, la maison alsacienne dans la forêt de Kayserheim où Gloria, enfant, passait ses vacances. Pourquoi cette désertion soudaine ? Quelle menace fuit-elle ? Pour le savoir, il faudra revenir en arrière, dans les eaux troubles du passé, rencontrer Giovannangeli, qui l’a prise sous son aile à la disparition de son père, lever le voile sur la mort de Samuel, le père de ses enfants – où était Gloria ce soir-là ? -, et comprendre enfin quel rôle l’avocat Santini a pu jouer dans toute cette histoire.
Jusqu’où peut-on protéger ses enfants ? Dans ce roman tendu à l’extrême, Véronique Ovaldé met en scène un fascinant personnage de mère dont l’inquiétude face au monde se mue en un implacable sang-froid pour l’affronter.

 

La transparence du temps de Leonardo PADURA

Roman 2019 (traduit de l’espagnol/Cuba) – 429 p.

Alors qu’il approche de son 60e anniversaire, Mario Conde broie du noir. Mais le coup de fil d’un ancien camarade de lycée réveille ses vieux instincts.Au nom de l’amitié (mais aussi contre une somme plus qu’honorable), Bobby le charge de retrouver une mystérieuse statue de la Vierge noire que lui a volée un ex-amant un peu voyou.
Conde s’intéresse alors au milieu des marchands d’art de La Havane, découvre les mensonges et hypocrisies de tous les « gagnants » de l’ouverture cubaine, ainsi que la terrible misère de certains bidonvilles en banlieue, où survit péniblement toute une population de migrants venus de Santiago.Les cadavres s’accumulent et la Vierge noire s’avère plus puissante que prévu, elle a traversé les siècles et l’Histoire, protégé croisés et corsaires dans les couloirs du temps. Conde, aidé par ses amis, qui lui préparent un festin d’anniversaire somptueux, se retrouve embarqué lui aussi dans un tourbillon historique qui semble répondre à l’autre définition de la révolution : celle qui ramène toujours au même point.
Un voyage éblouissant dans le temps et dans l’histoire, porté par un grand roman plein d’humour noir et de mélancolie.

 

La femme aux cheveux roux de Orham PAMUK

Roman 2019 (traduit du turc) – 297 p.

Alors qu’il passe quelques semaines auprès d’un maître puisatier pour gagner un peu d’argent avant d’entrer à l’université, le jeune Cem rencontre une troupe de comédiens ambulants et, parmi eux, une femme à la belle chevelure rousse. Il s’en éprend immédiatement, et, malgré leur différence d’âge, se noue entre eux l’esquisse d’une histoire d’amour.
Mais les promesses de cet été sont soudainement balayées lorsque survient un accident sur le chantier du puits. Cem rentre à Istanbul le coeur gros de souvenirs, et n’aura de cesse de tenter d’oublier ce qui s’est passé. C’est sans compter sur la force du destin qui finit toujours par s’imposer aux hommes, et leur rappeler ce qu’ils ont voulu enfouir au plus profond d’eux-mêmes.
Dans ce roman de formation aux allures de fable sociale, Orhan Pamuk tisse à merveille un récit personnel avec l’histoire d’un pays en pleine évolution, et fait magistralement résonner la force des mythes anciens dans la Turquie contemporaine. Avec tendresse et érudition, La Femme aux Cheveux roux nous interroge sur les choix de l’existence et la place véritable de la liberté.

 

Les os des filles de Line PAPIN

Roman autobiographique 2019 – 177 p.

Les Os des Filles est l’histoire de trois femmes : Ba, sa fille et sa petite-fille – ma grand-mère, ma mère et moi-même. L’histoire commence dans les années 1960, pendant la seconde guerre d’Indochine, sous les bombes d’un village vietnamien. Seule, Ba y élève ses trois filles, avec l’intention de monter à Hanoi, la capitale, pour s’extraire des conditions de vie misérables. Si elle y parvient, le quotidien de cette famille est toutefois brisé en 2005 par le départ des filles en Occident. Tandis que la grand-mère reste à Hanoi, sa fille s’installe en France avec sa petite-fille. Cette dernière, arrachée à sa terre natale, garde dans son corps le souvenir des guerres, des famines et des bombes. Quand l’enfant tombe malade, quelques années plus tard, à l’hôpital où elle se retrouve, son corps fatigué se rappelle les combats d’une grand-mère pour survivre.

 

 

Dix petites poupées de B. A. PARIS

Roman policier 2019 (traduit de l’anglais) – 329 p.

Layla a disparu il y a douze ans, en pleine nuit, sur une aire d’autoroute, alors qu’elle rentrait de vacances en France avec son petit ami, Finn. On ne l’a jamais revue depuis.
Finn a raconté la vérité sur ce qui s’est passé cette nuit-là. Mais pas toute la vérité. Ni aux policiers qui l’ont interrogé lors de l’enquête, ni même à Ellen, la soeur de Layla, avec laquelle il a refait sa vie et qu’il s’apprête à épouser.
Quand un de leurs voisins croit apercevoir Layla près du cottage où vivent Finn et Ellen, le passé ressurgit. Finn reçoit d’étranges et inquiétants e-mails. Layla serait-elle encore en vie ? Et pourquoi des petites poupées russes, souvenirs de l’enfance des deux soeurs, font-elles soudain leur apparition ?

 

 

Orange amère de Ann PATCHETT

Roman 2019 (traduit de l’anglais/Etats-Unis) – 301 p.

