La chronique d’Émile #4

Informations de vie quotidienne sur l’épidémie de Covid-19

Je me propose pour faire régulièrement une rubrique sur des questions de vie quotidienne en lien avec l’épidémie. J’essayerai également de démonter les fausses informations et rumeurs dans mes domaines de compétence. Toutes les informations données proviendront de sources officielles croisées entre elles. Les documents utilisés seront cités et parfois si possible (longueur, complexité) joint à mes écrits. Seront abordés les sujets liés aux animaux de compagnie, aux achats et à la préparation des aliments, à certaines règles d’hygiène domestique.

Mardi 12 mai

Pour ma chronique d’aujourd’hui je vais partir d’une actualité personnelle qui m’est arrivée ce matin lors d’une marche avec ma femme sur le chemin du halage. Portant des masques, nous marchions côte à côte, en face de nous s’avançaient également côte à côte 2 adultes non masqués.

Nous nous sommes rangés l’un derrière l’autre alors que les 2 autres marcheurs occupaient largement le chemin. Arrivé à leur hauteur je leur ai fait remarquer que dans ces conditions il était impossible de respecter entre nous la distance de 1 m, réponse : « si vous voulez, vous pouvez marcher dans l’eau ».

Si de tels comportement persistent après le début du déconfinement il est évident que pour éviter une nouvelle flambée épidermique il ne restera plus que le recours aux interdictions (des parcs, des bois, des chemins, des plages…), punition collective pour l’inconscience ou la négligence de quelques uns.

Je vais rappeler quelques règles qui me paraissent devoir s’imposer pour protéger sa santé et respecter celle des autres lors des sorties.

Le port du masque, à condition d’en disposer enfin, est recommandé en dehors de son habitation mais il ne dispense absolument pas du respect de la distance de 1 m même entre 2 personnes masquées.

Sur un chemin d’un mètre cinquante de large tel que le halage, les chemins en stabilisé du Bois d’Amour, bitumés du bois du Séminaire ou de Kermoisan, lorsque vous croisez d’autres promeneurs, marchez en file indienne !

Si vous vous arrêtez pour discuter (ce qui fait grand bien en cette période d’isolement) stationnez du même côté du chemin pour ne pas obliger les autres promeneurs à passer entre vous.

Sur les sentiers plus étroits qui dans ces bois font souvent moins de 1 m, l’un des promeneurs doit avoir la courtoisie de se placer dans l’herbe pour laisser passer sans risques ceux qui viennent en face.

Ces recommandations sont bien sûr également valables pour les joggeurs ou les cyclistes.

Les promeneurs avec chiens doivent veiller à ce que ceux ci ne sautent pas sur les autres passants et ne les lèchent pas (voir ma 1° chronique).

  • Non, les moustiques ne peuvent pas transmettre le COVID-19.

Les connaissances acquises sur le coronavirus SARS-CoV-2, responsable de la maladie Covid-19, montrent que la voie principale de transmission du virus est interhumaine.

Ce virus est un virus respiratoire, transmis par des gouttelettes émises lorsqu’une personne malade tousse ou éternue, ou par contact avec des mains sales souillées par des gouttelettes contaminées . Le virus se loge dans les voies respiratoires et n’est donc pas présent dans le sang, sauf en cas de symptômes très sévères de la maladie, ce qui est très rare.

A l’heure actuelle, aucune transmission par un moustique du virus responsable du COVID-19 n’a été démontrée, ni d’aucun virus de la famille des coronavirus.

Pour qu’un moustique puisse transmettre un agent pathogène (virus, bactéries, parasites), il faut que
celui-ci résiste à la digestion dans l’estomac du moustique, passe ensuite dans sa salive, et qu’il soit injecté à une autre personne à l’occasion d’une piqûre. Très peu de virus survivent à ce processus mais c’est le cas par exemple des virus de la dengue ou du Zika.

Si un moustique pique une personne infectée par le COVID-19, ce moustique détruira le virus en le digérant comme il le fait, en particulier, pour les autres coronavirus de la famille du SARS-COV2.

(Source: ANSES)

Mardi 29 avril : hygiène domestique et risques associés

Aujourd’hui : Hygiène domestique et Risques associés

Je n’aborderai pas les règles particulières à mettre en œuvre dans le cas de l’hébergement d’un malade, suivez dans ce cas les recommandations médicales.

Pour le nettoyage domestique l’eau savonneuse est le premier produit efficace utilisable. Les détergents habituels sont utilisables pour les surfaces pour lesquels ils sont commercialisés. Pour les surfaces en contact avec les aliments,, utiliser uniquement les détergents pour contact alimentaire (liquide vaisselle …) et rincer à l’eau. Dans tous les cas un lavage soigneux est indispensable et élimine une très forte proportion des virus même sans désinfection.