Pour échapper, le temps d’un dimanche d’été, à sa femme enceinte et à ses trois enfants, Albert s’incruste au baptême de Franny, la fille d’un flic qu’il connaît vaguement. Tandis que les invités se laissent gagner par l’ivresse, il succombe à la beauté renversante de Beverly, la mère du bébé baptisé ce jour de 1964. Le baiser qu’ils échangent est le premier des éboulements que subiront leurs familles, à jamais liées.
Albert et Beverly se marient et quittent la Californie pour la Virginie. Chaque été, ils se retrouvent avec leurs six enfants sur les bras – un petit clan plus ou moins livré à lui-même, prêt à tout pour tromper l’ennui. Mais un drame fait voler en éclats cette fratrie recomposée.
Des années plus tard, alors qu’elle travaille comme serveuse dans le bar d’un hôtel de luxe, Franny a un soir l’honneur inattendu de servir quelques whiskys à un auteur culte qu’elle révère. Devenue sa compagne, elle lui livre des confidences sur son histoire, dont il s’empare pour faire son grand retour sur la scène littéraire. L’immense succès du roman fait resurgir la tragédie familiale et vient à nouveau chambouler les relations entre les membres de cette tribu éparpillée, soudée par le souvenir, le mensonge, la culpabilité. Et un inaltérable attachement.

 

Battements de cœur de Cécile PIVOT

Roman 2019 – 268 p.

« Elle aime la ville, lui la nature. Elle aime la mer, lui la campagne. Elle lit beaucoup, lui peu. Elle est bordélique, lui est maniaque. Elle se couche tard, lui s’endort tôt.
Elle goûte les bourgognes, lui les bordeaux. Ces dissemblances deviennent vite un jeu entre eux. Ils se séduisent, se défient, tentent de se convaincre qu’ils ne sont pas faits l’un pour l’autre, mais c’est perdu d’avance et ils le savent. »
Tout oppose Anna et Paul, hormis une même habitude des relations sans lendemain. Et pourtant, ces deux grands solitaires vont s’aimer. Passionnément. Un amour si dense, si parfait, qu’il suffirait d’un rien pour qu’il vole en éclats.

 

 

 

Á la ligne : feuillets d’usine de Joseph PONTHUS

Roman 2019 – 266 p.

À la ligne est le premier roman de Joseph Ponthus. C’est l’histoire d’un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c’est qu’il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d’Apollinaire et les chansons de Trenet C’est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène. Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l’odeur de la mer.
Par la magie d’une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de boeufs et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.

 

Ce que l’on sème de Regina PORTER

Roman 2019 (traduit de l’anglais/Etats-Unis) – 361 p.

Alors que l’Amérique panse encore la plaie ouverte de la Seconde Guerre mondiale, la destinée de deux familles se met en marche. James Vincent, d’ascendance irlandaise, fuit un foyer familial chaotique pour faire des études de droit à New York où il deviendra un brillant avocat. De son côté, Agnes Miller, une jeune femme noire à l’avenir prometteur, voit son rendez-vous amoureux tourner au cauchemar lorsque la police arrête sa voiture sur une route déserte en lisière d’un bois de l’État de Géorgie. Les conséquences de cette nuit funeste influeront inexorablement sur sa vie et celle de ses descendantes.
Pendant plus de six décennies de changements radicaux – de la lutte pour les droits civiques aux premières années de la présidence d’Obama, en passant par le chaos de la guerre du Vietnam -, les familles de James et Agnes demeureront inextricablement liées.
Au fil de cette spectaculaire fresque familiale et amoureuse, ce roman donne à voir les coulisses méconnues de l’histoire d’une nation. Avec une justesse, un humour et une maîtrise rares, Regina Porter creuse les traumatismes des États-Unis sur plusieurs générations et expose avec grande intelligence les mouvements profonds d’une société sur plus d’un demi-siècle.

 

La goûteuse d’Hitler de Rosella POSTORINO

Roman historique 2019 – 383 p. (traduit de l’italien)

1943. Reclus dans son quartier général en Prusse orientale, terrorisé à l’idée que l’on attente à sa vie, Hitler a fait recruter des goûteuses. Parmi elles, Rosa.
Quand les S.S. lui ordonnent de porter une cuillerée à sa bouche, Rosa s’exécute, la peur au ventre : chaque bouchée est peut-être la dernière. Mais elle doit affronter une autre guerre entre les murs de ce réfectoire : considérée comme « l’étrangère », Rosa, qui vient de Berlin, est en butte à l’hostilité de ses compagnes, dont Elfriede, personnalité aussi charismatique qu’autoritaire.
Pourtant, la réalité est la même pour toutes : consentir à leur rôle, c’est à la fois vouloir survivre et accepter l’idée de mourir.
Couronné en Italie par le prestigieux prix Campiello, ce roman saisissant est inspiré de l’histoire vraie de Margot Wölk. Rosella Postorino signe un texte envoûtant qui, en explorant l’ambiguïté des relations, interroge ce que signifie être et rester humain.

 

Par les routes de Sylvain PRUDHOMME

Roman 2019 – 295 p.

« J’ai retrouvé l’autostoppeur dans une petite ville du sud-est de la France, après des années sans penser à lui. Je l’ai retrouvé amoureux, installé, devenu père. Je me suis rappelé tout ce qui m’avait décidé, autrefois, à lui demander de sortir de ma vie. J’ai frappé à sa porte. J’ai rencontré Marie. »
Avec Par les routes, Sylvain Prudhomme raconte la force de l’amitié et du désir, le vertige devant la multitude des existences possibles.

 

 

 

 

Opus 77 de Alexis RAGOUGNEAU

Roman 2019 – 242 p.

« Un jour, dans mille ans, un archéologue explorera ton refuge. Il comprendra que l’ouvrage militaire a été recyclé en ermitage. Et s’il lui vient l’idée de gratter sous la peinture ou la chaux, il exhumera des fresques colorées intitulées La Vie de David Claessens en sept tableaux. Je les connais par coeur, ils sont gravés à tout jamais dans ma médiocre mémoire, je peux vous les décrire, si vous voulez faire travailler votre imaginaire :
L’enfant prodige choisit sa voie. Il suscite espoirs et ambitions. Le fils trébuche, s’éloigne, ressasse. Dans son exil, l’enfant devient un homme. Le fils prodigue, tentant de regagner son foyer, s’égare. Blessé, il dépérit dans sa prison de béton.
Mais à la différence des tapisseries de New York, ton histoire est en cours ; il nous reste quelques tableaux à écrire, toi et moi, et je ne désespère pas de te faire sortir un jour du bunker. La clé de ton enclos, de ta cellule 77, c’est moi qui l’ai, David. Moi, Ariane, ta soeur. »

 

Un silence brutal de Ron RASH

Roman 2019 (traduit de l’anglais/Etats-Unis) – 272 p.

Dans ce coin des Appalaches, entre rivière et montagnes, que l’œuvre de Ron Rash explore inlassablement depuis Un pied au paradis, un monde s’efface devant un autre : à l’enracinement des anciens à leur terre succède la frénésie de profit des entrepreneurs modernes.
Le shérif Les, à trois semaines de la retraite, et Becky, poétesse obsédée par la protection de la nature, incarnent le premier. Chacun à sa manière va tenter de protéger Gerald, irréductible vieillard, contre les accusations de Tucker, propriétaire d’un relais pour riches citadins curieux de découvrir la pêche en milieu sauvage. Dans leur esprit, Gerald est incapable d’avoir versé du kérosène dans l’eau, provoquant la mort des truites qu’il aime tant. Mais alors, qui est le coupable?
La voix de Becky incarne la poésie infinie de la prose de Ron Rash, dont la colère s’exprime dans la description des ravages de la meth, fléau des régions frappées par le chômage et délaissées par les pouvoirs publics.

 

L’empathie de Antoine RENAND

Roman policer 2019 – 464 p.

« Il resta plus d’une heure debout, immobile, face au lit du couple. Il toisait la jeune femme qui dormait nue, sa hanche découverte. Puis il examina l’homme à ses côtés. Sa grande idée lui vint ici, comme une évidence ; comme les pièces d’un puzzle qu’il avait sous les yeux depuis des années et qu’il parvenait enfin à assembler. On en parlerait. Une apothéose. »
Cet homme, c’est Alpha. Un bloc de haine incandescent qui peu à peu découvre le sens de sa vie : violer et torturer, selon un mode opératoire inédit.
Face à lui, Anthony Rauch et Marion Mesny, capitaines au sein du 2e district de police judiciaire, la « brigade du viol ».
Dans un Paris transformé en terrain de chasse, ces trois guerriers détruits par leur passé se guettent et se poursuivent. Aucun ne sortira vraiment vainqueur, car pour gagner il faudrait rouvrir ses plaies et livrer ses secrets.

 

Les chéris de la princesse de Michel RIO

Roman 2019 – 153 p.

Dans la Grande Maison, il y avait un perroquet, une chienne, une chatte, une poule et un rat blanc, qui constituaient la cour de la princesse en exil. C’était à vrai dire une cour un tantinet hétéroclite et, de ce fait, les intrigues allaient un certain train. Je n’en veux pour preuve que ce fait éloquent : il y avait à la cour une personne supplémentaire, une tortue de terre un peu bêtasse, nommée Faraude, et les autres, avec un machiavélisme à faire frémir, l’avaient « envoyée aux commissions », comme ils disaient, et on ne l’avait pas revue.
Si la disparition de sa tortue bien-aimée n’avait pas plongé dans la mélancolie leur maîtresse, ses autres animaux n’auraient jamais pris la peine d’enquêter. Découvrant qu’un épicier félon l’a vendue comme tortue de mer à un baron breton désireux de la passer à la casserole, les voilà tous partis d’Auteuil direction Port Manec’h, lieu de la résidence d’été de l’ogre ravisseur.
Comme pour nous convaincre qu’on ne fait pas de littérature avec de bons sentiments, Michel Rio ponctue l’improbable raid des règlements de compte de la troupe vengeresse – retrouvant, face à l’ennemi, une certaine cohésion – et aussi des hilarantes saillies de Jacob le perroquet : depuis qu’il a traversé la vitrine de l’épicerie, le volatile s’exprime dans un argot incompréhensible de tous, sauf de Jules le rat, son interprète attitré.

 

Les illusions de Jane ROBINS

Roman policier 2018 (traduit de l’anglais) – 355 p.