Après le nettoyage, si on veut désinfecter des surfaces, l’alcool à 60 % ou 70 % est utilisable. L’eau de javel peut également être utilisée (diluée selon les indications du fabricant) mais réservée aux surfaces insensibles à la corrosion et en aucun cas pour le lavage des aliments.

Des produits préconisés spécifiquement doivent être utilisés en lingettes ou spray pour le nettoyage des claviers d’ordinateurs, téléphones, télécommandes… à défaut ils peuvent être remplacés par une lingette humidifiée avec de l’alcool à 60 % en veillant à ce qu’il ne s’écoule pas de liquide sur l’appareil.

Attention aux dangers liés à la désinfection et aux autres situations à risques:

Les centres antipoisons signalent de nombreux accidents domestiques en lien avec le Covid-19 :

  • Pour les nettoyants et désinfectants :

Plusieurs situations particulières à risque ont été identifiées : inhalation de vapeur toxique lors de mélange, intoxication accidentelle de jeunes enfants suite aux transferts des produits ménagers (dans une bouteille, dans un verre d’eau…), nettoyage des aliments à l’eau de Javel.

Pour les éviter :

  • Respecter rigoureusement les conditions d’usage des produits nettoyants ou désinfectants (sols, surfaces du domicile ou du lieu de travail).

  • Ne pas mélanger des produits nettoyant ou désinfectant entre eux, notamment eau de Javel et détartrant.

  • Pour les produits déconditionnés, mentionner très clairement la nature du contenu (nom du produit au feutre, étiquette de couleur…) et tenir ces produits hors de portée des enfants.

  • Tenir tous les produits ménagers hors de portée des enfants,

  • Ne pas utiliser les produits nettoyants et désinfectants de sols et de surfaces pour des besoins d’hygiène corporelle.

  • Pour les solutions hydro-alcooliques

Les situations particulières à risque concernent l’exposition accidentelle d’enfants ayant à portée de mains les solutions hydro-alcooliques ou les produits utilisés pour la préparation de solution hydro-alcooliques à faire soi-même.

Pour les éviter :

  • Tenir les solutions hydro-alcooliques hors de portée des enfants.

  • Pour les solutions à fabriquer soi-même (« Do It Yourself »), respecter rigoureusement les consignes officielles de fabrication et tenir les produits issus de cette fabrication hors de portée des enfants.

  • Pour les huiles essentielles

Plusieurs circonstances particulières à risque ont été identifiées : auto-médication par utilisation d’huiles essentielles par voie orale pour « renforcer les défenses naturelles » et « lutter contre le coronavirus », pulvérisation d’huiles essentielles pour « assainir un espace clos » par une personne à risque (personne asthmatique), ou encore utilisation inappropriée pour désinfecter un masque chirurgical, par exemple.

L’Anses rappelle que les huiles essentielles ne constituent pas un moyen de lutte contre le coronavirus. Il est important de respecter les conditions d’utilisations de ces huiles (voie d’administration, dose, zone d’application…). Les personnes souffrant d’affections respiratoires (notamment les personnes asthmatiques) et les femmes enceintes ou allaitantes ne doivent pas utiliser les huiles essentielles. Avant tout usage, et en cas de question sur l’usage des huiles essentielles, demander conseil à un pharmacien.

Références : ANSES : Agence Nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

Pour en savoir plus :

Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : https://www.who.int/fr/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/advice-for- public/myth-busters (questions – réponses en Français et dénonciations de fausses rumeurs)

Mardi 21 avril : course et alimentation

Pour faire vos courses, portez un masque si vous en disposez et choisissez des commerces où il est possible de respecter les distances de sécurité. Pour les produits frais et locaux privilégiez, quand vous le pouvez, les marchés ou les ventes directes de producteurs qui ne présentent pas plus de risques (généralement moins) que les magasins clos, hypermarchés…

Porter des gants est possible pour protéger vos mains si vous utilisez un chariot ou manipulez un terminal de paiement mais n’apporte pas de protection contre la contamination de vos achats.

En rentrant des courses, lavez soigneusement vos mains (eau et savon), l’utilisation d’un gel hydroalcoolique est possible sur les mains propres mais sa répétition est agressive pour la peau.

Que faire en arrivant chez vous ?