Callie a toujours vécu dans l’ombre de sa soeur, Tilda, à qui tout réussit. Celle-ci est actrice et forme un couple heureux avec Felix, un riche banquier, alors que Callie vit seule et végète dans la librairie où elle travaille. Si elle admire toujours autant sa soeur, elle ne peut néanmoins s’empêcher de penser que quelque chose se cache sous ce vernis de perfection. Tilda ne serait-elle pas sous l’emprise de Felix, dont les comportements obsessionnels sont de plus en plus inquiétants ? Ou bien Callie se fait-elle des illusions ? N’est-ce pas plutôt elle qui a un problème avec la réussite de Tilda ? Lorsque Felix décède d’une crise cardiaque, les relations entre les deux soeurs prennent un tour complètement inattendu.
La jalousie, la culpabilité, le remords… dans ce roman au suspense hitchcockien, Jane Robins joue sur tous les registres des liens familiaux. D’une étonnante acuité psychologique, elle dessine des personnages à l’humanité poignante, jusque dans leurs failles et leurs excès, pris dans une intrigue où il est impossible jusqu’à la fin de démêler le vrai du faux.

 

Kiosque (volume 5 de La vie poétique) de Jean ROUAUD

Roman biographique 2019 – 281 p.

Sept années durant, de 1983 à 1990, jusqu’à l’avant-veille du prix Goncourt, Jean Rouaud, qui s’escrime à venir à bout de son premier roman Les Champs d’honneur, aide à tenir rue de Flandre un kiosque de presse.
À partir de ce « balcon sur rue », c’est toute une tranche d’histoire qui défile : quand Paris, populaire et coloré, accueillait les réfugiés pieds-noirs, vietnamiens, cambodgiens, libanais, yougoslaves, turcs, africains, argentins.
On y fait la connaissance d’une superbe galerie d’éclopés, de vaincus, de ratés, de rêveurs, dont le destin inquiète l’apprenti-écrivain engagé dans sa quête littéraire encore obscure, et qui se voit vieillir comme eux.
Au-delà des figures pittoresques et touchantes des habitués du kiosque, on retrouve ici l’aventure collective des lendemains de l’utopie libertaire post-soixante-huitarde, et celle, individuelle et intime, d’un homme qui se fait l’archéologue de sa propre venue aux mots.

 

Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla de Jean-Christophe RUFIN

Roman 2019 – 373 p.

Sept fois ils se sont dit oui. Dans des consulats obscurs, des mairies de quartier, des grandes cathédrales ou des chapelles du bout du monde. Tantôt pieds nus, tantôt en grand équipage. Il leur est même arrivé d’oublier les alliances. Sept fois, ils se sont engagés. Et six fois, l’éloignement, la séparation, le divorce…
Edgar et Ludmilla… Le mariage sans fin d’un aventurier charmeur, un brin escroc, et d’une exilée un peu « perchée », devenue une sublime cantatrice acclamée sur toutes les scènes d’opéra du monde. Pour eux, c’était en somme : « ni avec toi, ni sans toi ». À cause de cette impossibilité, ils ont inventé une autre manière de s’aimer.
Pour tenter de percer leur mystère, je les ai suivis partout, de Russie jusqu’en Amérique, du Maroc à l’Afrique du Sud. J’ai consulté les archives et reconstitué les étapes de leur vie pendant un demi-siècle palpitant, de l’après-guerre jusqu’aux années 2000. Surtout, je suis le seul à avoir recueilli leurs confidences, au point de savoir à peu près tout sur eux.
Parfois, je me demande même s’ils existeraient sans moi.

 

Les trois femmes du Consul de Jean-Christophe RUFIN

Roman policier 2019 – 269 p.

À Maputo, capitale du Mozambique, aucun client n’ose s’aventurer à l’hôtel dos Camaroes, malgré son jardin luxuriant. C’est que le patron est un vieux Blanc au caractère impossible. Aussi quand on le retrouve mort un matin, flottant dans sa piscine, nul ne s’en émeut.
Sauf Aurel Timescu, roumain d’origine, Consul adjoint à l’ambassade de France. Calamiteux diplomate, c’est un redoutable enquêteur quand il pressent une injustice.
Trois femmes gravitent autour du défunt. C’est vers l’une d’entre elles que se dirigent arbitrairement les soupçons de la police. Pour démontrer son innocence, le Consul va devoir entrer dans la complexité de relations où se mêlent l’amour, la chair et l’intérêt.
Avec sa méthode intuitive et ses tenues loufoques, Aurel va s’enfoncer plus loin que quiconque dans ces passions africaines. Jusqu’à débusquer le « gros coup ». Celui qui a coûté la vie au vieil hôtelier.
Et qui nous plonge dans un des plus grands drames écologiques de la planète.

 

Olga de Bernhard SCHLING

Roman 2019 (traduit de l’allemand) – 266 p,

L’est de l’empire allemand à la fin du XIXe siècle. Olga est orpheline et vit chez sa grand-mère, dans un village coupé de toute modernité. Herbert est le fils d’un riche industriel et habite la maison de maître. Tandis qu’elle se bat pour devenir enseignante, lui rêve d’aventures et d’exploits pour la patrie. Amis d’enfance, puis amants, ils vivent leur idylle malgré l’opposition de la famille de Herbert et ses voyages lointains. Quand il entreprend une expédition en Arctique, Olga reste toutefois sans nouvelles.
La Première Guerre mondiale éclate, puis la Deuxième. À la fin de sa vie, Olga raconte son histoire à un jeune homme qui lui est proche comme un fils. Mais ce n’est que bien plus tard que celui-ci, lui-même âgé, va découvrir la vérité sur cette femme d’apparence si modeste.

 

 

Félix et la source invisible de Eric-Emmanuel SCHMIDT

Roman 2019 – 266 p.

Félix, 12 ans, est désespéré. Sa mère, la merveilleuse Fatou, qui tient à Belleville un petit bistrot chaleureux et coloré, est tombée dans une dépression sans remède. Elle qui incarnait le bonheur n’est plus qu’une ombre. Où est passée son âme vagabonde ? Se cache-t-elle en Afrique, près de son village natal ? Pour tenter de la sauver, Félix entreprend un voyage qui le conduira aux sources invisibles du monde.
Dans l’esprit de Oscar et la dame rose et de Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, Éric-Emmanuel Schmitt interroge les mystères de l’animisme, la puissance des croyances et des rites issus d’une pensée spirituelle profondément poétique. Il offre aussi le chant d’amour d’un garçon pour sa mère.

 

 

Journal d’un amour perdu de Eric-Emmanuel SCHMIDT

Roman (autobiographique) 2019 – 250 p.

« Maman est morte ce matin et c’est la première fois qu’elle me fait de la peine. »
Pendant deux ans, Eric-Emmanuel Schmitt tente d’apprivoiser l’inacceptable : la disparition de la femme qui l’a mis au monde. Ces pages racontent son « devoir de bonheur » : une longue lutte, acharnée et difficile, contre le chagrin. Demeurer inconsolable trahirait sa mère, tant cette femme lumineuse et tendre lui a donné le goût de la vie, la passion des arts, le sens de l’humour, le culte de la joie.
Ce texte explore le présent d’une détresse tout autant que le passé d’un bonheur, tandis que s’élabore la recomposition d’un homme mûr qui n’est plus « l’enfant de personne ». Éric-Emmanuel Schmitt atteint ici, comme dans La nuit de feu, à l’universel à force de vérité personnelle et intime dans le deuil d’un amour. Il parvient à transformer une expérience de la mort en une splendide leçon de vie.

 

 

Succion de Yrsa SIGURDADOTTIR

Roman policier 2019 (traduit de l’islandais) – 407 p.

Assise sur les marches glaciales devant l’entrée de sa nouvelle école, Vaka regrette de n’avoir pas mis un manteau plus chaud. Apparemment, son père a oublié de venir la chercher, sa mère a oublié de lui donner de l’argent de poche cette semaine et l’école est déjà fermée. On ne peut décidément pas se fier aux adultes. Résignée à attendre, elle voit bientôt une petite fille approcher. Vaka la reconnaît tout de suite : elle est dans sa classe, c’est celle à qui il manque deux doigts. La petite fille habite juste derrière l’école, alors Vaka lui demande si elle peut venir chez elle passer un coup de téléphone pour appeler son père. Plus personne ne reverra jamais Vaka.
Dégradé et relégué au plus bas de l’échelle après les polémiques qui ont entouré sa dernière enquête, l’inspecteur Huldar doit se contenter des chiens écrasés. Jusqu’au jour où on le charge d’une vérification de routine qui bascule dans l’horreur lorsque, après un signalement anonyme, il trouve deux mains coupées dans le jacuzzi d’une maison du centre-ville. Huldar ignore encore que cette mutilation n’est que la première d’une longue série.

 

Les sœurs aux yeux bleus de Marie SIZUN

Roman 2019 – 386 p.

La Gouvernante suédoise (roman précédent paru en 2018) se terminait en 1877, à la mort tragique de Hulda, la jeune épouse suédoise de Léonard Sézeneau. Que va-t-il advenir de leurs cinq enfants, traumatisés par la mort de leur mère et la découverte du drame familial qui en est la cause ? Si les garçons, envoyés en pension, trouvent leur voie, il n’en va pas de même pour les trois soeurs, que leur père entraîne avec lui dans le dernier parcours aventureux de sa vie.
Échapperont-elles à l’autorité de ce père adoré mais abusif ? Passant du XIXe siècle, qui les a vues naître, au XXe, les soeurs vont faire de façon souvent douloureuse mais magnifique l’apprentissage de la liberté.
Étonnant roman, fertile en rebondissements, Les Soeurs aux yeux bleus nous montre une société en pleine évolution et la dignité nouvelle trouvée par les femmes.

 

Le cœur battant du monde de Sébastien SPITZER

Roman historique 2019 – 444 p.

Derrière cet enfant né comme l’aube, sans avant, sans hier, se cache le « bâtard » de Karl Marx.
Dans les années 1860, Londres, le coeur de l’empire le plus puissant du monde, se gave en avalant les faibles. Ses rues sentent la misère, l’insurrection et l’opium. Dans les faubourgs de la ville, un bâtard est recueilli par Charlotte, une Irlandaise qui a fui la famine. Par amour pour lui, elle va voler, mentir, se prostituer sans jamais révéler le mystère de sa naissance.
L’enfant illégitime est le fils caché d’un homme célèbre que poursuivent toutes les polices d’Europe. Il s’appelle Freddy et son père est Karl Marx. Alors que Marx se contente de théoriser la Révolution dans les livres, Freddy prend les armes avec les opprimés d’Irlande.
Après Ces rêves qu’on piétine, un premier roman très remarqué et traduit dans plusieurs pays, qui dévoilait l’étonnante histoire de Magda Goebbels, Sébastien Spitzer prend le pouls d’une époque où la toute-puissance de l’argent brise les hommes, l’amitié et l’espoir de jours meilleurs.

 

Prisonnière de Danielle STEEL

Roman 2019 (sentimental) – 330 p.