Les emballages peuvent avoir été contaminés par des mains souillées lors de leur manipulation par une personne infectée (via les mains, éternuements…). Même si le virus causant la maladie ne peut généralement pas survivre plus de 3 h sur les surfaces des emballages, essuyer les emballages avec un essuie tout à usage unique humidifié constitue cependant une précaution supplémentaire facultative. Plus simplement on peut également laisser reposer les produits emballés trois heures après les avoir ramenés à la maison avant de les ranger lorsqu’il ne s’agit pas de produits à placer immédiatement au réfrigérateur ou au congélateur.

Pour les aliments qui se conservent au réfrigérateur, dès lors que cela est possible, il faut retirer les suremballages (ex:carton des yaourts)avant de les ranger. Bien entendu, il faut se laver les mains soigneusement avant et après la manipulation de ces emballages.

Faut-il forcément cuire ses fruits et légumes ?

Non. Après un achat, avant de consommer les fruits et légumes ou de les cuisiner, il faut bien les laver à l’eau potable. N’utilisez surtout pas de désinfectant comme l’eau de javel ou de détergent, vous risqueriez une intoxication s’il était mal rincé. L’utilisation du vinaigre blanc pour rincer ses fruits et légumes n’est pas nécessaire. Il ne détruit pas le virus mais vous pouvez continuer à l’utiliser si vous le faites habituellement. Après lavage à l’eau potable, essuyer les aliments avec un essuie-tout à usage unique, aide à éliminer d’éventuelles particules virales. Quand cela est possible, vous pouvez ensuite peler les fruits et légumes consommés crus.

Ne réduisez pas votre consommation de fruits et légumes frais, leurs apports en minéraux et vitamines sont importants pour renforcer votre résistance aux maladies.

Comment préparer les légumes qui ne se mangent cuits ?

Avant toute chose, il est important de laver les légumes à l’eau potable. Une cuisson à 70°C à cœur, recommandée pour inactiver de nombreux microorganismes, permet aussi de détruire le virus SARS CoV2, éventuellement présent, (il est lui-même sensible à une température de 63°C pendant 4 min.). Cela correspond à la cuisson habituelle des légumes, il est inutile de les surcuire .

Les produits animaux peuvent-ils nous contaminer ?

Il n’existe aucune preuve que les animaux d’élevage jouent un rôle dans la propagation du virus à l’origine du Covid-19. L’éventuelle transmission par un aliment animal (viande, charcuterie,lait, oeuf…) ne peut donc être due qu’à la contamination de cet aliment par un malade ou une personne infectée par le virus, en le manipulant avec des mains souillées, ou en l’exposant à des gouttelettes infectieuses lors de toux et d’éternuements. Les professionnels (bouchers, charcutiers) sont formés aux bonnes pratiques d’hygiène pour éviter ce risque.

 

Mardi 14 avril : Covid-19 et animaux de compagnie

Au vu des connaissances actuelles, les animaux de compagnie ne transmettent pas le virus COVID-19. Ce virus se transmet d’homme à homme. Le virus peut cependant vivre quelques heures sur le pelage d’un animal.


Pour éviter toute contamination et comme recommandé par l’ANSES* :


– Séparez les animaux des personnes malades ou présumées malades ;
– Ne laissez pas l’animal vous lécher le visage ;
(sauf si votre chat ne sort jamais et ne rencontre pas d’autre chat)
– Lavez-vous les mains avant et après avoir caressé un animal ;
– Ne maltraitez pas votre animal en le nettoyant avec des produits inadaptés !

Il n’est pas utile de laver un animal qui sort en promenade.

De plus, tout produit qui n’est pas un produit adapté à l’animal (shampooing vétérinaire) ne doit en aucun cas être utilisé. Il peut nuire à votre animal comme à vous et votre entourage. L’usage de produits inadaptés (eau de javel…) voire agressifs pour l’animal, peut être assimilé à une véritable maltraitance et surtout ferait souffrir votre animal sans aucun bénéfice pour vous comme pour lui.

Quelques très rares cas de chats atteints de la maladie ont été signalés dans le monde par divers médias ou réseaux sociaux, et il pourrait y avoir très rarement contamination de chats à chats mais cela demande à être confirmé par des études scientifiques sérieuses.

L’existence de chiens porteurs du virus s’expliquent par le contact (léchage) de surface souillée lors de promenade ou chez un propriétaire lui-même malade.

Jusqu’à preuve du contraire les chiens contaminés ne sont pas malades.

D’ éventuelles contaminations de chiens à chiens seraient dues au léchage (pas de toux ni d’éternuement).

Références :

ANSES : Agence Nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

gouvernement.fr/info-coronavirus (consulté le 7/04/2020)

– pour ceux qui souhaitent plus d’informations lire sur le site de l’ANSES l’article «Covid-19 : pas de transmission par les animaux d’élevage et les animaux domestiques» (mise à jour du 1/04/2020)

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