À 19 ans, Natasha Leonova mourait littéralement de froid dans les rues de Moscou lorsqu’elle fut sauvée par Vladimir Stanislas, l’homme le plus riche de Russie. Un miracle pour la jeune femme, qui depuis vit aux côtés de ce grand amateur d’art dans un luxe inouï. En contrepartie, son seul travail consiste à plaire à Vladimir, à satisfaire ses moindres désirs, et surtout à ne poser aucune question.
À Saint-Paul-de-Vence, dans le célèbre restaurant décoré des tableaux de Lorenzo Luca, Vladimir est captivé par une oeuvre que la veuve du peintre refuse obstinément de lui vendre. Pour sa part, le fils de Lorenzo, Théo, artiste lui-même, rencontre pour la première fois la délicieuse Natasha. L’attraction entre les jeunes gens est immédiate.
Durant des semaines, étourdi de désir pour cette femme inaccessible, Théo peint sans relâche le portrait de Natasha. Quant à Vladimir, il se jure d’obtenir le tableau de Lorenzo, à n’importe quel prix. Entre eux deux, Natasha, qui ne peut se permettre aucun faux pas, commence à rêver de l’impossible : un monde où elle serait totalement libre.

 

Mise en scène de Danielle STEEL

Roman 2019 (sentimental) – 330 p.

Après l’échec de ses deux mariages et l’envol de ses grands enfants, Kait, en dépit d’une brillante carrière, décide de prendre du temps pour elle et de donner un nouveau souffle à sa vie. Lorsque le hasard met Zack Winter, un producteur de télévision, sur sa route, l’ancienne journaliste se lance dans l’écriture d’une série inspirée par l’histoire de sa grand-mère, une pionnière de l’émancipation des femmes au courage extraordinaire.
Des mois durant, Kait la New-Yorkaise va vivre à Los Angeles aux côtés d’une équipe de tournage haute en couleur : un jeune scénariste excentrique, une célèbre actrice touchée par un drame personnel, une diva déchue, une pétillante starlette dont l’ambition dépasse le talent… Tous deviennent peu à peu pour elle une seconde famille, jusqu’à ce que le destin frappe Kait en plein coeur, la mettant face à la plus cruelle épreuve qu’une mère puisse avoir à affronter.

 

 

De l’Angleterre et des anglais de Graham SWIFT

Nouvelles 2019 (traduit de l’anglais) – 332 p.

Des instantanés qui distillent l’essence d’une vie. Des moments pris sur le vif que l’on déroule comme une pellicule. Des héros ordinaires ; ce qui les lie, ce qui les sépare.
Un couple de jeunes mariés vient de remplir son testament. Un médecin raconte pour la centième fois l’histoire de son père immigré. Un homme fantasme sur l’épouse de son meilleur ami. Une femme n’arrive plus à dormir dans la même chambre que son mari après les sombres révélations de sa fille. Traversant les palais du XVIIe siècle et les chambres feutrées d’aujourd’hui, le lecteur est témoin de nombreux drames, du plus secret au plus ostensible. Au fil des nouvelles qui composent ce recueil, chaque portrait s’anime pour révéler, dans une prose sobre aux multiples facettes, un émouvant fragment du quotidien.
De quoi se compose l’identité de l’Angleterre aujourd’hui ? En détaillant tantôt avec tendresse, tantôt avec cruauté, une cartographie émotionnelle et humaine de son pays, l’auteur du très remarqué Dimanche des mères nous offre ici une vision vivante et cosmopolite de la société britannique.

 

Avalanche hôtel de Niko TACKIAN

Roman policier 2019 – 265 p.

Surtout, ne vous fiez pas à vos souvenirs !
Janvier 1980. Joshua Auberson est agent de sécurité à l’avalanche hôtel, sublime palace des alpes suisses. Il enquête sur la disparition d’une jeune cliente avec un sentiment d’étrangeté. Quelque chose cloche autour de lui, il en est sur. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua a si froid qu’il perd connaissance…
… et revient a lui dans une chambre d’hôpital. il a été pris dans une avalanche, il est reste deux jours dans le coma. Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’avalanche hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps. Tout cela n’était qu’un rêve du au coma.
Un rêve, vraiment ?

 

 

Nous aurons été vivants de Laurence TARDIEU

Roman 2019 – 270 p.

Est-ce Lorette, partie il y a sept ans sans laisser la moindre trace ni mot d’explication, qui se tient, en ce matin d’avril 2017, de l’autre côté du boulevard ? Hannah, sa mère, croit un instant l’apercevoir. Peut-être a-t-elle rêvé. Mais, dès lors, plus rien ne peut se passer comme avant : violent séisme intérieur, la vision a fait rejaillir tout ce quelle avait tenté d’oublier. Ce même jour, plusieurs destins, chacun lié à Hannah, voient leur existence basculer.
Une journée particulière, donc, mais aussi trente ans de la vie intime d’Hannah Bauer, femme, artiste, mère, prise dans les soubresauts de son histoire familiale et de celle de l’Europe, Nous unions été vivants est un hymne à la vie.

 

 

 

La panthère des neiges de Sylvain TESSON

Récit 2019 (Prix RENAUDOT) – 166 p.

Parti à l’affût des dernières panthères des neiges sur les hauts plateaux du Tibet avec le photographe animalier Vincent Munier l’auteur relate dans son récit de voyage l’approche et les rares apparitions de l’animal en y mêlant ses réflexions sur l’état du monde et son expérience intime de la perte de deux personnes proches que la panthère lui évoque.

 

 

 

 

 

Gare à Lou ! de Jean TEULÉ

Roman (fantastique) 2019 – 182 p.

Comme le disaient Mozart et Shakespeare : ” Il est très agréable de jouir d’un don exceptionnel, mais il ne faut pas oublier que c’est une source inépuisable d’embêtements. ” À 12 ans, Lou partage absolument cette opinion. Au prétexte qu’elle est en mesure de faire tomber immédiatement les pires calamités sur la tête de tous ceux qui la contrarient, on l’enferme dans un endroit secret en compagnie de militaires haut gradés pour qu’elle devienne une arme absolue capable de mettre en échec les plans malveillants des ennemis du pays ou, pire, d’ourdir de méchantes et sournoises manœuvres afin de causer des torts effroyables à d’autres nations. De telles occupations n’offrent pas à une adolescente les satisfactions que la vie aurait pu lui promettre. D’autant que son super pouvoir, aussi extraordinaire soit-il, ne fonctionne pas toujours comme prévu. Rien ne pouvait mieux inspirer Jean Teulé que d’imaginer les horreurs qu’un être humain bien disposé peut infliger à ses contemporains.

 

 

Les guerres intérieures de Valérie TONG CUONG

Roman 2019 – 237 p.

Comédien de seconde zone, Pax Monnier a renoncé à ses rêves de gloire, quand son agent l’appelle : un grand réalisateur américain souhaite le rencontrer sans délai. Passé chez lui pour enfiler une veste, des bruits de lutte venus de l’étage supérieur attirent son attention – mais il se persuade que ce n’est rien d’important. À son retour, il apprend qu’un étudiant, Alexis Winckler, a été sauvagement agressé.
Un an plus tard, le comédien fait la connaissance de l’énigmatique Emi Shimizu, et en tombe aussitôt amoureux – ignorant qu’elle est la mère d’Alexis. Bientôt le piège se referme sur Pax, pris dans les tourments de sa culpabilité.
Qui n’a jamais fait preuve de lâcheté ? Quel est le prix à payer ? Quand tout paraît perdu, que peut-on encore sauver ? La domination du désir et de la peur, les vies fantasmées et le dépassement de soi sont au cœur de ce livre fiévreux qui met en scène des personnages d’une humanité bouleversante et vous accompagne longtemps après l’avoir refermé.

 

Les choses humaines de Karine TUIL

Roman 2019 (Prix GONCOURT des lycéens) – 341 p.

Les Farel forment un couple de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique français ; son épouse Claire est connue pour ses engagements féministes. Ensemble, ils ont un fils, étudiant dans une prestigieuse université américaine. Tout semble leur réussir. Mais une accusation de viol va faire vaciller cette parfaite construction sociale.
Le sexe et la tentation du saccage, le sexe et son impulsion sauvage sont au coeur de ce roman puissant dans lequel Karine Tuil interroge le monde contemporain, démonte la mécanique impitoyable de la machine judiciaire et nous confronte à nos propres peurs. Car qui est à l’abri de se retrouver un jour pris dans cet engrenage ?

 

 

La cerise sur le gâteau de Aurélie VALOGNES

Roman 2019 – 412 p.

La vie est mal faite : à 35 ans, on n’a le temps de rien, à 65, on a du temps, mais encore faut-il savoir quoi en faire… Bernard et Brigitte, couple solide depuis 37 ans, en savent quelque chose.
Depuis qu’elle a cessé de travailler, Brigitte profite de sa liberté retrouvée et de ses petits-enfants. Pour elle, ce n’est que du bonheur. Jusqu’au drame : la retraite de son mari !
Car, pour Bernard, troquer ses costumes contre des pantoufles, hors de question. Cet hyperactif bougon ne voit vraiment pas de quoi se réjouir. Prêt à tout pour trouver un nouveau sens à sa vie, il en fait voir de toutes les couleurs à son entourage !
Ajoutez à cela des enfants au bord de la crise de nerfs, des petits-enfants infatigables, et surtout des voisins insupportables qui leur polluent le quotidien…
Et si la retraite n’était pas un long fleuve tranquille ?

 

 

Une famille comme il faut de Rosa VENTRELLA

Roman 2019 (traduit de l’italien) – 281 p.

Dans son quartier de Bari, au sud de l’Italie, tout le monde connaît Maria sous le nom de Malacarne, « mauvaise chair », en raison de sa peau mate et de sa nature rebelle, un surnom qui lui colle à la peau telle une prophétie à laquelle elle ne pourrait échapper. Maria grandit dans une famille pauvre, entre une mère douce mais effacée et un père violent et autoritaire.
Ce milieu rude est pourtant loin d’être dépourvu d’amour, même si souvent les coups viennent combler le vide des mots qui manquent. Pour les filles du quartier, l’avenir se résume au mariage avec un pêcheur misérable ou un voyou, seulement Maria se refuse à cela. Elle s’en sortira seule en faisant des études, unique porte de sortie pour elle. Mais peut-on vraiment s’affranchir et réaliser ses rêves sans jamais se retourner ni se trahir ?
Porté par une écriture sensuelle et évocatrice, Une famille comme il faut dresse le portrait saisissant d’une femme forte qui choisit de vivre libre.

 

Belle-fille de Tatiana VIALLE

Récit autobiographique 2019 – 152 p.

« J’ai retrouvé une photo de ces années-là. C’est une photo en noir et blanc, nous y figurons tous les trois, Olga, toi et moi. Assis au centre sur la moquette blanche, tu regardes droit dans l’objectif avec une sorte de détermination joyeuse dans les yeux. À genoux à côté de toi, indifférente au photographe, j’ai le visage tourné vers le chat que tu tiens dans tes bras. Sur la gauche de la photo, adossée à des coussins, Olga sourit, la tête renversée en arrière. Au premier plan trône Oxana, le vieux berger belge et son museau blanchi. Derrière nous, le paysage lacustre de la tapisserie d’Aubusson. Je détaille la jeune fille agenouillée à tes côtés, vêtue d’une blouse blanche brodée et d’un jean. Elle a le regard songeur. Je me demande à quoi elle pense, ce dont elle rêve. Je l’ai perdue de vue. »
Avec Belle-fille, Tatiana Vialle signe un récit romancé adressé à celui qui fut son beau-père. D’une écriture aérienne, elle livre le portrait sensible d’un monstre sacré du cinéma et celui d’une femme courageuse qui n’a eu de cesse de se réinventer une famille. Une lettre en forme d’hommage qui interroge la figure paternelle.

 

Les gratitudes de Delphine de VIGAN

Roman 2019 – 172 p.

« Vous êtes-vous déjà demandé combien de fois dans votre vie vous aviez réellement dit merci ? Un vrai merci. L’expression de votre gratitude, de votre reconnaissance, de votre dette. À qui ?
On croit toujours qu’on a le temps de dire les choses, et puis soudain c’est trop tard. »
Après Les Loyautés, Delphine de Vigan poursuit dans Les Gratitudes son exploration des lois intimes qui nous gouvernent.

 

 

 

 

Le bruissement des feuilles de  Karen VIGGERS

Roman 2019 (traduit de l’anglais/Australie) – 426 p.

Karen Viggers revient avec un grand roman, véritable hommage aux beautés naturelles de l’Australie, et nous livre une formidable histoire d’amitié et de solidarité.
Dans une petite ville australienne, Miki, dix-sept ans, vit coupée du monde avec son frère. Lorsqu’elle fait la connaissance de Leon, qui partage sa passion pour la nature, un monde nouveau s’ouvre à elle. Leurs promenades en forêt seront une révélation pour Miki et lui permettront de trouver le courage de s’émanciper.
Aux côtés de Miki et Leon, le garde forestier de l’inoubliable Mémoire des embruns, Karen Viggers nous fait pénétrer au coeur des forêts d’eucalyptus et des majestueuses montagnes de Tasmanie, et signe une ode vibrante à la nature et à son pouvoir de guérison.

 

 

Ordesa de Manuel VILAS

Roman autobiographique 2019 (traduit de l’espagnol) – 398 p. – Prix Médicis étranger

« Mon coeur ressemble à un arbre noir couvert d’oiseaux jaunes qui piaillent et me perforent la chair. » Tel est l’autoportrait brut et sans tabou d’un écrivain confronté à la disparition de ses parents. Assailli par les fantômes de son passé, il retrouve espoir dans le souvenir baigné de lumière jaune de leur amour et de la beauté d’antan. À travers l’évocation d’une famille modeste, c’est alors la peinture d’une certaine Espagne qui se révèle à nous dans toute sa complexité. L’appartenance à une classe sociale, l’éducation, l’alcoolisme ou encore la paternité sont autant de sujets traités ainsi de façon personnelle et collective à la fois.
Profondément sincère, bruyamment intime, merveilleusement écrit dans une langue à la fois poétique et crue, Ordesa se lit comme la catharsis d’un deuil impossible, celui de la mort de nos parents et de la fin d’une époque, expérience pour le moins universelle.

 

Frères sorcières : entrevoûtes de Antoine VOLODINE

Roman (fantastique) 2019 – 299 p.

Trois voix puissantes, toutes liées au théâtre, à la féminité, au chamanisme et à la mort.
Dans un pays de montagnes et de désert, une petite troupe itinérante est attaquée par des bandits. Bien vite, l’unique survivante est entraînée dans la vie criminelle et sauvage de ses ravisseurs. Esclave sexuelle d’un chef, elle reste obsédée par un cantopéra composé de vociférations magiques qui s’adressent à toutes les petites soeurs du malheur et qui les guident vers l’apaisement, vers l’art de mourir ou vers d’autres mondes. La deuxième voix reprend intégralement le texte de la pièce étrange qui habite la comédienne. La troisième voix répond aux deux autres. Elle raconte en une seule longue phrase sorcière le parcours sans fin, de renaissance en renaissance, d’un être sans genre, tantôt masculin, tantôt féminin, qui erre dans l’espace noir.
Des aventures violentes et démoniaques, marquées par une sexualité délirante mais aussi par la nostalgie de la déclamation, de la parole et du souffle. Et de la survie coûte que coûte.

 

Apre cœur de Jenny ZHANG

Roman 2019 (traduit de l’anglais/Etats-Unis) – 379 p.

Elles ont 7 ou 9 ans à New York. Elles s’appellent Christina, Lucy, Frangie ou Annie… Elles partagent des lits à punaises et des parents chinois qui luttent chaque jour pour les nourrir, leur payer l’école et les faire grandir dans le rêve américain. C’est leurs voix qui nous parlent, spontanées, crues, bouleversantes, elles racontent une enfance dans les marges, le racisme et la violence quotidienne, et l’amour immense des parents qui les protège et les étouffe.
C’est ainsi qu’elles apprennent à sortir de l’enfance avec une audace et une soif de vivre qui éclatent à chaque page.
Des gamines inoubliables qui font valser les clichés de la littérature d’immigration, dans ce premier roman d’une énergie folle qui laisse le lecteur étourdi.

 

 

 

 

 

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